Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2018

n°1-2018 - janvier-février     n°2-2018 - mars-avril     n°3-2018 - mai-juin
n°4-2018 - juillet-août     n°5-2018 - septembre-octobre     n°6-2018 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en mai 1918

Pendant ce mois béni, le nom de Marie est comme une douce harmonie qui se répand, emportée sur l'aile des vents. Dans le silence des nuits comme dans les bruits du jour, nos fleuves et nos mers, les chaumières et les palais, la chapelle solitaire et l'église de grandes villes se le renvoient, comme un écho lointain des concerts célestes. Tous les âges et tous les états, le riche et le pauvre, l'enfant et le vieillard, le soldat et le matelot, le malade et l'agonisant, tous les cœurs pleins d'angoisse et tous les yeux pleins de larmes se tournent vers la Mère toute miséricordieuse pour implorer son secours. Et de toutes ces voix et de tous ces accents, il se forme comme une immense supplication que Marie prend pour l'offrir à son Fils, et qui, nous l'espérons, arrêtera les coups de la justice que pour ne laisser passer que les rosées de la miséricorde. En toute humilité, nous unirons nos lèvres et nos cœurs à ce concert de prières.
Saints Anges, augmentez notre ferveur et notre confiance !

en juin 1918

Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (St Matth. XI, 28). Celui qui parle ainsi est le souverain Maître du monde, créateur du ciel et de la terre ; tout ce qui existe obéit à sa voix : Il trace leur route au soleil est aux astres. Et Il est humble de cœur ! Il s'est abaissé jusqu'à nous, Il a été méconnu, et quand Il a été mis au nombre des scélérats, Il est resté silencieux.
Et le Cœur de Jésus est doux ! Doux à la foule qui le tourmente et l'obsède, doux à l'indiscrétion de ses amis, doux à la contradiction, doux à l'épreuve, doux à la douleur, doux à la malice sans cesse renouvelée de ceux qui l'épient pour le perdre, doux à l'injustice, au supplice, et à la mort...
Pendant ce mois de juin nous nous efforcerons d'imiter la douceur et l'humilité du Cœur de Jésus. Puissent les saints Anges nous obtenir le secret de ces vertus indispensables.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Incantation de la Femme (extraits)

Femme d'avant le froid
     Femme des laines neuves,
Sarment primordial
     et propice au provin,
Ne laisse pas ma soif
     chercher les autres fleuves,
Plonge-moi dans les eaux
     qui deviennent du vin.
Femme dans l'onction
     d'aloès et d'absinthe,
Femme crucifiée
     avec ton enfant mort,
Femme dont tout l'amour
     a conservé l'empreinte
Des plaies et du tombeau,
     Femme qui saigne encore
Mère qui meurs encor
     de la mort de ton Fils
Pour qu'avec lui la vie
     regerme de la mort
Et l'été de la neige
     et le feu de la nuit
Et dont sans cesse en toi
     ressuscite le corps.
Car chaque fois encor
     que le Christ est en terre,
Condamné par le monde
     et oublié par lui
Seule ta sainteté
     lie encore l'homme au Père
Et ce qui est d’ailleurs
     à ce qui est d’ici.

Jean-Claude Renard, Incantation du temps, Poèmes, Aux éditions du Seuil, 1962.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Visions (1)

Je suis toujours fort impressionné par la comparaison de l'Ancien Testament avec le Nouveau. Le premier fait une part mesurée aux manifestations angéliques ; il s'attache surtout aux grands éclats par où se montre la puissance de Yahvé. Le second, en revanche, recherche moins l'imagerie populaire, celle qui impressionne les masses.
Certes, on a vu saint Michel apparaître dans les siècles après Jésus-Christ, à Rome, au mont Tombe, à Domrémy ; mais l'hagiographie catholique fait davantage état des faveurs dispensées par les anges anonymes. Certains saints furent gratifiés de la vue quotidienne de leur gardien. Assurément ce ne furent là qu'exceptions miraculeuses et peut-être récompenses méritées par l'affinement de l'âme. Mais l'Ancien Testament ne nous entretient guère d'expériences semblables.
À propos de « survision », on lit dans certaine biographie de saint François de Sales, le doux évêque, un passage qui me ravit. Le prélat présidait une cérémonie d'ordination. Il remarqua l'attitude hésitante d'un clerc dont la démarche rompait l'ordonnance du défilé. Il voulut, tous cierges éteints, gourmander le coupable d'une cause aussi évidente de dissipation pour l'assistance. Il fit venir le clerc et voici ce qu'il en tira : le jeune homme confia à son évêque qu'il était, de façon ordinaire, favorisé de la vue de son ange gardien. D'habitude, celui-ci marchait devant lui ; mais, après l'ordination et par respect pour le caractère sacré dont il venait d'être marqué, l'ange s'était rangé à sa suite.
La vie de sainte Lydwine de Schiedam abonde en traits où l'ange de la stigmatisée tient un rôle. Faut-il rappeler celui auquel fut mêlé certain jeune homme du diocèse de Cologne nommé Gérard ? Gérard sur les conseils de Lydwine avait opté pour la vie érémitique. Il mourut peu de temps après sa retraite et la sainte fille fut admise, par miracle de bilocation, à ses derniers instants. Le 2 octobre 1426, elle fut avertie, dit-elle, de sa mort par un ange qui l'emmena avec lui pour rendre à la dépouille de Gérard les ultimes devoirs...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  L'ange des limites

Il existe des gens qui n'ont pas le sens des limites. (...) Invitons l'ange qui va leur dire : « Jusque là et pas plus loin ! » Pour que la relation aux autres réussisse, il faut savoir bien distinguer proximité et distance - ce qui ne pose pas de problème dans une rencontre « normale ». Mais il semble que certaines personnes ignorent la distance.
Un client entre dans ma boutique. Je le sers et il me dit soudain : « Vous êtes si pâle ! Vous devez avoir des soucis. Qu'est-ce qui vous tourmente ? Un chagrin d'amour ? » Une telle indiscrétion m'indigne : qu'est-ce qui lui permet de me poser des questions aussi intimes ? Par courtoisie, j'essaie toutefois de lui dire quelque chose et me révolte contre chaque mot que je prononce.
C'est le moment de faire appel à l'ange qui va me donner le courage de dire, sans agressivité envers l'intrus qui s'immisce ainsi dans ma sphère personnelle : « Stop ! Pas plus loin ! C'est moi et personne d'autre qui décide de quoi je veux parler. Je n'ai aucune envie de vous faire part de mes états d'âme. » L'ange étend devant moi ses ailes protectrices, ordonne à l'autre de ne pas aller plus loin et me souffle les mots justes qui vont aimablement le tenir à distance, sans l'offenser, mais avec suffisamment de fermeté pour qu'il cesse de poser ses questions indiscrètes.
Ce peut être aussi un voisin à qui je viens volontiers en aide parce qu'il me l'a demandé, mais qui, lui non plus, ne connaît pas les limites. Par amitié, je l'ai invité à prendre un café et voilà qu'il aimerait revenir bavarder chaque jour - ce qui n'était pas du tout mon intention première. Comment lui faire comprendre poliment que ma proposition n'est pas destinée à devenir une habitude ? L'ange va alors me protéger contre cet importun et veiller à ce que soient maintenues les limites à l'intérieur desquelles je me sens libre. Il m'invitera ensuite à les dépasser si je le veux, et non pas parce que l'autre m'y accule.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Une vérité de foi

L'existence de ces êtres spirituels, dont témoignent l'Écriture et la Tradition, est une vérité de foi. Les Évangiles évoquent la relation intime de Jésus avec les anges : « Voici que des anges s'avancèrent et ils le servaient. » Ils sont en effet serviteurs et ont mission de nous entourer de leur vigilante sollicitude et de leur intercession. Ils collaborent au dessein du Père qui veut rassembler dans l'unité ses enfants dispersés. Saint Luc nous précise qu'ils se réjouissent de la joie de Dieu lorsque les pécheurs se convertissent. En retour, il nous est demandé la docilité envers eux : « Je vais envoyer un ange pour te garder en chemin... Écoute sa voix... Ne lui soit pas rebelle. » (Ex 23, 20)
Parfois, ils interviennent de façon visible : ainsi saint Pierre emprisonné par Hérode (Ac 12, 7) est réveillé en pleine nuit par un ange qui lui donne des consignes et le conduit dehors pour le libérer. Sainte Gemma Galgani (1878-1903) voyait son ange presque quotidiennement. Ce dernier l'instruisait, parfois avec sévérité, pour l'encourager à vivre l'Évangile. Il lui venait en aide pour la guider lorsqu'elle s'égarait dans les ruelles de Lucques et rivalisait avec elle dans des louanges exubérantes envers le Seigneur... Auxiliaires du Christ dans l'œuvre du salut (He 1,14), ils veillent sur nous, nous stimulant dans les bonnes œuvres, nous soutenant dans le combat spirituel. Ils présentent à Dieu nos prières : « II lui fut donné - à l'ange - beaucoup de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône. » (Ap 8, 3)
De l'enfance à la mort, ils sont là. Saint Luc, dans l'épisode du pauvre Lazare vivant à la porte d'un riche, nous dit qu'à sa mort, Lazare « fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham » (Lc 16, 22). Quant aux tout-petits, Jésus nous affirme : « Leurs anges dans les cieux regardent constamment la face de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 18, 10).
Lorsque nous participons à la liturgie, nous nous unissons à celle qu'ils célèbrent (Gloria, Sanctus...). S'ils sont invisibles, ils n'en sont pas moins là, à nos côtés, amis des plus fidèles...

Sœur Marie-Aimée, c.n.a., « Chemins d'Éternité », N° 258.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Question d'enfant

Quand on est mort, que fait notre ange gardien ? - Anselme, 5 ans 1/2.
Suit-il quelqu'un d'autre ou va-t-il voir Dieu ? J'aimerais beaucoup pouvoir te répondre, Anselme, mais vraiment, je ne sais pas du tout si, une fois son service accompli, Dieu charge notre ange gardien de protéger quelqu'un d'autre ou s'Il lui accorde un repos bien mérité !
Ce que je sais, en revanche, c'est que même lorsqu'il nous garde, notre ange voit Dieu. Il peut à la fois louer Dieu pour ses bienfaits et nous suivre là où nous sommes. Il a un œil fixé sur Dieu et l'autre fixé sur nous ! Façon de parler, bien sûr, parce que les anges n'ont pas de corps, ils n'ont pas d'yeux (ça leur évite un strabisme divergent).
Des anges gardiens, nous ne savons que très, très peu de chose. Jésus n'en parle qu'une fois, et encore, très rapidement. Il dit un jour à ses disciples que les anges des enfants, dans les Cieux, voient la face de Dieu. C'est tout. Des Psaumes et d'autres livres de la Bible les évoquent, mais sans donner de détails sur leur création et sur leur mission.
L'Église dit que « chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie » (catéchisme de l'Église catholique, n° 335). Notre ange gardien est notre protecteur, car nous sommes fragiles : il nous « garde » du mal et nous aide à accomplir le bien.
Il est notre pasteur car, comme des petits moutons, nous avons besoin d'être guidés vers la bergerie, c'est-à-dire vers le royaume de Dieu (un pasteur, c'est un berger). L'ange gardien nous conduit vers Dieu, il veille à ce que nous ne nous perdions pas en chemin. On dit aussi qu'il est notre intercesseur, ce qui signifie qu'il porte nos prières à Dieu et Le prie pour nous.
La mission de l'ange gardien se termine certainement après notre mon, une fois qu'il nous a conduits au Ciel où, effectivement, nous n'aurons plus besoin de lui. Que devient-il alors ? Dieu lui confie-t-Il une autre personne ? Ou continuera-t-il, à nos côtés, à louer et adorer Dieu éternellement ? Tu le sauras... quand tu arriveras au Ciel !

Juliette Levivier, « Famille chrétienne ». N° I832.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  31 mai - Visitation de la Vierge Marie
Le cantique de Marie


De tout mon être je vibre et je chante
Car Dieu a comblé ma pauvreté.
Je suis la nuit qu'il remplit de soleil,
je suis la route où danse son pas,
je suis la flûte où chante son souffle,
je suis l'humble miroir de son sourire.
Comme c'est facile d'être grand : il suffit d'être petit.
Comme c'est facile d'être riche : il suffit d'être pauvre.
Comme c'est facile d'être Dieu : il suffit d'être humain.

Grand est notre Dieu qui donne tout ce qu'il est.
Grand est notre Dieu qui remplit mon néant.
Grand est notre Dieu qui aime ce qui est petit et pauvre.
Grand est notre Dieu qui dégonfle les cœurs remplis d'eux-mêmes.
Grand est notre Dieu qui vole aux riches leur orgueil
et les met à leur vraie place.
Grand est notre Dieu qui peut redonner aux pécheurs
leur humanité et leur pauvreté,
qui leur donne de reconnaître leur néant
pour pouvoir accueillir son infini.

Chante, chante, peuple des petits.
Chante, chante, petite humanité,
fille de la terre,
poussière dans les étoiles.
Danse, danse pour ton Dieu,
car il t'aime.
Il te prend sur ses genoux, il t'embrasse,
Il t'aime à ne jamais t'oublier,
Il t'aime à te donner tout, tout ce qu'il est...

Georges Madore, s .m m., La Mère de mon Seigneur, Éditions Paulines & Médiaspaul, 1987.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  8 juin 2018 - Le Sacré Cœur de Jésus
Sacré-Cœur


Le soir du grand combat livré sur le Serpent,
J'attends, sur le plateau, devant l'Arbre funèbre
Qui, sous le gonflement du nuage rampant,
Géométrique, élève en la demi-ténèbre
Ses bras carrés, sa poutre et le doux Mort qui pend.

Jean me dit à voix basse : « Approche de la plaie. »
À la Mère je fais ma génuflexion ;
Elle est Médiatrice. Incliné, je bégaie
« Ô Vierge, ton amour, et sa contrition »
Montrant la Madeleine écroulée. Âpre haie

Séparant terre et cieux, l'épine, au vaste front,
Saigne. En trois pas je crois faire une longue marche.
Oui, c'est un grand voyage, un repentir profond.
L'aisselle de mon Dieu m'abrita sous son arche,
Tel que le mendiant arrivé sous un pont.

Ma main, par quelle grâce ? ose, sous la blessure,
Prendre au bout de ses doigts un peu de Sang et d'Eau.
Je m'en lave les yeux de toute flétrissure
Et sens dans mes regards vivre un pouvoir nouveau :
Le don de contempler plus loin que la nature.

Ô tourment ! Hosannah ! Gloire, adoration !
Du saint Côté percé j'approche mes prunelles
Comme l'on fait la bouche à la communion,
Espérant découvrir les beautés éternelles
De l'amour inventeur de la rédemption.

La plaie est une grotte en pente, humble et tarie,
Œuvre du fer cruel jusqu'au bois enfoncé.
Et comme s'ouvre, au fond d'une âpre galerie
Qui monte, un palais d'or sous le coteau creusé.
Je vois, par le dedans, le Cœur où l'Amour prie,

La splendeur qui revêt les dômes byzantins
Et la mysticité des grandes Notre-Dame,
Cette limpidité vibrante des matins,
Un astre éblouissant l'œil de sa vive flamme,
Vertige des sommets, profondeur des lointains,

Douceur et passion de l'amour le plus tendre,
Incendie en furie, incroyable chaleur
Où la pierre fondrait, chant si haut qu'à l'entendre
On meurt, joie infinie, immortelle douleur,
Ô bienheureux enfer à vous réduire en cendre

(S'il n'était feu de vie et non pas feu de mort),
Cœur du Fils éternel, ô ciel, ô purgatoire,
Je chancelle aveuglé par ton flamboiement d'or
En fusion, frappé de souffrance et de gloire,
Ivre d'amour, d'angoisse ; à la fois faible et fort ;

Brûlé, foudroyé, nu, néanmoins plein de vie ;
Embrasé, contenant à peine un feu pareil.
Une exaltation tient mon âme ravie
En sa sphère invisible, en un secret soleil.
Je comprends, ô mes sens, qu'elle vous purifie.

Serge Barrault (1887-1976), La Voie Royale.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  9 juin 2018 - Cœur Immaculé de Marie
Les Cœurs unis


La proclamation par le Pape Pie IX de l'Immaculée Conception en 1854 contribua à renouveler la piété mariale et à répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. À Fatima, en 1917, la Vierge Marie recommanda elle-même de développer la dévotion à son Cœur Immaculé comme chemin de conversion et de salut. Au cours de la seconde guerre mondiale, le 31 octobre 1942, le Pape Pie XII consacra le monde tout entier au Cœur de la Reine du Monde et, deux années plus tard, le 4 mai 1944, il étendit à l'Église universelle la fête du Cœur Immaculé de Marie, la fixant au 22 août, octave de l'Assomption. La réforme liturgique consécutive au Concile Vatican II la maintint tout en la déplaçant au samedi de la 3e semaine après la Pentecôte (qui tombe cette année le 9 juin).
Ce petit survol historique de la célébration de cette fête de la Vierge laisse deviner plusieurs enjeux spirituels, catéchétiques et pastoraux :
L'Église voit dans cette fête une connexion étroite avec les deux grandes fêtes mariales fixées à l'époque contemporaine : la Conception immaculée de la Vierge se prolongeant dans le mystère de son Cœur Immaculé ; l'Assomption de Marie avec son corps vers le Royaume sans connaître la dégradation du tombeau correspondant à ce Cœur Immaculé rejaillissant sur la sainteté de toute sa personne.
Le magistère de l'Église a cependant privilégié le rapprochement de la fête du Cœur de Marie avec celle du Sacré-Cœur de Jésus (célébrée le vendredi après la Pentecôte selon le calendrier issu de Vatican II) pour manifester comment toute la sainteté de Marie découle de la grâce du Christ et pour souligner l'étroite communion de Cœur entre Jésus et sa Mère.
Si cette fête de Marie a été maintenue dans le calendrier liturgique réformé, c'est sans doute en raison des éléments évoqués ci-dessus mais encore parce qu'elle trouve un très réel enracinement dans l'Évangile et notamment dans la double remarque rapportée par Luc dans ses récits de l'enfance : « Marie conservait tous ces événements et le méditait dans son cœur » (Lc 2, 19-51).

Mgr Patrick Le Gall, « La Lettre du Sanctuaire N.-D. de Fourvière », N' 6.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  16 juin - Saint Jean-François Régis
Un marcheur de Dieu


Le 16 juin 1737 fut un jour de joie pour les catholiques français. Ce dimanche-là, outre deux Italiennes, le pape Clément XII proclama saints, en la basilique du Latran, Vincent de Paul et Jean-François Régis. Moins connu que « Monsieur Vincent », le jésuite saint Jean-François Régis n'en fut pas moins un personnage marquant du véritable printemps que connut l'Église en France au 17e siècle, après le long et tragique hiver des guerres de religion.
Né en 1597 à Fontcouverte, près de Narbonne, Jean-François Régis (son nom de famille allait devenir un prénom) fut l'élève des jésuites à Béziers. Dès 1616, il entra à son tour au sein de la Compagnie de Jésus et se vit confier diverses missions d'enseignement, qui révélèrent ses talents de pédagogue et de catéchiste. Son rêve ? Aller évangéliser la Nouvelle-France, comme tant d'autres de ses frères jésuites.
Mais son destin prit une tout autre voie. À la demande de ses supérieurs, Jean-François Régis devint un missionnaire de l'intérieur. Son Canada ? Le Vivarais, le Velay et le Forez, des régions françaises qui, meurtries par les conflits, constituaient de véritables terres de mission.
De fait, après deux années à Montpellier, le père Régis fut nommé à Viviers, ainsi qu'au Puy. Là, il prit la défense des célèbres dentellières (menacées de chômage), visita hôpitaux et prisons, et multiplia les actions caritatives : « œuvre du bouillon » (soupe populaire) pour les plus pauvres, refuge pour les anciennes prostituées, etc. En automne et en hiver, quand les paysans étaient libérés des travaux des champs, le père Régis partait à leur rencontre, parcourant sans relâche montagnes et vallées. Le mauvais temps, la fatigue, le danger, rien n'arrêtait ce géant robuste, souriant et pacifique, mû par le désir d'apporter à tous la Parole de Dieu.
Le parcours terrestre de cet inlassable « marcheur de Dieu » s'acheva en Ardèche, à Lalouvesc. Venu célébrer Noël dans ce petit village, le père Régis mourut d'épuisement le 31 décembre 1640, après une courte agonie durant laquelle il avait pourtant continué de prêcher et de confesser !...

Xavier Lecoeur, Saints ! 333 vies extraordinaires, Bayard, 2017.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  24 juin - Nativité de saint Jean Baptiste
Le Précurseur


Selon l'Évangile selon saint Luc, Jean est né d'un prêtre du nom de Zacharie et d'une parente de la Vierge Marie, Elisabeth, tous deux « irréprochables » devant Dieu. Le couple ne pouvait pas avoir d'enfant car Élisabeth était stérile. La naissance de Jean fut pourtant annoncée par l'ange Gabriel à son père alors que celui-ci, au titre de ses fonctions sacerdotales, se trouvait dans le sanctuaire du Temple : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean » (Lc 1, 13-14). En entendant la prophétie, le prêtre exprima un léger doute et son manque de confiance lui valut d'être puni aussitôt par un mutisme temporaire. Lorsque la Vierge Marie, enceinte, se rendra chez sa cousine Élisabeth, l'enfant de cette dernière exultera de joie dans ses entrailles, reconnaissant déjà le Messie dans le ventre de sa mère. Zacharie retrouva la parole à la naissance de son fils, prononçant le cantique appelé le « Benedictus » ! (Lc 1, 67-79).
La vie de Jean est ensuite cachée. Dans la Bible, Jean est décrit comme un solitaire ascétique (Mt, 11, 18), se nourrissant de sauterelles grillées et pratiquant le jeûne, ayant développé son activité sur les rives du Jourdain. Il pourrait avoir appartenu au mouvement essénien, selon l'historiographe romain de confession juive Flavius Josèphe qui évoque Jean dans son œuvre. « Son influence fut importante à son époque auprès de ses nombreux disciples » (P. Étienne Nodet, La Porte du ciel, Cerf).
Avec la Vierge, Jean est le seul saint dont on célèbre la nativité (le 24 juin), car sa vie, tout comme celle de Marie, ne prend de sens qu'en rapport direct avec Jésus : elle est sa mère, tandis que lui a pour mission de préparer sa venue, celle du Messie annoncé par les prophètes et attendu par le peuple d'Israël...

Marie Malzac, « La Croix », n° 40673.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Bilan de fin d'année scolaire

La vie familiale se déroulant au rythme de l'année scolaire, profitons de la fin juin pour regarder ce que furent les mois qui viennent de s'écouler : ainsi pourrons-nous repérer les points positifs, comme ceux qui demandent à être corrigés ou améliorés.
Dieu seul sait ce que fut vraiment notre année : n'oublions jamais cela. Ce qui nous apparaît comme un échec peut être une réussite aux yeux de Dieu, et vice-versa. De plus, nous n'avons à juger personne : pas plus nous-mêmes que les autres. Cela ne nous dispense nullement de faire notre examen de conscience ou de dresser le bilan de cette année, mais cela doit nous conduire à nous regarder comme Dieu nous regarde, avec amour et miséricorde. Faire le point n'est positif et constructif qu'en Dieu, dans une démarche d'humilité et de confiance : sinon, cela risque de nous conduire au découragement ou à l'autosatisfaction, aussi stériles l'un que l'autre.

Quel(s) but(s) avons-nous poursuivi(s) depuis septembre dernier ? Telle est la première question à se poser. Et cette question comporte un double aspect théorique et pratique. Autrement dit : quelles furent nos priorités, très concrètement ? Et dans quelle mesure ces priorités quotidiennes correspondent-elles au sens que nous souhaitons donner à notre vie personnelle et familiale ? On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions : même si cette affirmation n'est pas très juste, elle a au moins le mérite de souligner qu'il peut exister un décalage complet entre nos principes et la réalité de nos comportements. Le risque existe toujours de rêver notre vie au lieu de la prendre en main, d'en rester au stade des beaux projets, sans jamais les incarner dans le quotidien.

Pour conduire notre réflexion, plusieurs axes peuvent servir de points de repère. Par exemple : le rythme de nos journées et de nos semaines (quelle place donnée à Dieu dans la prière ? Quel temps disponible pour notre conjoint et chacun de nos enfants ? Quel temps accordé au repos ? Quelle importance donnée au dimanche ?) ; nos choix financiers (quelles dépenses ont été prioritaires ?) ; notre capacité d'accueil (qui avons-nous accueilli ? Pourquoi ? Comment ?) ; l'organisation de nos loisirs ; le travail scolaire et les relations avec l'école ; organisation matérielle de la maison, etc.

Le but de ce bilan est triple : d'abord rendre grâce pour tout ce qui a été l'occasion de grandir dans l'amour, tout ce qui a été source de joie ; ensuite demander pardon de ce qui est de l'ordre du péché, c'est-à-dire du refus d'aimer ; enfin prendre des décisions - pas trop nombreuses et très concrètes - pour progresser l'année prochaine. Il ne s'agit pas de dresser un état des lieux aussi exhaustif que possible, mais de discerner les points essentiels, ceux qui constituent comme des appels prioritaires. Ce discernement ne peut s'opérer qu'avec l'aide du Saint-Esprit.

Concrètement, faire le bilan de son année nécessite de prendre le temps de s'arrêter : seul, en couple, avec chaque enfant, en famille. Même si c'est de manière plus ou moins informelle - à l'occasion d'un voyage en voiture, par exemple - il est bon de revenir sur l'année écoulée, ne serait-ce que pour écouter et comprendre ceux qui nous entourent : la manière dont notre conjoint ou tel de nos enfants aura vécu ces derniers mois sera peut-être sensiblement différente de la perception que nous en avons eue. Et n'oublions pas que nos enfants - surtout les adolescents - ont besoin de nous entendre souligner, avec émerveillement, tous les progrès, les réussites, les efforts de cette année. La plupart du temps, et malgré des airs farauds qui ne sont qu'un masque, ils doutent terriblement d'eux-mêmes et se laissent aveugler par leurs erreurs, leurs fautes et leurs échecs, au point d'en oublier ce qui est bel et bon.

L'indispensable dialogue peut se prolonger épistolairement : souvent, les mois d'été voient les plus grands de nos enfants partir en camp ou en séjour à l'étranger. Profitons-en pour leur écrire : pas seulement pour leur donner quelques échos de la vie familiale, encore moins pour leur faire la morale. Mais pour leur dire, et leur redire encore, combien nous les aimons, de manière personnelle et inconditionnelle ; pour affirmer, paisiblement, les exigences que notre confiance en eux nous conduit à poser ; pour suggérer des points d'effort concrets ; et surtout de rendre grâce de ce qu'ils sont.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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  Des appréciations

Un don pour faire rayonner votre mission afin que le plus de personnes possible profitent de vos prières et de leur compagnon de route. 83 - J'ai le plaisir de me réabonner à votre revue que je suis toujours heureuse de lire. Comme il est bon de savoir que nous sommes entourés de ces Anges si bons qui nous aiment et nous protègent. 65 - Que votre petite revue continue à nous enrichir. 92 - En lisant le numéro de décembre 2017, les témoignages m'ont beaucoup plu. 73 - Un grand merci pour votre si bonne revue, lue et relue avant de la déposer à l'église. 22 - Je lis votre revue avec intérêt et plaisir et je la donne ensuite à des amis. 33 - Merci pour votre revue qui est pour moi un guide spirituel et qui m'aide à tout moment ! 21 - La revue « l'Ange gardien » est toujours aussi intéressante et encourageante. Elle est porteuse de l'espérance. Merci pour votre grand dévouement et que les saints Anges vous aident et vous gardent pour continuer votre grande aide. 12 - J'éprouve de la joie chaque fois quand la revue arrive. 17 - La revue m'apporte toujours autant de joie. 12.

Pour le plaisir sain, saint et vif de continuer à vous lire. 44 - Nous tous, vos lecteurs et lectrices, bénéficions de ces articles bien choisis, stimulants et accessibles, qui nourrissent notre foi et notre prière. 31 - Continuez malgré tout à nous donner ce merveilleux soutien bienveillant. 53 - Félicitations pour la qualité et la richesse de toutes ces rubriques si intéressantes ! Paris 17e - Merci mille fois pour votre revue. Je ne trouve pas les mots pour dire ma reconnaissance. 21 - Merci pour votre magnifique revue toujours tant appréciée et attendue. 01 - Voici mon réabonnement à votre revue qui mérite toujours beaucoup d'estime et de compliments. 31 - Revue très agréable et profonde. Lyon 8e - Puissiez-vous continuer longtemps votre apostolat, partenariat avec l'Ange gardien. Je vous souhaite beaucoup beaucoup d'abonnements pour que cette petite revue si dense perdure longtemps longtemps. 56 - Je viens de découvrir par hasard ce merveilleux petit livre et je me hâte de vous contacter car je désire vivement m'abonner à votre revue, si toutefois votre association existe toujours. En effet, ce petit livre date de 1996... Paris 15e.

Merci pour la réception régulière de votre revue que j'apprécie toujours autant. 85 - Quel plaisir de se réabonner à votre revue. C'est le soleil qui éclaire et réchauffe, un sentiment de plénitude qui vous envahit. 45.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2018.


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