Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2017

n°1-2017 - janvier-février     n°2-2017 - mars-avril     n°3-2017 - mai-juin
n°4-2017 - juillet-août     n°5-2017 - septembre-octobre     n°6-2017 - novembre-décembre

2017 : n°4 - juillet-août

  Il y a cent ans...

en juillet 1917

Les Ailes

Les ailes sont bien un fardeau,
Puisque l'oiseau porte ses ailes,
Mais jamais il ne se plaint d'elles,
Car les ailes portent l'oiseau.

Il les ouvre dans l'air immense,
Et, dans un triomphal essor,
A travers l'espace il s'élance
Vers la splendeur des soleils d'or.

Nous aussi, nous avons des ailes :
Ce sont les croix de chaque jour,
Qui, sur nos âmes toujours frêles,
Pèsent souvent d'un poids bien lourd.

Mais ces ailes portent nos âmes
Encor plus haut que le ciel bleu,
Jusqu'à ce soleil plein de flammes
Qu'on nomme le Bon Dieu.

en août 1917

Il est un acte de reconnaissance que trop peu de fidèles songent à accomplir ; c'est celui de prier pour les prêtres.
Cependant le ministère sacerdotal est pour nous une source de si grands bienfaits que nous ne saurions en bien concevoir toute l'importance.
C'est, en effet, par les prêtres que Jésus accomplit dans le monde l'œuvre de la Rédemption ; c’est par eux qu'Il nous donne les sacrements et la vie surnaturelle qui nous conduit à la bienheureuse éternité...


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  Découverte (I)

Le Nouveau testament est plus riche que l'Ancien de présences angéliques. L'avènement du Christ, son existence terrestre, sa résurrection ne se sont point passés sans l'intervention des esprits-serviteurs.
Pour ce qui est de l'ange gardien, certes le Christ n'en posséda pas. Il n'en avait pas besoin. Il réalisait avec son Père l'union permanente, immédiate, parfaite. Pas d'intermédiaire entre eux. Et s'il se fit servir, ce ne fut pas par un seul ange, mais, ainsi qu'il s'exprime dans l'Évangile, par des légions d'anges. Il y eut, à ce moment, entre le ciel et la terre une véritable échelle de Jacob, avec des myriades de barreaux lumineux.
La plus excellente créature humaine après le Christ Jésus, la Vierge Marie, elle, eut son ange gardien. Or, ce ne fut pas lui qui eut l'honneur de solliciter le consentement de la fille de David à l'Incarnation du Verbe. Ce fut l'archange Gabriel.
Je sais : la démarche revêtait une telle importance qu'elle devait s'entourer d'apparat. Annoncer la conception immaculée exigeait un dignitaire, l'un des Esprits les plus distingués de la hiérarchie céleste, un plénipotentiaire illustre et peu utilisé. Mais... lorsque le garçon Tobie se mit en tête d'aller chercher une épouse dans le pays d'origine de son père, ce ne fut pas non plus son ange gardien qui le guida. Ce qu'on peut soupçonner de moins mortifiant pour ce dernier, c'est que l'autre le doubla ; que Raphaël dans un corps d'emprunt ne dispensa pas l'esprit familier de tenir sa place auprès du voyageur. Il n'empêche que les apparences sont troublantes. Et quand le vieillard Joachim apprit que sa femme allait engendrer dans un âge avancé... Quand Joseph fut prié de laisser ses inquiétudes sur la Vierge Marie ?...
Votre cohorte, mon Ange, a-t-elle si peu de crédit qu’elle doive se tenir aux emplois subalternes ? Non. Assurément, c’est mal parler que d’avancer une chose pareille. Et je devrais me voiler la face après avoir écrit cette ineptie (…). Je m’arrête trop à ce qui est extérieur. J’oublie le vieil adage : la parole est d’argent ; le silence est d’or. Ce n’est pas du tout parce que votre action est insensible qu’elle manque d’efficace.

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, 6e journée, Éditions Fleurus.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  L'ange de l'abandon

Le plus malin finit toujours par céder, dit-on. C'est souvent vrai, mais pas toujours. Si je cède en permanence, je ne parviendrai jamais à rien et j'y laisserai ma force. Je ne pourrai pas vivre conformément à mes désirs, je m'alignerai toujours sur les autres et me ferai violence. Ce n'est pas ce que souhaite l'ange de l'abandon. Ce qu'il veut, c'est me sensibiliser à ce qu'il est bon d'abandonner et m'aider à discerner où il est opportun de m'en tenir à mes propres désirs, à mes propres comportements.

Parfois, je ne veux pas céder de peur d'avoir le sentiment de perdre la partie. Ou bien je m'irrite de ce que l'autre s'impose avec obstination et souvent à mes dépens. L'ange de l'abandon entend précisément me préserver de la crainte d'être perdant. Il me donne toujours un conseil avisé. La prudence, qui vient du latin prudentia a affaire avec la prévoyance, providentia en latin. L'ange de l'abandon prévoit les conséquences de mes actes. Et être prudent, c'est aussi être brave, fin, avisé, sage. L'ange de l'abandon est tout cela. Il entend me préserver de la lâcheté tout en me faisant comprendre que renoncer peut être une forme de courage, et toujours une forme de sagesse dès lors que l'on y a recours à bon escient. (...)

Les situations ne manquent pas où nous avons besoin de l'ange de l'abandon. La mère de famille, par exemple, qui s'interroge tous les jours sur ce qu'elle doit cuisiner : doit-elle toujours se soumettre aux desiderata des enfants ou, au contraire, faire ce qui lui semble être bon pour eux et leur proposer des repas sains ? La même question se pose à la famille au moment d'organiser le week-end ou de choisir la destination des vacances. Dans de tels cas, il est bon d'exprimer clairement ses souhaits. C'est seulement lorsque tout le monde les aura formulés qu'on pourra en discuter. Parfois, le seul fait d'en débattre permet de discerner ce qui est le mieux pour tous.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  Le discours biblique sur les anges

Le discours relatif aux anges est (...) difficile à entendre et à saisir. (...).
C'est d'abord le discours biblique ; celui qui est tenu par l'Ancien Testament puis par le Nouveau. Qu'est-ce qui donne à ces auteurs assez d'assurance pour qu'ils parlent des anges ? La réponse qui doit être apportée à cette question est très simple... Beaucoup la jugeront trop simple et ne voudront pas l'accepter. En copiant Jean 1, 18 : « Nul n'a jamais vu Dieu... Le Fils nous l'a révélé », on pourrait dire : Nul dans le monde biblique n'a jamais vu d'anges, mais beaucoup en ont parlé et les ont fait connaître, parce qu'ils croyaient en eux, les jugeant... nécessaires. Nécessaires à leur représentation de Dieu. Nécessaires donc vrais, réels. Nous ne sommes pas habitués à constater que certaines données de la foi biblique - qui est aussi la nôtre - ont une origine aussi modeste.
À partir de ces intuitions, qu'on aurait tort de juger naïves ou fragiles, le discours relatif aux anges s'est développé avec une liberté et une générosité imaginative capables, elles aussi, de nous déconcerter. Les auteurs de ce discours n'ont pas craint d'assimiler des données d'origine païenne, donc polythéiste. Ils se servaient de ce matériau hétérodoxe pour exprimer leur foi la plus orthodoxe. Une telle utilisation de données étrangères n'était acceptée qu'au prix des corrections requises par la foi ; force est de reconnaître pourtant que les auteurs n'étaient pas toujours pressés d'exterminer de leurs florilèges toute senteur étrangère.
C'est à partir de ces traditions bibliques, très colorées, que la tradition s'est développée. À son tour, elle a usé très librement de son imagination créatrice qu'elle a su mettre au service d'une foi très assurée. (...).
L'Église a développé une angélologie d'une grande richesse. (...) Le discours angélique chrétien présente une apparence extrêmement variée, allant de la prolixité, dévotement généreuse, d'un Sermon de St Bernard (par exemple, sur le Ps 90), à la réflexion mesurée d'un Grégoire le Thaumaturge dans ses Remerciements à Origène...

L. Monlourou, « Esprit et Vie », 98e année, n°16.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  Ceux qui veillent sur nous

Les anges sont présents dans la vie de Jésus, notamment aux moments les plus importants du mystère du salut. On peut dire qu'ils précèdent la venue du Sauveur, qu'ils l'accompagnent et qu'ils mettent un point final à sa vie terrestre.

C'est un ange qui annonce à Zacharie la naissance du précurseur et à Marie la naissance de Jésus ; un ange invite Joseph à fonder le foyer où l'enfant devra grandir. Lors de la naissance, c'est un ange qui porte aux bergers la bonne nouvelle, et une troupe d'anges rend gloire à Dieu. Selon une déclaration de Jésus, les anges sont attachés à la venue du Fils de l'homme : « En vérité, en vérité, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme » (Jn 1, 52). Il y a là une allusion au songe de Jacob (Gn 28, 10-17), où une échelle reliait la terre au ciel ; c'est le Fils de l'homme qui constitue ce lien, et il est accompagné par des anges.

Dans le récit des tentations, nous trouvons l'affirmation : « Les anges le servaient » (Mc 1, 13 ; Mt 4, 11). À la présence hostile de l'ange mauvais s'oppose la présence bienveillante d'anges qui se mettent au service de Jésus. On pourrait voir dans ce service un prélude au service qui sera reconnu aux anges gardiens auprès des chrétiens. Aux sollicitations de Satan répond le soutien apporté par de bons anges.

De même, dans l'angoisse de Gethsémani, l'intervention d'un ange est significative : « Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait » (Lc 22, 43). Ce réconfort dont bénéficie Jésus annonce le réconfort que pourront apporter des anges aux chrétiens assaillis par les épreuves. Ce réconfort est d'autant plus apprécié qu'aux moments douloureux celui qui souffre peut se sentir seul. En fait il n'est pas seulement assisté par le Seigneur mais également par des anges qui l'entourent et lui font parvenir un mystérieux encouragement.

Le rôle des anges dans les grands événements de la Résurrection et de l'Ascension montre leur participation à la consommation glorieuse du drame rédempteur. Ils ont tâche d'annoncer le triomphe de la vie sur la mort, de susciter la foi au Christ ressuscité et de répandre la joie de cette victoire. Après la disparition du Sauveur dans le ciel, ils viennent éclairer les disciples sur l'attitude à prendre. Ici encore on pourrait déceler un rôle qui ressemble à celui des anges gardiens : les deux anges veulent amener les disciples à accueillir le mystère et à en tirer les conséquences pour leur conduite.
Dans la vie de Jésus, nous pouvons donc relever certaines interventions des anges qui font penser au rôle des anges gardiens. Dans la vie de l'Église primitive, nous pouvons faire des constatations analogues.

Lorsque le grand prêtre et ceux qui l'entourent ont mis en prison les apôtres, « pendant la nuit l'ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et après les avoir conduits dehors, leur dit : Allez annoncer hardiment au peuple dans le temple toutes ces paroles de vie » (Ac 5, 19-21). L'ange délivre les prisonniers et les pousse à une activité audacieuse de prédication.

Pierre bénéficie plus tard d'une libération analogue : « L'ange du Seigneur survint et le cachot fut inondé de lumière ». L'ange fait lever Pierre en le libérant de ses chaînes et lui ordonne de se vêtir ; il lui fait franchir successivement tous les postes de garde, le fait sortir de la prison. Pierre a vécu ces moments comme dans un songe, mais se rend compte ensuite que tout est réel dans sa libération (Ac 12, 6-11).

Lorsque le navire sur lequel Paul voyage en direction de Rome est balloté par la tempête, c'est un ange qui vient raffermir son courage : « Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César et voici que Dieu t'accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi » (Ac 27, 24).

Ces interventions des anges nous ont été rapportées pour illustrer la sollicitude supérieure qui veille sur nous. Les anges, plus spécialement ceux qui nous protègent et nous gardent, nous font bénéficier de l'aide nécessaire aux moments les plus critiques.

Jean Galot, « L'Osservatore Romano », hebdomadaire en français, n°2.282.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  Le culte des saints

Créé au début de l'ère chrétienne, le culte des saints confère à certains hommes ou femmes des qualités extraordinaires, qui les autorisent à siéger à la cour céleste et à intercéder auprès des mortels.
À l'origine, dans la tradition biblique, le titre de « saint » ne s'applique qu'à Dieu. Puis Paul désigne ainsi tous les baptisés, qui de ce fait sont sanctifiés, la sainteté rassemblant et habitant tout ce qui appartient Dieu.

Dans les premiers temps du christianisme, le titre de saint revient aux martyrs, de par leur communion à la destinée de Jésus. Puis, peu à peu, les désignations vont gagner l'ensemble du peuple chrétien. Au point qu'il faudra instaurer des règles d'élection au rang de saint et que s'imposera le processus de canonisation.

Mais la vie des saints, leur histoire, leur aventure humaine et spirituelle, se situant d'emblée au-delà de toute trajectoire commune, trouve son expression la plus significative dans une tradition populaire empreinte de respect et de ferveur.

En effet, alors que la plupart des dogmes religieux, (...), sont parfois difficilement compréhensibles pour le peuple, le culte des saints va pour sa part connaître un rapide succès, en ce sens qu'il met en quelque sorte « le ciel à la portée de tous », permettant à chacun d'interpeller par la prière le saint dont il souhaite s'attirer bienfaits et protection.

Dans le même temps, les saints deviennent en quelque sorte des « modèles » dont tout homme peut aspirer à suivre l'exemple afin de trouver la paix et la sérénité dans le royaume de Dieu.
De ces pratiques émergera l'idée que la sainteté est un « don de Dieu à son Église pour la soutenir et l'inspirer dans sa vie sur la Terre », faisant des saints les authentiques représentants du consentement divin aux réalisations de la communauté chrétienne.

Certes, l'Histoire des hommes va parfois mettre à mal la réputation de tel ou tel saint, le rejetant dans l'oubli pour un siècle ou deux par suite d'une décision humaine partiale, mais au bout du compte la sainteté trouvera toujours le moyen de resurgir et de s'imposer à nouveau, plus présente que jamais.

Ainsi naîtra l'enracinement historique d'une influence durable des saints par-delà les siècles, comme autant de témoignages d'une pensée chrétienne dédiée à la vie de l'Église en une ferveur sans cesse renouvelée.

Au seuil du 21e siècle, dont on dit volontiers qu'il sera « spirituel » ou ne sera pas, l'empreinte du christianisme aux quatre coins du monde, notamment dans ce que l'on nomme aujourd'hui les « pays émergents », atteste du besoin de se référer d'une manière ou d'une autre à des valeurs bien plus qu'humaines, qui ne soient pas à la merci des marchands et des soubresauts politiques.

C'est la raison pour laquelle, aux yeux de centaines de millions d'individus, toutes nationalités et toutes races confondues, les saints de la chrétienté sont aujourd'hui encore vénérés avec la plus grande ferveur, traduisant une foi sans détour que les urgences et les impératifs de notre monde moderne, les raisons d'État et les agressions technologiques ne parviennent pas à endiguer.

De telle sorte qu'à l'évidence, quoi qu'il arrive ici ou là, quelles que puissent être les épreuves que traversent les hommes et les douleurs qu'ils doivent assumer, les saints demeurent encore et toujours dans l'imagerie populaire des interlocuteurs privilégiés, comme autant d'ambassadeurs et de messagers du divin.

Bernard Baudouin, Encyclopédie des Saints, Éditions Trajectoire.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  11 juillet - Saint Benoît
L’homme de Dieu


Benoît naquit vers 480 en Italie, dans la province de Nursie, non loin de Rome. Il nous est connu par les Dialogues de Grégoire le Grand. Renonçant à une vie d'étude qui s'avérait pourtant pleine de promesses, il se retira dans la solitude, « désirant plaire à Dieu seul ». D'autres, attirés par sa sainteté, vinrent se joindre à lui. Après des essais malheureux qui contribuèrent à faire mûrir son expérience d'homme, il fonda douze monastères et les dota d'une Règle dont on a toujours loué la sagesse humaine et surnaturelle. Fidèle reflet de l'Évangile, elle a inspiré et inspire encore aujourd'hui des chrétiens dans tous les états de vie, et pas seulement les moines et les moniales. Si certains passages portent la marque de leur temps, d'autres n'ont pas d'âge, sinon l'âge de la charité qui ne connaît pas le vieillissement. « L'homme de Dieu, Benoît, parmi tant d'œuvres miraculeuses qui le rendirent illustre en ce monde, brilla aussi grandement par la doctrine. Il écrivit en effet une Règle des Moines remarquable de discrétion et riche d'enseignement. » C'est ainsi que s'exprime son biographe.
Ses miracles révèlent sa confiance inébranlable en la divine Providence. Il fut l'homme de Dieu « rempli de l'esprit de tous les justes de l'Ancien Testament ». Il fut le chercheur de trésor dont parle le livre des Proverbes (2, 1-9). Un trésor que l'on n'a jamais fini de découvrir. Pour cela il faut creuser sans cesse. En quoi consiste cette sagesse dont Benoît fut rempli ?
Essentiellement à établir - ou à rétablir - une hiérarchie des valeurs entre le monde présent et le monde à venir. Saint Grégoire nous a rapporté une vision de Benoît qui dit excellemment cela. Une nuit, alors que les frères dormaient, Benoît veillait (priait). Une lumière descendit, et il vit le monde entier ramassé dans un seul de ses rayons. Dieu lui faisait comprendre la petitesse des choses d'ici-bas, comparées aux biens de l'éternité.
Benoît mourut peu de temps après cette vision, vers 543. Son œuvre devait connaître le développement que l'on sait, dans le temps et dans l'espace. (...) Benoît a été proclamé patron de l'Europe par le bienheureux Paul VI...

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  22 juillet - Sainte Marie-Madeleine
Entre Evangile et Tradition


Elles sont trois dans l'Évangile qui furent particulièrement aimées du Sauveur, mais dont l'identité reste encore à établir : Marie de Béthanie (Judée), Marie de Magdala (Galilée) et la pécheresse anonyme de saint Luc (Lc 7).
Marie de Béthanie était la sœur de Marthe et de Lazare. Jésus fréquentait leur maison. L'Évangile met trois fois Marie en scène (Lc 10 ; Jn 11 ; Mt 26) ; mais nulle part il n'est question de ses péchés.
Il en va autrement de la femme qui fit irruption en plein repas chez Simon le Pharisien. Celle-là, qui se jette aux pieds de Jésus, les couvrant de baisers, de larmes et de parfum, saint Luc affirme expressément que c'était une pécheresse publique, qui du reste s'en alla pardonnée (Lc 7, 36-50).
Quant à la « Magdaléenne », elle était de ces quelques femmes qui suivaient Jésus et le servaient (Lc 8). Elle assiste au crucifiement (Jn 19), et c'est à elle, avant toute autre, qu'apparaît Jésus ressuscité (Mc 16 ; Lc 24 ; Jn 20). Nulle allusion non plus, dans l'Évangile, à ses péchés.
Ces trois femmes sont-elles trois ? Ou n'en font-elles qu'une ? Pour les Grecs, qui honorent Madeleine depuis le 6e siècle, il s'agit de trois personnes distinctes. Ils n'imaginèrent jamais, quant à eux, que la Marie de Magdala avait été pécheresse.
Pour les Latins au contraire, ces trois femmes n'en font qu'une, et c'est Marie de Béthanie à qui, outre ce qui lui est propre, ils attribuèrent tout ce qui est dit des deux autres, le nom de Madeleine compris. Son culte naquit en Occident vers le milieu du 11e siècle, quand les bénédictins de Vézelay (Yonne) annoncèrent que son corps, venu de Provence, était arrivé chez eux. Ce fut bientôt la ruée des pèlerins ; (…) et les moines élevèrent à leur nouvelle patronne la belle église que l'on connaît. Les Provençaux répliquèrent par trois pèlerinages au pays de Marseille : la Sainte-Baume où Madeleine avait vécu 30 ans dans une grotte ; Saint-Maximin où son corps reposait avant de partir pour Vézelay ; Aigues-Mortes (les Saintes-Marie-de-la Mer) où elle avait débarqué à son arrivée en France avec Marthe, Lazare et Sara, leur servante.

Omer Englebert, La Fleur des saints, Albin Michel.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  14 août - Saint Maximilien-Marie Kolbe
Le saint d'Auschwitz


Camp d'Auschwitz, juillet 1941. En représailles après l'évasion d'un prisonnier, dix hommes du même dortoir sont choisis arbitrairement dans le même bloc et condamnés à une des peines les plus cruelles : mourir de faim et de soif dans le sinistre bunker du camp. Un des otages pris au hasard pousse un cri déchirant : « Oh ! ma femme et mes enfants que je ne reverrai plus jamais ! » Il se produit alors une chose stupéfiante : un prisonnier se fraie un chemin, s'approche du surveillant - le Lagerführer Fritsche, surnommé « le sanglant » - et lui dit : « Je voudrais prendre la place du condamné. » Puis, il ajoute que lui est « vieux et bon à rien » alors que l'homme dont il veut prendre la place a une femme et des enfants. Après un long silence, le soldat allemand accepte la proposition. L'homme qui propose ainsi de donner sa vie pour sauver celle d'un autre se nomme Maximilien Kolbe. Il est prêtre. La nouvelle se répand rapidement dans tout le camp. C'est la première fois qu'un cas semblable s'y produit.
Les dix condamnés vivent alors des jours terribles. Mais, de la cellule souterraine où ils sont enfermés, monte l'écho des prières et des cantiques. Jour après jour, le nombre des condamnés vivants diminue. Le père Kolbe ne se plaint pas ; il entretient le moral de ses camarades en disant que le prisonnier échappé va être repris et qu'alors ils seront libérés.
Le 14 août, quatre prisonniers survivent encore dans le bunker. Seul le père Kolbe conserve encore la force de parler. Il répète à ses compagnons : « Ils ne sauront pas tuer nos âmes car nous sommes quelque chose d'autre que nos persécuteurs ; ils ne pourront pas tuer en nous la dignité de catholiques et de Polonais. » Ensuite, parce qu'il faut faire de la place pour d'autres prisonniers, les survivants sont tués avec une injection de phénol. Le père Kolbe est le dernier à être exécuté. Le certificat de décès, établi comme toujours avec beaucoup de précision, indique l'heure de la mort : 12 h 30. Son corps sera brûlé dans un four crématoire le lendemain, le 15 août, jour de l'Assomption. (...)
En 1971, Maximilien Kolbe a été béatifié comme confesseur, puis canonisé comme martyr en 1982 - (...) - par le pape Jean-Paul II.

Olivier Galon, Supplément « Vermeil » de « Notre Temps », n°506.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  15 août - Assomption de la Vierge Marie
La Dormition


À propos de la conclusion de la vie terrestre de Marie, le Concile Vatican Il reprend les termes de la Bulle qui définit le dogme de l'Assomption et il affirme : « La Vierge Immaculée, préservée intacte de toute souillure de la faute originelle, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée, avec son corps et son âme, à la gloire du ciel » (Lumen Gentium n°59). Avec cette formule, la Constitution dogmatique Lumen Gentium reprenant mon Vénéré prédécesseur Pie XII, ne se prononce pas sur la question de la mort de Marie.
Toutefois Pie XII n'entendait pas nier le fait de la mort, mais seulement il ne jugea pas opportun d'affirmer solennellement, comme une vérité qui devait être admise par tous les croyants, la mort de la Mère de Dieu. En vérité, certains théologiens ont soutenu la thèse que la Vierge n'eût pas à mourir et qu'elle passa directement de la vie terrestre à la gloire céleste. Cette opinion est toutefois inconnue jusqu'au 17e siècle, alors qu'il existe en réalité une tradition commune qui voit dans la mort de Marie son introduction à la gloire céleste.
Le fait que l'Église proclame Marie comme étant libérée du péché originel par un privilège divin singulier ne conduit pas à conclure qu'elle a également reçu l'immortalité corporelle. La Mère n'est pas supérieure au Fils qui a assumé la mort en lui conférant une nouvelle signification et en la transformant en instrument de salut.
Ce que Sévère d'Antioche affirme à propos du Christ est également valable pour elle : « Sans une mort préliminaire, comment sa résurrection pourrait-elle avoir lieu ? » Pour participer à la résurrection du Christ, Marie devait tout d'abord en partager la mort. (...)
Quel que soit le fait organique et biologique qui causa, d'un point de vue physique, la fin de la vie du corps, l'on peut dire que le passage de cette vie à l'autre fut pour Marie une maturation de la grâce dans la gloire, si bien que jamais autant que dans ce cas, la mort ne put être considérée comme une « dormition ».

St Jean-Paul II, À l'audience générale du 25.06.1997.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  La langue maternelle de la prière

« Apprenons à notre enfant la langue maternelle de la prière », a écrit le Cardinal Godfried Danneels (Familles, Dieu vous aime, Éditions Nouvelle Cité). Enseignons-lui des formules courantes, de petites phrases à répéter, même s'il fait des fautes et qu'il se trompe. A défaut, il sera complètement démuni, il ne connaîtra aucune prière le jour où il ressentira le besoin de s'adresser à Dieu. Si moi-même je ne connaissais pas ces formules de prière, il y a bien des jours où je ne saurais plus prier. Avec une tête pleine de soucis mais sans chapelet, on ne va vraiment pas très loin. Pourquoi, quand on est accablé de fatigue, ne pas humblement s'abandonner aux formules de prière ? »

Le « Notre Père » est la prière. « Quels que soient les mots que nous disons en priant (...) nous ne disons rien d'autre que ce qui se trouve dans la prière du Seigneur, pour peu que notre prière soit juste et opportune. Tu ne trouveras rien dans la prière des saints qui ne soit contenu dans cette prière, et si tu es libre de la dire autrement, tu n'es pas libre d'en dire une autre » (Saint Augustin. Lettre à Proba). La première prière que nous apprenons aux enfants est donc le « Notre Père ». Ils ne comprennent pas ce qu'ils disent ? Pas tout, sans doute, mais ils sont très tôt capables d'en saisir l'essentiel, à savoir que Dieu est leur Père. Cette prière apprise « par cœur » va s'imprimer en eux, dans leur cœur, dans leur intelligence, afin de nourrir ensuite toute leur vie spirituelle.
Le « Je vous salue Marie » est la plus belle prière adressée à Marie, puisqu'elle reprend les paroles mêmes de l'ange. Apprise dès l'enfance, elle reste pour toujours la bouée de sauvetage à laquelle nous nous accrochons aux jours de détresse, la lumière qui brille lorsque les ténèbres se font trop épaisses, la corde à laquelle nous nous agrippons pour sortir du gouffre de nos péchés et la manière la plus simple de dire notre amour. Apprenons aux enfants le « Je vous salue Marie » et donnons-leur l'habitude de saluer ainsi leur Mère, de se confier à elle, de se jeter dans ses bras pour trouver le repos et la consolation. Répéter inlassablement, au fil du chapelet, le « Je vous salue Marie », n'a rien d'un radotage ; quand l'un de nos enfants, blotti entre nos bras, nous dit et nous redit : « Maman, je t'aime ! », nous ne trouvons pas du tout qu'il radote. C'est exactement la même chose lorsque nous égrenons le chapelet.

Beaucoup d'autres prières peuvent être sues par cœur : le « Je crois en Dieu », adhésion confiante au Dieu Trinité en même temps que résumé limpide de l'essentiel de la foi de l'Église ; les actes de Foi, d'Espérance, de Charité ; les prières de pénitence comme l'acte de contrition et le « Je confesse à Dieu » ; des psaumes et des cantiques bibliques (le « Magnificat » par exemple) ; des formules très courtes, telles que : « Jésus, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi pécheur ». Tous ces textes, surtout lorsqu'il s'agit de prières tirées de la Parole de Dieu, sont comme un trésor qui vient nourrir continuellement notre prière.

Apprendre « par cœur » une prière, l'apprendre avec son cœur ; pas comme un perroquet, bêtement, mais avec son amour et son intelligence. On n'apprend pas une prière comme on apprend une leçon. On apprend une prière en priant. C'est en entendant ses parents dire le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie » chaque soir près de son berceau qu'un enfant s'imprègne très tôt de ces textes. Et un jour, sans qu'il les ait jamais appris au sens scolaire du terme, il sait prier avec ces mots-là, exactement comme il sait utiliser sa langue maternelle sans jamais l'avoir « apprise ».

La langue maternelle de la prière, c'est aussi le silence. Car Dieu, qui se révèle avec des mots, nous parle aussi dans le langage silencieux de la prière. Et c'est toute la difficulté et toute la grandeur de la prière ; difficulté parce qu'il est aride de rencontrer Quelqu'un que nos sens ne peuvent saisir ; grandeur parce que ce « Quelqu'un » est plus grand que nos mots et qu'il nous est donné, à travers le silence, de saisir 1'Insaisissable. Ou plutôt : de nous laisser saisir par Lui. Le silence, donc, est aussi « langue maternelle de la prière » et comme tout le reste, il se découvre en regardant ses parents, en les voyant se tenir en silence devant Dieu. Apprendre le silence à un enfant, ce n'est pas lui dire : « Tais-toi » mais lui dire : « Écoute ».

Car les mots de la prière n'ont finalement pas d'autre but que de nous rendre attentifs à Celui qui vient nous aimer.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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  Des appréciations

Que votre si belle revue continue à se propager et à nous édifier dans la foi ! 92 - J'adore votre petite revue. Je vous en félicite pour tous les sujets traités. Je passe d'agréables moments avec elle. 69. (« Un seul Dieu tu adoreras ». Formule catéchétique du 1er commandement de Dieu. A.C.) - J'adore cette revue. 90 - (Même référence ! A.C.) - Merci pour le réconfort apporté par votre revue, simple et profonde. Lyon - Je tiens beaucoup à cette petite revue qui m'apporte beaucoup de bien. 62 - Merci pour cette revue bien conçue, - un article par page, c'est très bien, - riche d'enseignement et agréable à lire. 59 - Merci pour votre revue qui nous fait grandir dans la foi, par les articles variés que vous nous communiquez. 30 - Merci pour la nourriture spirituelle que « l'Ange gardien » nous apporte. 68 - J'apprécie beaucoup votre revue de la première à la dernière page. 07 - Revue que j'aime beaucoup. 59 - Merci de cette bonne revue toujours bienvenue. 73 - Excellente revue qui m'apporte beaucoup de réconfort et d'espérance dans ce monde sans Dieu qui est en train de s'enfoncer dans un sable mouvant d'impiété et de révolte contre Dieu, le rendant responsable de tous les malheurs. Paris 14e.

J'ai été très surprise agréablement. Je m'attendais à une revue comme celles que je reçois, par exemple « Sainte Rita », « Saint Joseph d'Espaly » qui sont depuis longtemps appréciées par moi. La vôtre est très différente et je vous remercie de me compter parmi vos abonnés. Une nouvelle abonnée. 35 - Je suis toujours émerveillé par le travail que vous offrez à « l'Ange gardien »... Votre présence et votre réconfort sont très précieux surtout pour les personnes âgées dont je suis... Vous donnez des nouvelles tellement passionnantes et introuvables ailleurs... Tout est à lire, à méditer... 54 - Revue simple et belle, elle me permet de me remettre en présence de Dieu, de me rappeler la compagnie invisible des Anges gardiens... J'aime lire et relire les poèmes de Marie Noël. 31 - Je suis très contente de votre jolie revue que je lis puis donne à l'église. 91 - Je ne peux me passer de cette très enrichissante revue. Je m'empresse de vous envoyer mon chèque pour continuer avec vous. 71 - « L'Ange gardien » : quel bon compagnon et quel bon protecteur ! 38.

Votre revue m'est d'un grand secours pour aider les malades à prier et même à rire de vos pages d'humour. 21 - C'est toujours avec plaisir que je lis et relis ma revue, et surtout ces beaux témoignages. 971 - C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je lis votre revue, J'y trouve la paix et l'espérance. 34 - Votre revue me relie à Dieu par mon Ange gardien. Il me témoigne son amitié dans mes appels à l'aide. Lyon 4e - Merci pour toutes ces bonnes lectures de la revue. Je suis toujours très heureuse de sa venue. 85.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", juillet-août 2017.


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