Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2018

n°1-2018 - janvier-février     n°2-2018 - mars-avril     n°3-2018 - mai-juin
n°4-2018 - juillet-août     n°5-2018 - septembre-octobre     n°6-2018 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en septembre 1918
La Nativité de la Sainte Vierge

Réjouissons-nous et saluons avec bonheur le berceau de Marie ; cette naissance de notre Mère et de notre Reine fait la joie du Ciel, la consolation de la terre et la terreur de l'enfer. Voici enfin la femme forte, la Mère prédestinée du Messie.
On ne parle ni du lieu ni des circonstances de sa naissance ; mais il est à supposer qu'elle naquit dans la pauvreté comme son divin Fils, et à Jérusalem. Sainte Anne et saint Joachim étaient pauvres et vivaient de la dîme du Temple, comme appartenant à la famille lévitique. Mais Marie naît avec des grandeurs qui surpassent toutes les richesses des filles de ce monde.
I. - Marie a toutes les grandeurs humaines. Elle naît fille, sœur et héritière des rois de Juda. (...)
II. - Marie a toutes les grandeurs surnaturelles. (...) Le Père l'appelle sa fille ; le Fils l'aime comme sa mère ; le Saint-Esprit la garde comme son épouse. (...)
III. - Marie naît avec toutes les grandeurs personnelles. Elle est enrichie des dons de Dieu ; mais c'est peu : au jour de sa naissance, elle est déjà riche de ses propres mérites ; elle a acquis déjà des trésors de mérites pendant les neuf mois d'adoration silencieuse et ininterrompue, qu'elle a passés dans le sein de sa mère ; elle a été, avant même de naître, pénétrée de la lumière divine ; elle s'est donnée à Dieu pleinement...

Pierre-Julien Eymard

en octobre 1918
Les Anges des blés

Les semeurs vont semant le froment à main pleine ;
Et le grain tombe en pluie aux sillons de la plaine,
Où, de longs mois d'hiver, il dormira voilé :
Mais le soleil sourit au blond froment qui tombe,
Et ce rayon du ciel l'enveloppe en sa tombe
       Comme un linceul immaculé.

Veillez, anges de Dieu, sur l'auguste semence :
Du grain de blé qui meurt, l'épi futur commence ;
Anges dispensateurs des frimas et du vent,
Préservez les épis commis à votre garde ;
Le Seigneur qui, d'en haut, se penche et les regarde,
Choisit ceux qui seront un jour le Pain vivant.

Que votre aile en passant les couvre et les protège ;
Étendez au-dessus votre voile de neige ;
Et quand leur tige verte ira, d'un jet plus sûr,
Chercher, au ciel de mai, les caresses d'aurore,
Bons anges, soutenez le blé qui vient d'éclore ;
       Et pavoisez le ciel d'azur.

Sous le soleil de juin, quand les épis en fête
Frémiront à la brise et courberont la tête,
Bons anges, appuyez leur trésor qui jaunit ;
Soyez là, quand la plaine, au vent du nord, frissonne ;
Et cueillez pour l'autel, quand la faux les moissonne,
Les épis les plus beaux que le Seigneur bénit.

Dieu s'était fait mon frère : il veut être ma vie ;
Il prépare un festin où son Cœur me convie :
Le blé que, dans nos champs, son soleil fait mûrir,
Sera vrai Pain du ciel, et ce Pain, c'est lui-même ;
Devant nos champs de blé, je songe au Dieu qui m'aime
       Et qui descend pour me nourrir.

Oui, saints anges, veillez bientôt, dans le ciboire,
Vous veillerez encore autour du Roi de gloire,
Cortège d'immortels et princes de sa cour ;
Soyez là, doux gardiens de la moisson future,
Quand il sera notre hôte et notre nourriture,
Pour adorer la Vie et pour aimer l'Amour.

P.V. Delaporte, s.j.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  La Parole de Dieu

La Parole de Dieu s'est faite chair en vue de converser avec l'humanité, et de pouvoir lui parler un langage que celle-ci soit capable de comprendre. La Parole de Dieu s'est donc faite parole humaine et s'adresse à nous avec les mots qu'emploient les langues humaines.
Le Verbe de Dieu, devenant Jésus de Nazareth, est entré (...) dans l'entrelacs de ces jeux du langage et de la communication. On peut dire que toute sa vie fut la traduction dans le langage de l'existence des hommes de ce qu'il est de toute éternité dans le mystère même de Dieu. Jésus ne pouvait donc pas nous révéler ce mystère à travers une existence banale, médiocre ou vulgaire, encore moins pécheresse. Il ne suffisait pas qu'il assumât en vérité tous les aspects de notre condition humaine, bref qu'il fût un vrai homme ; il fallait aussi qu'il pût exprimer en vérité ce qu'est l'homme dans le dessein de Dieu, bref il fallait qu'il fût un homme vrai. Si nous cherchons à savoir ce qu'est la vérité de l'homme dans le dessein de Dieu, il nous suffit de voir quel homme fut Jésus. Il est inutile de chercher à nous représenter ce que put être le premier homme avant tout péché. Cet homme, nous en connaissons l'histoire à travers les Évangiles : il nous suffit de regarder Jésus. « Jamais homme n'a parlé comme cet homme » (Jn 7,46) disaient ces gardes à qui l'on avait donné l'ordre de l'arrêter. Aussi bien, jamais homme n'a vécu comme cet homme. De même, qui pourrait oser affirmer cette prétention : « Qui de vous me convaincra de péché ? » (Jn 8, 46), sans recevoir aussitôt un douloureux démenti ? Jésus l'a osé et a fermé la bouche à ses contradicteurs.
Luc nous dit au début des Actes des Apôtres qu'il a consacré son premier livre « à tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement jusqu'au jour » de son Ascension (Ac 1, 4). Jésus, pendant son itinéraire terrestre, a beaucoup parlé, mais il a aussi agi. Il est passé en faisant le bien. Ses actions étaient toujours des signes révélateurs de sa propre personne. Ils constituaient le langage des actes, ils révélaient par son comportement le mystère du don de lui-même qui l'habitait.

Bernard Sesboüé, s.j., Jésus. Voici l'homme, Salvator, 2016.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  Marie ne déçoit pas

Marie a une foi pure. Tout ce qu'elle demande au Père par son Fils, elle l'obtient. Son intercession est d'une puissance fabuleuse, tout en synergie avec la force du Saint-Esprit.
Il y a des jeunes enfants qui ont l'intuition de cela et qui se mettent à prier Marie avec une grande confiance. Ce mystère est aussi vécu par des populaces bigarrées, cathos chics et gitans, groupes multiethniques, familles décomposées-recomposées, paysans et petits prolétaires, voire touristes touchés par la grâce au hasard d'un périple. Ou encore, un pape comme François, qui a surpris en déposant le lendemain de son élection un petit bouquet de fleurs aux pieds de la Vierge de Sainte-Marie Majeure. Il n'y avait rien de mieux à faire !
Longtemps, les grands de ce monde ont su s'en remettre à la Vierge Marie, plus qu'à l'argent et au pouvoir militaire. Les chroniques du 13e siècle nous racontent qu'en 1244, le roi Saint Louis a monté les deux cent seize marches du grand escalier de Rocamadour à genoux pour venir prier la Vierge noire. Vêtu d'une simple tunique en laine, comme un pénitent, il est venu supplier Notre-Dame pour la France.
Or la démarche des pèlerins prestigieux ne se distingue pas de celle des foules anonymes qui, chaque jour dans le monde, tournent leur cœur vers la Sainte Vierge pour lui confier leurs peines et leurs espoirs. Tout simplement. Les petits comme les grands le savent tous : la Vierge Marie ne déçoit pas.
J'oserai tout de même une restriction : ceux qui prient Marie sans arrière-pensée, ceux-là sont exaucés. Des millions de gens prient la Vierge sans arrière-pensée. On les reconnaît au premier coup d'œil. Pas au vêtement, ni à la couleur de peau, ni à rien d'extérieur. Juste à la simplicité de leur cœur de pauvre, en même temps qu'à une sorte de confiance presque naïve, à une clarté dans le regard, pourtant parfois embué de larmes.
Triste est au contraire le spectacle des priants qui revendiquent, qui se servent de la prière comme d'un étendard pour leurs idées, ou pour manifester une sorte d'arrogance spirituelle : « Nous, nous sommes de vrais catholiques ! Nous sommes capables d'enfiler tant et tant de chapelets en claquant du talon sur le sol, nous jeûnons en chœur au signal de notre réseau social avec des milliers de likes ou de retweets, pour montrer que nous sommes les plus forts. Grâce à nous, le Cœur immaculé de Marie vaincra ! ». Ou d'autres, moins typés, mais qui ne désarment pas d'une sorte de distance affichée et maladroite : « Je suis là parce que c'est une démarche collective qui a du sens socialement, mais ne croyez pas que j'ai besoin de ça pour exister. J'y suis, mais n'allez pas croire que... ». Que quoi, au fait ?
Le Cœur de Marie vaincra malgré nous, malgré nos fausses prétentions, nos jugements les uns sur les autres, nos manques de simplicité et de confiance. La foi n'a besoin de rien prouver. C'est notre faiblesse que nous avons à déposer devant le Seigneur ; et ce sont nos rêves impossibles, nos désirs d'accomplissement, même médiocres, que la Vierge Marie écoute. « Ils n'ont plus de vin ! », dit-elle à Jésus (Jn 2, 3). Si nous prétendons avoir tout par nous mêmes, notre prière est creuse. Si la prière devient un arrogant essai d'intimidation des forces ennemies, elle devient une grimace ridicule, vaincue par la laideur du mal.
Marie méditait tous les événements de l'Annonciation et de la Nativité de Jésus dans son Cœur immaculé (Lc 2, 19). C'est en entrant dans son silence discret et méditatif que notre prière trouve un écho, et que Marie nous exauce. Ainsi, la Vierge apporte au priant une consolation assez stable, même dans les périodes d'épreuve. Il suffit de lever les yeux vers elle pour qu'une lueur perce les obscurités du monde. C'est ce qu'elle est : l'Immaculée, la femme lumineuse, celle qui montre qu'il est possible de réussir une vie pétrie de boue.
Marie est ainsi la figure de l'Église, dont la mission est d'étendre à toutes les réalités charnelles de l'Histoire la victoire du Christ.

Mgr Laurent Camiade, « Famille chrétienne », hors-série 20.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  Visions (3)

Ma mère avait raison de dire : « Ton Ange te voit ». Vous me voyez mieux que je ne me vois moi-même. Faites donc que je n'ajoute pas à mes transgressions l'erreur de vous avoir méconnu, vous, mon Ange, qui êtes l'esprit de mon esprit bien plus que ma femme n'est la chair de ma chair.
« Il y a des Anges auprès de nous et c'est un péché de ne pas les voir », disait le bienheureux John-Henry Newman. Et saint Augustin allait plus loin : « Chaque chose visible de ce monde est soumise au pouvoir d'un Ange qui lui est préposé ».
Que je prenne donc garde à chacun de mes actes. Que mes paroles soient mesurées au van de la Sagesse ; car si j'attaque mon frère c'est, en même temps, son ange que j'atteins ; c'est la charité que je blesse, la charité qui est la face de Dieu. Ainsi, je crois lutter contre des hommes semblables à moi et ce sont les hiérarchies formidables que je bafoue ! Que faire, que ne pas faire ? L'intérêt, la fausseté, la malice gauchissent mes démarches. Faut-il m'exercer à l'extase hindoue ? Mais, du même coup, je dois abandonner l'idée du mérite. Quelle situation, mon Ange ! Et quel sport que la vie de l'homme sur la terre ! Pour m'exprimer à la façon de l'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ.
Je ferme les yeux, je frémis, je veux avancer quand même. Tout chancelle et menace de s'écrouler. Êtes-vous là ? Parlez à mon intelligence, si vous ne voulez pas que je cède au vertige.
Je suis Agar au désert... Mes horizons sont brouillés de mirage. Vous êtes témoin des occasions que j'ai manquées, vous qui avez la double clairvoyance de l'illumination et de l'objectivité. Pesez donc sur mon inspiration de toute votre impatience et de votre lucidité. Que les forces tourbillonnantes n'aient pas de prise sur ma volonté... jamais libre. Mettez-vous d'accord dans l'invisible, terrassez l'adversaire avant qu'il ne m'atteigne. Après tout, s'il n'y avait pas eu la rébellion des anges, la tentation de l'homme ne serait pas tant aggravée. Nos rébellions s'useraient vite. Nous manquons de persévérance jusque dans le mal. (...) Ah ! si le diable n'existait pas !...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  L'ange clown

... Le mot clown dérive du latin colonus, qui signifie paysan cultivateur, colon. C'est donc un homme simple, l'homme originel qui porte un regard candide sur toute chose et qui, de par sa manière naïve et directe, n'entre pas bien dans le cadre de notre monde complexe. Il est présent dans tous les cirques : les gens s'amusent de ses maladresses, il se bat contre des obstacles, s'emmêle les pieds, mais il épate et réjouit aussi par son ingéniosité qui le conduit toujours à trouver des solutions surprenantes aux situations les plus difficiles. Il a aussi quelque chose de la simplicité des enfants et il fait rire les gens. Aujourd'hui, il y a des clowns d'hôpitaux. Des hommes et des femmes qui ont reçu une formation spécifique se rendent dans les hôpitaux et apportent la gaieté et le rire dans la vie des malades, des enfants surtout, montrent que la vie reste belle en dépit de toutes les souffrances. Quand tu te prends les pieds dans le tapis et que tu es en colère contre toi-même, il te faut l'ange au visage de clown qui, contre ton agacement, va t'inviter à prendre l'incident avec humour, à en faire une facétie et le rendre ainsi plus léger. Tu peux aussi faire appel à l'ange lorsque tu es triste de voir qu'un souhait auquel tu tenais n'a pas été réalisé. En lui parlant de ta déception, tu vas bien vite te rendre compte que tes désirs sont souvent puérils et que tu penses souvent avoir toutes les bonnes raisons de t'apitoyer sur toi-même pour des choses tout compte fait assez futiles. L'ange clown va te réconforter, mais il va aussi transformer ta tristesse. Cette tristesse, il la connaît. Il a souvent le visage triste. Mais lui sait la braver en faisant, en pleine déconvenue, les grimaces qui déclenchent le rire. L'ange clown voudrait aussi transformer la tienne en jouant avec elle. Et tout à coup, l'abattement que tu ressens va perdre de son importance et te sembler risible. L'ange clown ne te fait aucun reproche lorsque tu penses que ta tristesse est justifiée : il la rejoue en en faisant un drame, une tragédie, une tragédie qui va souvent se transformer en comédie. Tu vas te mettre à rire...

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  L'enseignement de Jésus (2)

Ce n'est pas sans une intention expresse que Jésus mentionne la présence des anges à ses côtés : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges... » (Mt 25, 31). Ailleurs, il confirme cette présence angélique dans le jugement : « C'est qu'en effet le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rétribuera chacun selon sa conduite » (Mt 16, 27). « Je vous le dis, quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu... » (Lc 12, 8 ; cf. Mc 8, 38). Dans la parabole de l'ivraie, « les moissonneurs, ce sont les anges » (Mt 13, 39). Cette mention persévérante des anges fait comprendre qu'ils sont engagés dans le jugement, c'est-à-dire dans la détermination de la destinée éternelle des hommes.
Cet engagement apparaît d'une manière plus vive encore dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare : « Le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham » (Lc 16, 22). D'autre part, les bons anges sont opposés aux mauvais : le feu éternel « a été préparé pour le diable et ses anges » (Mt 25, 41).
Il faut en conclure que les anges jouent un rôle dans l'acheminement des vies humaines au bonheur éternel, rôle secondaire et entièrement dépendant de l'action souveraine du Fils de l'homme, mais rôle qu'on ne peut passer sous silence.
La présence et le rôle des anges dans l'ultime phase de la destinée humaine fait supposer leur présence et leur rôle dans toute l'œuvre du salut. Déjà la parabole de l'ivraie montre que l'action pernicieuse du diable s'exerce actuellement dans la vie de l'Église ; on est amené à penser qu'il doit en être de même de l'action bienfaisante des bons anges. La coopération des anges est plus expressément indiquée lorsque Jésus déclare : le Fils de l'homme « enverra les anges pour rassembler ses élus, des quatre vents de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel » (Mc 13, 17). (...)
Les anges jouent donc un rôle dans l'expression du royaume du Christ...

Jean Galot, s.j., « Esprit et Vie », Les anges dans l'Évangile, 99e année, n°18.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  29 septembre - Saints Michel, Gabriel et Raphaël
Les Archanges


Le premier des trois grands Archanges est Gabriel, ce qui veut dire aussi bien « Homme de Dieu » que « Dieu a révélé sa force ». Après la chute de Lucifer, Gabriel passe pour l'Ange le plus élevé car c'est lui que Dieu a chargé du message de l'Incarnation, ambassade la plus élevée qu'il ait jamais eu à accomplir. Et c'est à l'importance du message que se mesurent (...) la dignité et la valeur du messager. On l'appelle également « Ange de l'incarnation », car il a annoncé au prophète Daniel l'Incarnation à venir (Dn 9, 21), au prêtre Zacharie la naissance proche du précurseur du Christ (saint Jean-Baptiste), et il porta enfin à Marie le grand message.
En Michel (= « Qui est comme Dieu ? »), nous voyons « l'un des premiers princes » (Dn 10, 13), le chef des milices célestes. C'est en sa main qu'est remis le combat des Anges contre le diable. Dans l'Apocalypse, il est dit de lui : « Michel, avec ses Anges, dut combattre le Dragon », c'est-à-dire le Diable (Ap 12, 7). On peut aussi conclure de cette remarque que ce ne sont pas tous les Anges qui lui sont soumis, mais uniquement « ses Anges ». Le Diable et ses partisans ont beau être très nombreux, ils ne le sont pas au point qu'il faille que tous les Anges se mettent en marche contre eux. Pour cela un groupe suffit, aux ordres d'un guide supérieur. Au Ciel, c'est Michel qui mena contre Satan la grande bataille des esprits. Sur terre, c'est lui encore qui poursuit le combat contre le démon, et il en sera ainsi jusqu'à la fin des temps ; c'est pourquoi il est le saint patron de l'Église militante. (....)
L'Archange saint Raphaël n'a pas été envoyé auprès des hommes chargé d'un grand message, ni pour mener le combat à la façon de saint Michel. Il fut seulement donné comme fidèle compagnon de voyage à un jeune homme à qui il révéla les vertus exorcistes et curatives permettant de combattre le démon et les maladies physiques. C'est pour cette raison que son nom signifie (...) « Dieu sauve » ou « Dieu guérit ». (...)
L'Eglise catholique s'est limitée aux trois grands noms d'anges que sont Gabriel, Michel et Raphaël, et elle ne souhaite pas que l'on utilise et vénère d'autres noms angéliques...

PA. Rodewyk, s.j., Les Saints Anges - Ils sont tout entiers dans la lumière, Éditions Bénédictines.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  2 octobre - Saints Anges gardiens
Officialisation de cette dévotion


Au 14e siècle, Jean Tauler, dans son Sermon sur les saints anges, interrogeait : « Je ne sais pas trop en quels termes on peut et doit parler de ces purs esprits car ils n'ont ni mains, ni pieds, ni figure, ni forme, ni matière ; or, l'esprit et la pensée ne peuvent saisir un être qui n'a rien de tout cela ; comment alors pourraient-on parler de ce qu'ils sont ? » Et de conclure : « C'est pourquoi parlons de l'action des anges sur nous et non pas de leur nature. » Dans l'Occident chrétien, la voie désignée par cette proposition de Tauler est jalonnée, au cours des siècles, par l'édification d'une dévotion propre. A partir de la seconde moitié du 16e siècle, la liturgie, l'iconographie, les manuels de piété, les conciles et les décrets pontificaux font état d'un intérêt croissant pour cet ange « député » à la garde du fidèle et à son salut. C'est au siècle de la Réforme, en effet, que l'idée selon laquelle chaque fidèle est pourvu d'un ange gardien personnel, anonyme et bienveillant, le protégeant contre les tentations et bien d'autres périls encore, connaît sa plus grande fortune. Ce « propre ange », « saint ange » ou « bon ange » relève de cette catégorie de la piété catholique que l'on appelle communément les dévotions nouvelles, ou particulières, au même titre que le Rosaire, le culte de saint Joseph ou des Âmes du purgatoire, pour ne citer que quelques exemples. (...)
Si, bien avant son inscription officielle au sanctoral, l'ange personnel avait déjà profondément investi la spiritualité du monachisme médiéval, il faut néanmoins attendre le 16e siècle pour qu'un jour spécifique soit dédié aux saints anges gardiens dans l'année liturgique. En France, c'est dans le bréviaire du diocèse de Rodez qu'apparaît pour la première fois la fête du « propre ange » de chaque fidèle, instituée par l'évêque François d'Estaing. (...) Toutefois, ce n'est qu'en 1526 que la nouvelle fête est réellement introduite, l'année même où l'on achève la construction du clocher de la cathédrale dédié à la Vierge. (...)
En 1670, (...), le pape Clément X reconnaît officiellement ce culte et l'étend à toute l'Église, fixant sa date au 2 octobre et l'élevant au rang de fête double...

Anne Manevy, L'Ange gardien - Enjeux et évolution d'une dévotion, Éditions du Cerf.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  4 octobre - Saint François d'Assise
Une vie errante et pauvre


Fils d'un riche marchand drapier, François naquit à Assise (Italie) vers 1181 et reçut le nom de Jean. Son père, Pietro di Bernardone, qui avait rapporté de ses voyages une vive sympathie pour la France, lui enseigna le français et les chants des troubadours. Jean fut alors surnommé Francesco (le Français). Après une jeunesse insouciante et aventureuse, il participa à la guerre qui opposait Assise à Pérouse. (...) En 1205, à Saint-Damien, il entend le Crucifix lui dire : « François, va et restaure mon église qui tombe en ruine. » Quittant ses compagnons et sa famille qui lui fait un procès, François, pendant trois ans, mène une vie d'ermite, dans l'attente d'une lumière. Le 24 février 1209, jour de la Saint-Matthias, en entendant l'évangile (Mt 10, 1-10) dans l'église Sainte-Marie-des-Anges, il comprend enfin que les conseils de Jésus à ses disciples qui vont en mission s'adressent aussi à lui. Il mènera désormais une vie errante et pauvre pour prêcher à toute créature la bonne nouvelle du salut. C'est ainsi qu'il regroupa autour de lui le premier noyau de disciples qu'il appela « Frères mineurs », c'est-à-dire les derniers de tous. Ce sont des jeunes gens qui ont tout quitté, qui mendient, proclament la parole de Dieu, réconcilient les ennemis, prêchent la pénitence et l'Eucharistie... En 1210, le petit groupe - ils sont douze, (...), va à Rome. Le pape Innocent III approuve oralement la première règle, très simple, rédigée par François. Ses frères pourront désormais porter la bonne nouvelle dans le monde entier. Pax et bonum est leur devise. Leur idéal est l'Évangile pur amour passionné du Christ, pauvreté totale, familiarité avec la nature, tendresse pour tous les hommes... (...) Le 14 septembre 1224, sur l'Alverne, il reçoit les stigmates de la Passion. Puis, de retour à Assise, il tombe gravement malade et devient presque aveugle. Au milieu de grandes souffrances, il compose alors le Cantique du Soleil et, à la veille de sa mort, il rédige son Testament (...). Épuisé à l'extrême, François s'éteignit à l'âge de quarante-cinq ans, couché nu sur le sol de la Portioncule, en chantant le psaume 141 : A pleine voix, je crie vers le Seigneur !...

Enzo Lodi, « Les Saints du Calendrier romain », Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  Autour de la table

Souvent marqués par la monotonie du quotidien, parfois éclairés par les surprises d'un jour de fête, les repas tiennent une grande place dans nos vies familiales.
Il est souvent question de repas dans l'Écriture Sainte : ce n'est pas par hasard ! C'est bien parce que c'est important pour l'homme. Regardons Jésus : même s'Il sait que « l'homme ne vit pas seulement de pain », Il ne méprise pas la nourriture et tout ce qui s'y rapporte. « J'ai pitié de cette foule, dit-Il avant de multiplier les pains, car ( ...) ils n'ont pas de quoi manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en route. » (Mt 15, 32). L'Evangile nous le montre souvent attablé avec ses amis ; son premier miracle est au cours d'un repas de noces ; le banquet est le signe du bonheur auquel Dieu nous invite ; et Jésus choisit le pain et le vin pour se donner à nous dans l'Eucharistie.
Rendons grâce d'avoir de quoi manger. Si nous n'avons jamais connu la faim, la vraie, nous trouvons tout naturel de nous asseoir plusieurs fois par jour devant une assiette pleine. Nous ne devrions jamais oublier que nous sommes des privilégiés - pas pour nous en culpabiliser, ni pour nous lamenter - mais pour nous en réjouir et louer Celui qui est à la source de tout cela. En remerciant le Seigneur au début du repas, nous apprenons à recevoir toute nourriture comme un don.
Ce don nous est confié pour que nous en fassions bon usage, autrement dit, pour que nous en usions modérément et... que nous ne le jetions pas à la poubelle parce qu'il n'est pas à notre goût. Le respect de la nourriture est une question de justice à l'égard de ceux qui ne mangent pas à leur faim comme à l'égard de ceux qui ont travaillé pour acheter et préparer ce qui est servi. D'ailleurs, quand un enfant a cultivé lui-même des radis ou cuisiné un plat, il tient à ce que rien ne soit perdu ! Tout en étant attentif à l'appétit et aux difficultés de chacun (certains enfants - et adultes - éprouvent une véritable répulsion devant certains mets), il est important d'éduquer leur goût et de leur apprendre à se réjouir d'avoir quelque chose dans leur assiette.
L'atmosphère du repas est aussi importante que ce qui est servi. Et cela commence par la manière dont la table est mise : il s'agit d'un service très simple, dont peuvent s'acquitter même de jeunes enfants. Leur apprendre à mettre le couvert, ce n'est pas seulement leur montrer comment disposer les couteaux ou les verres, c'est avant tout éduquer leur attention aux autres : de quoi allons-nous avoir besoin pour le repas. Qu'est-ce qui va le rendre agréable ? Quel est le petit « plus » qui lui donnera un goût de bonheur ?
Le climat du repas tient aussi à la disponibilité de chacun (quitte à brancher le répondeur pour ne pas être sans cesse dérangé par le téléphone), et aux propos échangés : si on veut en faire un temps de détente, reportons les sujets qui fâchent à un autre moment de la journée.
Une table heureuse est une table où l'on partage. Regardons ce qui s'est passé lors de la multiplication des pains : si le garçon qui avait cinq pains et deux poissons avait voulu les garder pour lui, que serait-il arrivé ? Tout ce qu'on partage répand la joie. C'est pourquoi il est bon que, parfois, il ne reste plus assez de pommes pour le dessert ou que l'arrivée de convives imprévus oblige à couper en dix une quiche prévue pour six.
Les repas sont parfois pénibles, tendus, fatigants. C'est le cas, par exemple, lorsque la mère de famille est épuisée et passe son déjeuner à s'occuper des petits, sans avoir la possibilité de manger paisiblement : non seulement elle n'en profite pas elle-même, mais tôt ou tard, tout le monde en pâtit. C'est le cas aussi lorsqu'un des enfants se montre provocateur ou violent. Ou lorsque le handicap, la maladie, empêchent l'un des membres de la famille de se nourrir correctement. Ou lorsque les convives sont divisés par des conflits si profonds qu'une chape de plomb semble peser sur chacun.
Il est souvent possible de trouver des remèdes, au moins partiels, à certaines de ces difficultés : réserver les repas avec les enfants à certains jours de la semaine, opter régulièrement pour des menus simples où tout est sur la table dès le début du repas, et penser à remercier celle (ou celui) qui a préparé le repas !
Demandons à l'Esprit Saint de nous rendre inventifs pour que petits et grands puissent goûter à chaque repas un peu de cette joie qui nous comblera à la table du Royaume.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  Une croix sur le front

Bien des parents ont adopté cette belle pratique qui consiste à bénir son enfant du signe de la croix tracé sur le front. Bien des choses habitent le cœur à cet instant : un acte d'amour et d'affection, le désir d'une protection du Ciel, l'inquiétude silencieuse qui traverse le cœur de tout parent...
Mais aussi l'offrande de cet enfant qui ne nous appartient pas et que l'on donne à Dieu ; l'attachement et le détachement semblent se concentrer dans ce simple geste tracé avec le pouce. L'enfant qui se soumet à ce rituel reçoit de ce geste un contenu incertain, mais toujours la marque d'amour. Pourvu qu'il n'y voie pas une emprise et un pouvoir sur lui, il le reçoit volontiers, même si l'heure est arrivée où la mèche au négligé savamment étudié vient comme s'intercaler, histoire de rappeler aux parents que l'on n'est plus le tendre enfant auquel ils rêvent encore parfois avec nostalgie.
Aux heures plus ingrates et rugueuses, quand la relation est plus tendue, le geste peut s'espacer, mais l'enfant devenu plus grand sait que ce geste lui manque. Si une distance s'est quelque peu installée, certaines occasions permettront de voir refleurir cette courte et douce bénédiction qui, à ce moment-là, apaisera l'âme. Un anniversaire, une solennité du calendrier liturgique, un événement de joie ou de chagrin partagé par toute la famille, offrira à ce geste sa saveur et sa densité. « Au nom du Seigneur, je continue de t'aimer, même si tu t'es éloigné de nous - ce qui est finalement normal - et de Lui - ce qui l'est moins. »
Mais il est un jour où les choses peuvent prendre une autre tournure. Lorsque nous seront vieux, nos fils nous porteront, nous laveront, nous nourriront, nous rassureront face à la mort... Ils pourront aussi nous bénir et étendre sur notre âme ce baume et cette fraîcheur. La première fois qu'un enfant bénira ses parents pourrait être au jour de sa confirmation. Comme Élisée qui reçoit de son père Élie pleine part à sa grâce, nous pouvons leur demander de nous partager le bienfait reçu et de concrétiser par ce geste que la communion des saints n'est pas chose virtuelle...

Abbé Vincent de Mello, « Famille chrétienne », n° 1952.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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  Des appréciations

Je vous remercie pour votre belle revue tellement enrichissante. Les saints Anges me maintiennent en vie lorsque le moral est au plus bas niveau. J'y puise l'inspiration et la force pour faire ma journée. Pologne - J'apprécie beaucoup les textes de « l'Ange gardien », surtout en ces temps troublés... 25 - Un petit don pour aider « l'Ange gardien », belle Archiconfrérie et Association. 56 - J'aime tout ce qui est dit dans cette revue. 974 - Revue si apaisante, et encore plus avec cet Ange au sourire lumineux. 44 - Toujours enchantée de recevoir votre revue, d'en lire petit à petit les articles si riches en méditations, réflexions et instructions diverses. 92 - J'ai beaucoup apprécié la prière de l'Ange gardien de la Route. 44 - Revue à laquelle on souhaite longue vie et beaucoup plus d'abonnés... Plus jeunes... 94 - Mes 93 ans malmènent mon pauvre cerveau. Cependant je peux vous certifier que votre revue m'intéresse et que je la lis entièrement dès son arrivée. Elle est toujours aussi pleine d'une belle espérance. 85 - Merci pour la qualité de vos articles. 34.

De plus en plus intéressant. Lyon 8e - Souvent, je lisais votre revue « en diagonale ». Désormais, je la lis mieux et apprécie plus profondément toute la valeur spirituelle au fur et à mesure de la lecture des enseignements et textes proposés. La vie de l'Église est belle. 13 - Je lis et relis votre revue chaque soir avant de m'endormir. Je me rapproche ainsi du souvenir et de l'âme de mon mari que j'ai perdu voilà dix-huit mois. 66 - Merci pour tout votre travail. 39 - Petite revue dont on ne se lasse jamais. 56.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2018.


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