Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2017

n°1-2017 - janvier-février     n°2-2017 - mars-avril     n°3-2017 - mai-juin
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2017 : n°3 - mai-juin

  Il y a cent ans...

en mai 1917

Les Nations

Les anges l'entouraient se voilant de leur robe,
Et Dieu leur dit : « Prenez ce qu'on voit sur le globe
Et de tous ces objets rassemblés par vos mains,
Faites des nations qui peuplent les chemins. » (...)

Le Seigneur attendait, quand un beau Séraphin
Prit un cœur de lion, un glaive d'acier fin,
Le soc d'une charrue, un aiguillon, un livre,
Un rire que peut-être une larme va suivre,
Le baiser d'une mère, un rayon de soleil,
Une rose des cieux, un grain de blé vermeil,
Un rameau de laurier, un raisin de vendange,
Et la corde d'argent à la lyre d'un ange,
Puis, attachant le tout avec une faveur,
Il s'inclina, disant : « Bon et puissant Seigneur,
Je sais bien que mon œuvre, hélas ! est incomplète,
Il ne lui manque plus, pour la rendre parfaite,
Qu'un sourire de Dieu... ! »
Dieu sourit. Son sourire éclaira le saint lieu.
Le Séraphin, ému de tant de bienveillance,
Ouvrit sa main féconde et dit : « Voilà la FRANCE ! »

(Semaine religieuse de Beauvais)


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  Le mai de Marie

Marie est un nom qui lave, un nom qui rafraîchit, régénère, avec la douceur d'une pluie généreuse. Marie, aux voyelles radieuses comme la trouée d'une éclaircie, dans un ciel balayé de fond en comble. Marie, comme un pétale de mai, la blancheur de ces fleurs d'un jour, qui habillent les tentes des collines nouvellement dressées.

En mai, avec Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes, Ève d'un jardin reconquis, c'est toute la terre où nous vivons qui s'ouvre d'un sourire. Plus que le terreau qui fait germer la semence, Marie est l'enveloppe du grain, son silence, sa fine pellicule de lumière, entre deux mains jointes l'attente d'un premier jour comme une lueur qui monte de l'horizon d'un front penché.

C'est le oui de Marie, le mai de Marie, le printemps de l'âme humaine élevée jusqu'à la clarté des origines - l'image rendue pure par une attention soutenue à la lumière - une chance inespérée, la dette remise, les pesanteurs du long hiver dispersées, l'ardoise du ciel d'un trait effacée.

Marie est notre espérance. Elle inaugure une manière inédite d'être à Dieu. D'elle au Fils et du Fils au Père, elle assure notre transparence. Marie, le premier chuchotement du Verbe, qu'elle n'a pu concevoir que dans une proximité sans détours avec l'Esprit. Elle veille aujourd'hui sur l'Église intérieure, la Jérusalem spirituelle, l'humanité couronnée d'une gloire encore à conquérir.

Si le Christ est le chemin vers le Père, Marie est le chemin vers le Christ, l'image la plus ressemblante, le cœur le mieux accordé. Toujours vierge, Marie continue d'enfanter son Fils en nous. Par son intimité, par l'intensité de son recueillement, par la fécondité de sa vie toute d'esprit, de lumière et de profondeur, qu'on peut encore entendre dans son Magnificat, elle donne figure à Celui qui l'habite de toute éternité. Elle donne visage à la présence la plus intérieure qui soit. Par elle, le Verbe en nous se fait chair, par sa chair qui dit oui, qui s'ouvre du plus secret de sa prière et en s'ouvrant nous ouvre à notre propre mystère.

« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur », nous dit saint Luc. Et c'est là, sans doute, comme un léger écart, par ce mot insignifiant : « cependant », que je perçois le mieux le nom de Marie. Je ressens le mouvement de retrait, je vois des yeux qui s'abaissent et se détachent, tu rentres en toi-même, tu cherches sans précipitation un sens toujours plus loin, plus profond, qui se révèle d'abord par cette suspension du cœur.

Tout commence par le recueillement. Tout jaillit de ce reflux consenti, à l'image du vert lumineux surgi des entrailles de la terre. Ô Marie, en ce mai des naissances, accorde-moi la grâce d'entrer dans ton recueillement : qu'il imprime dans ma pensée, mes regards, sa couleur, sa tonalité, son climat, et leur prête des prolongements qui n'appartiennent qu'à toi.

En ce beau moi de mai, inspire-nous, Marie, les mots ravivés d'une religion qu'on pourrait entendre pour la première fois, d'une vérité qui s'impose d'elle-même, comme l'évidence de l'être au milieu des faux-semblants.

Donne-nous la patience qui creuse les chemins, l'humilité qui fait la profondeur, l'intériorité qui seule donne poids à nos jugements. Inspire-nous des pensées qui tiennent devant la mort, dans la solitude et jusqu'au fond des noires détresses. Des pensées vivantes comme notre chair. Des pensées qui circulent en nous comme un sang neuf.

Philippe M., « La Vie », « Les essentiels », n°3690.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  Magnificat

... Voici venir Marie avec sa grand'nouvelle :
Ce qui l'autre semaine est en elle arrivé...
Élisabeth la voit et court au-devant d'elle
Laissant rouler au vent son fil inachevé.

Dieu sait ce qu'elles ont toutes les deux ensemble
De pressant à se dire ! Et pourtant l'entretien
Leur manque tout à coup, la joie en elles tremble,
Leurs mots se sont perdus, elles ne disent rien.

Chacune va cherchant en elle une assurance
Avant de confier à l'autre sans délai,
Tout haut, cette espérance au-dessus d'espérance.
Est-ce bien vrai ?... Mon Dieu ! si ce n'était pas vrai !

Mais soudain le miracle a bougé dans leur âme,
Dans leurs corps ! Le silence autour a chancelé !
Elle, la jeune fille, elle, la vieille femme,
Tressaillent : leurs petits entre eux se sont parlé.

C'est impossible, ô Dieu ! C'est une rêverie...
Impossible ! Et pourtant plus vrai que tout, plus vrai
Que le soleil qu'on voit. Et le cœur de Marie
En a chanté comme un buisson au mois de mai.

Elle part, elle monte, elle a pris sa volée,
Elle monte et sans route arrive aux pieds de Dieu.
Elle chante, à jamais hors de terre en allée,
Elle chante, perdue au plus haut du ciel bleu...

Marie Noël, Le Rosaire des joies, 2e Mystère joyeux, Gallimard.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  Comme un homme (3)

Nous sommes des « personnes » et cela est irréductible. Et nous ne jouirons parfaitement du bonheur selon notre ordre de perfection propre que lorsque notre corps devenu glorieux aura été réinvesti par son âme dans l'éternité.
Voilà que je relance ma petite philosophie ! Alors qu'il siérait avant tout de me tenir disponible au divin, sans bruit de mots, de ployer les genoux devant le Seigneur, attentif à sa présence, comme vous le faites, vous, mon Ange. Car, vous pourriez, combien plus valablement que moi, vous livrez aux jeux de l'esprit : vous n'auriez pas ce fronton impassable pour vous renvoyer vos balles ! Votre prière est votre action ; votre action est ouverture de l'âme, vacance, docilité et correspondance. De trois quarts tourné vers l'amour de Dieu, vous me réservez un profil avare, encore est-il tout nimbé de lumière surnaturelle, au point que, s'il m'était permis de l'apercevoir, je lui trouverais un flou de lune les veilles de mauvais temps.
Il est des instants où je voudrais que vous me considériez comme l'un de vos anciens compagnons perdus par le péché des origines, bien que d'une façon peu grave, et purgeant dans un corps la peine à laquelle il aurait été condamnée ou bien... simplement soumis à l'épreuve charnelle. J'avoue cette pensée avec le sentiment de frôler l'erreur. Effacez-la de mon livre. Elle sent le néo-cathare.
Sans vous abstraire de la contemplation de Dieu et me prenant pour ce que je suis, avec toutes mes duplicités, celle de la nature et celle de la malice surajoutée, pensez-vous un peu, aspirez ma vie pour l'amener contre la vôtre. Que ma petite lumière ne lâche pas l'orbite de votre scintillement ! Voyez-moi en Dieu ; obéissez-lui en moi. Je ne veux plus faire avec vous qu'un corps et deux âmes.
Retrouvant mon ingénuité d'enfant, ma spontanéité et les grâces qui figurent mes étonnements, je pourrais imiter Jean l'apôtre et me prosterner devant vous, mentalement émerveillé par la splendeur de votre état ; ce serait pour entendre l'avertissement de l'Apocalyspe : « Garde-toi de m'adorer : je suis serviteur, au même titre que toi »...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, 5e journée, Éditions Fleurus.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  L’ange de la sollicitude envers soi

Les parents veillent à ce que leurs enfants aillent bien, qu'ils aient suffisamment à manger et reçoivent une bonne éducation. Le chef a des égards envers ses collaborateurs, veillent à ce qu'ils aient un emploi qui leur convient et dans lequel ils ont plaisir à travailler. Tu te fais du souci lorsqu'un ami ne va pas bien et tu compatis. Tu t'occupes de celui qui te confie ses problèmes. Bref, tu es souvent à l'écoute des autres, disponible pour eux, mais tu t'oublies souvent toi-même et tu t'en aperçois lorsque tu es fatigué et que tu n'as plus du tout envie de venir en aide aux autres. Ou bien lorsque tu deviens susceptible et ne supportes plus la critique, ou encore quand tu te mets à pleurer dès qu'un obstacle se dresse sur ta route. C'est alors que tu as besoin de l'ange de la sollicitude envers toi-même.
L'ange ne fronce pas les sourcils en t'exhortant à te préoccuper de toi. Il t'invite plutôt à penser aussi à toi de temps en temps, à réfléchir à ce dont tu as besoin et qui te fait du bien. Il te donne bonne conscience quand tu t'accordes parfois quelques instants pour simplement t'asseoir, pour lire un livre ou faire une promenade.
A chacun de nous, l'ange de la sollicitude envers soi dit : « Tu es important, mais tu n'es pas corvéable à merci. Tu n'es pas Dieu qui peut se dépenser sans compter. Tu as des limites. Tu as besoin de prendre du temps pour toi-même afin que ta source intérieure jaillisse à nouveau. Tu ne peux pas y puiser jusqu'à la tarir. Elle coule à son rythme et ne te fournit assez de force que si tu t'y adaptes. Mais si tu l'assèches, elle ne peut plus te régénérer. Veille à ce qu'elle bouillonne toujours en toi et traite-la avec précaution. Prends soin aussi de toi-même, de ton âme et de ton corps. »
Saint Benoît ne cessait de recommander au moine cellérier d'être attentif à son âme. Cette recommandation ne venait de nul autre que de l'ange de la sollicitude. Veiller à son âme, c'est être à l'écoute de ses sentiments. (...) L'ange de la sollicitude entre (...) en jeu : « Occupe-toi bien de toi, prends bien soin de toi afin de pouvoir continuer à prendre soin des autres avec plaisir... »

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  Les anges, qui sont-ils ?

Dans la Tradition chrétienne, les anges sont des créatures : ni dieux, ni demi-dieux, ils sont, comme les hommes, le fruit de la volonté amante de Dieu. Le Credo exprime la foi en Dieu « Créateur de l'univers visible et invisible » : les anges s'inscrivent dans cet univers des réalités non matérielles. Reprenant cette affirmation, le 4e concile du Latran (1215) professe explicitement la création des anges par Dieu. Mais, s'ils sont des créatures, ils sont, contrairement aux hommes, définis comme purs esprits. Même si des théologiens ont réfléchi à partir de l'Écriture à des définitions dogmatiques sur les subtilités de la nature angélique - jusqu'à spéculer sur une éventuelle identité sexuée... -, il est difficile, sinon impossible de se faire une idée juste des anges et plus encore de bien parler d'eux : ce sont des êtres purement spirituels. Seule la foi en révèle l'existence. Saint Thomas d'Aquin lui-même, surnommé pourtant « le docteur angélique », disait à la fin de sa vie que personne ne pouvait connaître absolument ce qu'ils sont, lui qui concluait déjà, dans sa Somme théologique, que « les substances angéliques étant supérieures à notre intelligence, celle-ci ne saurait les appréhender selon ce qu'elles sont en elles-mêmes » (Ia, q.50, art.2).
Que font-ils ? S'il est difficile de définir précisément ce que sont les anges en eux-mêmes, observer leur activité ou rendre compte de leurs fonctions, telles qu'elles sont consignées dans l'Écriture, permet de mieux cerner ce qu'ils représentent pour la foi. Comme le note saint Augustin, « d'après ce qu'il est, c'est un esprit, d'après ce qu'il fait, c'est un ange » (Commentaire du Psaume 103 1, 15). Les anges ont d'abord pour vocation d'adorer Dieu comme le chantent de nombreux psaumes : « Louez-le, tous ses anges... » (Ps 148).
Surtout, les anges - le nom signifie en grec « messagers », traduction de l'hébreu malak - sont principalement envoyés auprès des hommes Dans les moments d'épreuve et de souffrance, ils viennent guérir et réconforter...

Antoine Bellier, « La Croix », n° 38471.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  13 mai - Notre-Dame de Fatima
Un centenaire : 1917-2017


C'était un dimanche. Après être allés à la messe de l'église de Fatima en compagnie de toute la famille, les trois petits bergers libérèrent les brebis pour les conduire au pâturage. Ils choisissaient eux-mêmes le lieu, et à cette époque de l'année ce n'était pas difficile, car au plus fort du printemps la nourriture était abondante en tous lieux. Bien qu'encore petits, ils comprenaient bien le Psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. »
Ce jour-là, Lucie choisit un terrain de ses parents, la Cova da Iria. Ils se dirigèrent là, sans hâte, laissant les brebis paître le long du chemin. Une fois arrivés, pendant que les brebis paissaient tranquillement, les trois commencèrent à construire un petit muret autour d'un groupe d'arbustes, au lieu où plus tard fut élevée la basilique dédiée à Notre-Dame du Rosaire. (...).
Ce jour du 13 mai 1917, enveloppée de lumière et de paix, douce comme la rosée tombant sur l'herbe, mère soucieuse du bien de ses enfants qu'elle voit en danger, apparaissait à Fatima la Très Sainte Vierge, remettant à trois enfants innocents un message de salut pour le monde et révélant qu'elle venait du Ciel. Face au matérialisme athée du communisme naissant, le Ciel projeta sur l'humanité un faisceau de lumière pour l'illuminer dans la nuit épaisse qui menaçait de l'envelopper entièrement. Lorsque le monde fermait les yeux au surnaturel et tournait le dos à Dieu, la Mère de Dieu et des hommes vint prévenir du péril imminent et montrer la manière de l'éviter, en demandant prière et conversion.
Ce fut silencieusement que tout commença.
Mais à partir de ce jour, ce lieu inconnu commença à attirer les regards de toutes les couches sociales, étant comme le fut Jésus, un signe de contradiction (Lc 2, 34). Et aujourd'hui, toutes les routes mènent à Fatima.
Ce même jour, 13 mai, était consacré évêque, à Rome, le prêtre Eugenio Pacelli, qui deviendrait le pape Pie XII (en 1939)...

Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, Éditions du Parvis.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  4 juin – Pentecôte
L'hôte inconnu


Esprit Saint, comment te nommer,
toi qui te caches tant,
toi qui n'as pas de visage,
toi qui n'es ni le Père ni le Fils
mais leur amour ?

Je ne t'appellerai pas « consolateur »,
car c'est un mot qui s'est dévalué dans nos langues.
Tu es bien davantage : tu es le repos dans le travail.
Tu réunis en toi les choses qui s'opposent.
Tu es présent jusque dans mes sensations
pour les purifier, et jusque dans mes pensées
pour leur donner une chair.

Esprit Saint, toi qui es
l'inspirateur de tout ce qui commence,
toi qui donnes la patience dans les retards,
toi qui nous aides à recommencer sans cesse,
toi qui nous permets de finir,
sois l'hôte invisible,
l'hôte inconnu de toute l'histoire humaine !

Toi qui est la douceur de ce qui est fort
et la force de ce qui est doux,

Toi qui sais qu'il y a des mots
qui ne se prononcent pas,
toi qui es la voix de nos silences,
le gémissement de nos prières,
sois notre re-créateur !
Viens Esprit Créateur, re-créateur.

Jean Guitton, Œuvres complètes, tome 6, Éditions Desclée de Brouwer.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  13 juin - Saint Antoine de Padoue
Le docteur évangélique


Antoine de Padoue n'était pas italien, comme on pourrait le croire, mais portugais. Né à Lisbonne en 1195, il entra d'abord chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin. Puis il découvrit les Frères franciscains et il devint l'un d'eux du temps même de saint François d'Assise. Comme celui-ci, il désira prêcher l'Évangile aux Infidèles et il aspira aux martyre. Il partit pour le Maroc, mais sa santé l'obligea à faire demi-tour. Il se réfugia dans un ermitage, où il aurait désiré rester ; or, sa valeur intellectuelle et ses dons de prédicateur ayant été découverts, presque par hasard, on voulut les mettre à profit. Il enseigna la théologie à la demande de saint François. Puis, il vint en France, où il prêcha avec succès et fonda un couvent avant de revenir en Italie. Malade, il mourut à Padoue, en 1231, après avoir exercé des fonctions importantes dans son ordre. Il n'avait que trente-six ans.
Ce qui frappe surtout chez ce disciple de François d'Assise, c'est sa très grande popularité. En France, où il n'a pourtant passé que très peu de temps, on trouve sa statue dans de très nombreuses églises. D'où cela vient-il ? Très proche du peuple, lui un aristocrate de naissance, il n'a cessé, dans ses sermons, de fustiger les riches au cœur endurci, s'en prenant même à des dignitaires ecclésiastiques dont le train de vie s'éloignait par trop de l'esprit de l'Évangile. Par sa prédication, il savait atteindre le cœur de ses auditeurs. Ses sermons, tissés de citations de l'Écriture, lui valurent le titre de « docteur évangélique ».
De nombreux prodiges lui ont été attribués durant sa vie. L'un de ses frères en religion a même parlé à son sujet du phénomène de bilocation (qui consiste à se trouver en même temps à deux endroits différents). Sa découverte providentielle d'un manuscrit dérobé en a fait le saint que l'on prie pour retrouver un objet perdu. Des miracles reconnus authentiques qui ont suivi son départ de ce monde montrent qu'il a continué son œuvre de protecteur des pauvres et de propagateur de la Parole de Dieu...

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  Prier avec les petits

Jeunes parents, vous ne demanderiez pas mieux que de prier avec vos enfants. Mais concrètement, comment faire ? Et à quel âge commencer ?
Prier, c'est entrer en relation avec Dieu : Lui parler, L'écouter. C'est donc très simple... aussi simple que de parler avec un ami, d'autant plus que l'Ami en question est toujours disponible et qu'Il nous écoute avec une attention extrême et un amour infini. Mais c'est en même temps assez difficile parce que nous ne Le voyons pas avec nos yeux et que nous ne L'entendons pas avec nos oreilles. Et pourtant, Il est là. Dans toute prière, il y a ce que nous faisons - notre silence, nos paroles, nos gestes, nos distractions ou notre ferveur - et ce que Dieu fait. Or, c'est cela le plus important : ce que Dieu fait.
À partir de quel âge un enfant est-il capable de prier ? On peut poser la question autrement : à partir de quel âge un bébé commence-t-il à entrer en relation avec ceux qui l'aiment ? Dès sa naissance et même avant. Si la prière était une question de savoir-faire, on pourrait fixer un âge minimum : celui de l'acquisition de la parole, par exemple, ou celui de l'entrée au catéchisme. Mais la prière, nous l'avons dit, est une relation d'amour. Vous n'attendez pas que l'enfant soit capable de parler pour lui dire votre amour : eh bien, Dieu non plus ! Le problème, c'est que nous avons tendance à envisager la prière comme quelque chose d'abstrait ou comme une démarche à sens unique où seul compte ce que fait l'homme. Quand vous priez avec votre bébé (ou devant lui), Dieu agit réellement : Il regarde votre enfant, Il l'aime, Il se communique à lui.
Puisque l'enfant ne peut pas voir Dieu, comment va-t-il prendre conscience de sa présence ? En vous voyant et en vous entendant prier. Témoin de votre prière, il découvrira tout naturellement que Quelqu'un est là, à qui vous parlez et que vous écoutez en silence. C'est un peu comme lorsque vous téléphonez devant lui : avant même de savoir se servir du téléphone, il comprendra qu'il y a quelqu'un à l'autre bout du fil et que vous ne parlez pas dans le vide. C'est là que se situe la première approche de la prière, et la plus importante, bien avant que l'enfant soit capable de parler ou de faire un signe de croix.
Nos paroles et nos attitudes ont cependant leur importance, puisque ce sont elles qui vont nous aider à nous tenir en présence de Dieu : pour cette raison, l'apprentissage de la prière passe aussi par l'acquisition de mots et de gestes. Mais il en va du langage de la prière comme de la langue maternelle : il s'apprend par imitation, en écoutant et en répétant, d'abord maladroitement, sans toujours comprendre, puis de manière de plus en plus élaborée et réfléchie. Le petit qui vous entendra tous les soirs réciter le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie » n'aura jamais à apprendre ces prières : elles seront inscrites dans son cœur depuis toujours.
La valeur de la prière ne se mesure pas à l'apparence, ne l'oubliez jamais. Certains enfants sages se montreront particulièrement dociles et recueillis, entrant facilement dans ce que vous leur demanderez à l'heure de la prière. D'autres auront l'air de s'en moquer éperdument, ne tiendront pas en place et poufferont de rire tous les trois mots. Les seconds ne seront pas forcément moins pieux que les premiers. S'il ne faut pas se satisfaire de leur chahut, il ne faut pas non plus s'en inquiéter. Le but n'est pas d'en faire des enfants modèles, mais de les aider à se mettre en présence de Dieu. En général, nous leur apprenons plus en restant recueillis, plongés dans la prière, qu'en faisant de la discipline.
Il n'y a pas une seule bonne manière de prier avec un petit : il y en a autant que d'enfants. Il ne s'agit pas de reproduire chez vous ce qui se vit chez les autres, mais de trouver, pour chacun de vos enfants, ce qui lui permettra de grandir dans l'amour de Dieu. Même si vous pouvez glaner des conseils et des idées à droite et à gauche, en définitive c'est vous qui êtes les mieux placés pour choisir ce qui convient. Et cela évoluera au fil du temps : peut-être déciderez-vous, parfois, de remplacer la prière familiale par une prière avec chaque enfant, juste avant de dormir ; peut-être renoncerez-vous, pour un temps, à imposer quoi que ce soit à un petit chahuteur, vous contentant de prier devant lui ; mais peut-être aussi serez-vous conduits à prolonger un temps d'adoration silencieuse bien au-delà de ce que vous aviez prévu. Et vous découvrirez ainsi que, sur les chemins de la prière, ce sont bien souvent nos enfants qui nous entraînent.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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  Des appréciations

J'apprécie beaucoup cette revue. Pour moi c'est toujours un petit bonheur de la trouver dans la boîte aux lettres, un petit cadeau régulier ! Après chaque lecture, je me sens un peu plus forte, chaque article m'enrichit beaucoup, car cela est très utile de nos jours si difficiles, si incertains. ... Je vous souhaite une longue continuation pour votre œuvre. 63 - Que le livret « L'Ange gardien » nous soutienne ! Sa lecture nous accompagnera dans notre retraite forcée. 12 - Que votre revue continue à nous réconforter ! 25 - Je tiens à recevoir cette revue qui est source de joie et d'apaisement... Avec mes remerciements pour tous vos soins apportés à la parution de cette revue si précieuse que j'essaie de faire connaître. 65 - La revue est toujours très riche et nous parle d'actualités que nous ne trouvons nulle part ailleurs. Merci pour tout, sans oublier la page « humour » ! 92 - Que je vous dise le plaisir que j'ai à lire vos articles très enrichissants et réconfortants. 21 - Merci pour votre revue : j'en suis très contente. 85 - Pas d'accord pour réduire la page « humour » ou « brindilles ». Nous avons le « Je vous salue Marie », prière de tous les saints. N'est-ce pas suffisant ? 78 : réaction à une suggestion parue dans le n° 1.2017 à la page 55, A.C.

Merci beaucoup pour la qualité de votre revue. C'est merveilleux de s'y plonger et de découvrir vos articles passionnants. Paris 3e - Un grand merci pour votre documentation sur les livres. Je me fais offrir la biographie de Sœur Lucie de Fatima. Un grand bonheur à lire certainement. 22 - Merci pour votre action concrétisant pour les lecteurs une composante du gardiennage angélique à leur égard. 96 - Toujours heureuse de recevoir la revue, si dense dans tous ses articles. Avec émotion je lis « il y a 100 ans »... la Grande Guerre... et maintenant hélas des poèmes tristement d'actualité dans d'autres parties du monde... La paix ne se trouvera qu'à travers la prière de part et d'autre. 12 - Merci de tous ces beaux textes qui font du bien à l'âme. 24 - Merci bien de nous connecter à la Parole du Seigneur et aussi à ce que dit d'important notre bon pape François sans commentaire de presse qui est souvent déformant... Notre pape est bien... 79 - J'ai lu avec beaucoup d'attention, dans le n° 1.2017, « priorité à la prière ». Je partage pleinement ces pages 46 à 48 : c'est l'attitude à avoir pour trouver la force dans l'action quotidienne. 35.

Merci pour cette revue qui élève notre âme. 53 - Merci pour votre revue spirituelle sur nos amis du Ciel, les saints Anges. Je la lis avec attention à chaque réception. 85 - Petite revue toujours si bienvenue et qui m'accompagne au long des jours. 83 - Merci pour votre « lettre » dans la revue et tous les bienfaits qu'elle apporte en la lisant. 66 - Cette merveilleuse petite revue dont je ne saurais pas me passer. 56 - Surtout ne réduisez pas la page « humour » : je fais rire ou sourire tous mes amis ! 13 : réaction à une suggestion parue à la page 55 du n° 1.2017 A. C.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2017.


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