Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2014

n°1-2014 - janvier-février     n°2-2014 - mars-avril     n°3-2014 - mai-juin
n°4-2014 - juillet-août     n°5-2014 - septembre-octobre     n°6-2014 - novembre-décembre

2014 : n°3 - mai-juin

  Cette Sainte des saintes

Unique sur terre, cette Sainte des saintes est sans péché (...). Cachée sous la banalité humble de la vie commune : des besognes, des vêtements, du logis, dans le terre à terre quotidien, circulait une sainte de type édénique. Marie existe essentiellement pour Dieu, pour fournir à ce grand amant des âmes, à ce créateur de sainteté, un mode particulier et privilégié d'adoration réceptrice. Elle est l'unique spectacle d'âme humaine sur lequel Dieu ait pu poser son regard et refléter sa face. C'est à cause de la seule Immaculée que les intentions de condescendance de Dieu sur l'homme ne sont point définitivement bafouées par l'homme. Créature ultérieure et née au temps déchu, Marie reste néanmoins le recommencement isolé du destin de l'Eden. Désormais réservée à une personnalité unique, la Mère de son Fils incarné, l'Immunité initiale n'est plus prodiguement éparpillée dans le droit commun d'une espèce humaine qui n'en a pas voulu d'autre.
Dieu vu par nous est peut-être essentiellement une expansion de bonté. En face de cette expansion et préparée pour la recevoir, Marie est le Vase insigne de dévotion. C'est à peu près tout ce que nous pouvons dire de cette immensité. Nous ne sommes plus que des déchus, des concupiscents, des souffrants, des mortels. Comment osons-nous parler d'elle ? (...)
Nous autres, catholiques, une grande chance nous est accordée entre toutes nos chances : nous ne pouvons lever nos cœurs en haut, les maintenir au Seigneur, qu'ils n'y trouvent l'accueil d'une présence étrange : une effusion, une douceur, une mansuétude féminine, une sorte de tendre parenté humaine sur le visage de l'Éternité.
Le véritable Christianisme est une étonnante descente de Dieu vers l'homme. Nous n'avons pas seulement affaire à une Toute-Puissance strictement théiste, toute remplie de l'énormité de Dieu. Pas seulement même à notre Christ, ce grand humilié de l'amour des âmes, ce Dieu qui est l'un de nous. Il faut ajouter quelque chose encore : une incroyable nuance maternelle au sein de l'Absolu.
Nous n'avons pas à craindre de jamais exagérer la grandeur spirituelle de Marie...

Joseph Malègue (1876-1940), Pénombres, Paris, Spes, 1939.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2014.


  Le premier regard

D'unanimes applaudissements saluèrent notre arrivée et se prolongèrent surtout dans le chœur où l'âme dont je suis l'ange gardien vint prendre place. Elle s'assit à mes côtés.
Anges et âmes la félicitèrent de son exaltation. Ceux qui lui étaient supérieurs s'inclinaient jusqu'à elle par amour, et ceux qui lui étaient inférieurs se montraient heureux de la voir si honorée.
Quelles furent ses impressions à ce premier regard qu'elle promena autour d'elle dans l'infini ? Elle semblait vouloir en sonder les profondeurs, allait à la découverte et voyait à chaque pas se révéler de nouveaux secrets.
Quel ravissement à l'apparition de ce monde glorieux où sont distribués avec tant de variété les chœurs et les hiérarchies ! Le ciel est à ses yeux une rose d'incommensurable grandeur dont les élus sont les feuilles, le Rédempteur la tige et Dieu la vie.
Quels transports, en voyant accourir ceux qu'elle avait connus et aimés durant son pèlerinage, ceux qui lui avaient été unis par les liens du sang ou de l'amitié !
Quelle émotion, en arrivant aux pieds de cette incomparable Reine, si élevée au-dessus de tous par sa dignité et sa gloire, mais si rapprochée de chacun par sa condescendance et sa bonté !
Quelle extase, quand elle est pénétrée des rayons divins qui partent des cicatrices de Jésus et lui forment un manteau de lumière !
Quelle vie enfin dans une âme tout à coup transportée au centre de l'infini et y puisant pour la première fois, à leur source, la joie et les délices !
Une langue seule pourrait exprimer ce qu'elle ressentit dans cet instant, la langue que Dieu se parle à lui-même intérieurement par son Esprit et son Verbe.

D'après Mgr G. Chardon, Mémoires d'un ange gardien, Librairie Catholique, Clermont-Ferrand, 1873.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2014.


  Bon regard et mot juste

Je te souhaite l'ange de la louange. En disant cela, je pense à un art particulier. En effet, faire l'éloge de quelqu'un implique de l'honnêteté, de l'humilité et, surtout, la capacité de percevoir qui est l'autre exactement, ce qu'il signifie pour toi et la communauté. C'est en adoptant une telle attitude que tu peux mettre des mots sur ce qui te plaît en lui.
Puisse l'ange de la louange te faire don du bon regard et du mot juste. Puisse-t-il orienter tes yeux vers l'artisan de tous les biens, vers Dieu, celui qui t'a offert la vie et qui, jour après jour, te dispense ses bienfaits. La louange te fera voir le monde dans une autre lumière et animera ton âme, car la louange correspond à l'essence même de ton âme.

- transformer la souffrance -

Nous vivons à une époque où nous sommes censés refouler la souffrance. Et c'est précisément à cause de cela que l'ange de la compassion nous est nécessaire. Je souhaite qu'il donne des ailes à ton âme, qu'il l'entraîne à vibrer au diapason de ceux qui souffrent autour de toi.
De tout mon cœur, je souhaite que tu sois en empathie avec la peine de ton voisin, que tu puisses la partager et que tu l'aides à trouver une issue pour sortir de sa détresse. Ne te laisse pas attirer vers le bas par les difficultés de ton prochain, mais fais en sorte que ta compassion le transforme, que ses soucis deviennent des bénédictions, et qu'il puisse emprunter le chemin d'une vie nouvelle.

- le bonheur du partage -

Partager avec les autres fait partie de notre vie. Notre vie n'est fructueuse que dans un échange mutuel. Si nous nous fermons aux autres, nous nous isolons nous-mêmes.
Je te souhaite l'ange du partage qui te donne le courage de vivre ta vie en solidarité avec les autres. Tu découvriras alors avec joie que tu en tires une récompense abondante. Car si tu es prêt à partager, les autres partageront aussi leur vie avec toi et tu auras alors part à la multiplicité et à la richesse des hommes.

Anselm Grün, o. s. b., Le petit livre des anges, Salvator, 2010.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2014.


  Dans le Nouveau Testament (3)

Même invisibles et non mentionnés dans les récits, nous sentons la présence des anges tout au long du ministère de Jésus et, plusieurs fois, il en fait mention, notamment devant Nathanaël :
"En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le Ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'Homme." (Jn 1, 52).
Cette certitude sur laquelle il insiste : "en vérité", est intéressante par la priorité du mouvement qu'elle donne. Les anges "montent, puis descendent", cela veut bien dire qu'il faut les voir, en premier, autour de nous, parmi nous, dans notre monde créé dont ils font partie, et pas figés au Ciel.
On sent qu'ils sont là et qu'à tout moment, Jésus pourrait faire appel à eux. Mais Jésus s'y refuse. Il doit assumer, seul, sa mission de Messie, sa mission de Salut. C'est seulement à Gethsémani, au jardin des Oliviers, alors que les Apôtres dorment, qu'un ange s'approche sur la pointe des ailes, pour le réconforter, le consoler, l'assister au plus profond de son agonie (cf. Lc 22, 43). Mais, respectueux du dessein de Dieu, il n'intervient pas pour le sauver ; compatissant, il n'apporte à Jésus que sa présence silencieuse, lui redonne les forces intérieures nécessaires pour faire face aux souffrances qu'il pressent. Il ranime le courage dont il a besoin pour se conformer à la volonté de son Père, à l'issue du combat spirituel qu'il mène... Et Jésus, d'un pas raffermi, s'en va vers son destin. On voit là que les anges sont aussi engagés "dans le drame de l'œuvre rédemptrice".
Si les artistes ont maintes fois représenté les anges éplorés autour de la Croix, comme ils devaient l'être sans doute, les Évangiles n'en parlent pas. Nous les retrouvons seulement au tombeau !
Il y a l'ange qui roule la pierre : "L'ange du Seigneur descendit du Ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit. Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige." (Mt 28, 2-3) Le tombeau s'ouvre à la lumière... Une invite, pour nous aussi, à ouvrir ceux de nos rêves morts, de nos déceptions, de nos peines trop lourdes, pour laisser pénétrer la Lumière dans nos cœurs obscurcis...

Nicole Timbal, Les Anges, messagers de lumière, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2014.


  La communion des saints (2)

Sommes-nous inclus dans la communion des saints ?
Le mot "communion" signifie "union avec". Par ce mot nous signifions que cette union existe entre toutes les âmes où l'Esprit Saint, l'Esprit du Christ a fait sa demeure. Cette communion nous inclut nous-mêmes en tant que membres de l'Église qui est sur la terre.

Qu'est-ce qui nous unit ?
Nous sommes d'abord unis au Christ par son Esprit qui habite en nous. C'est parce que chacun de nous est uni au Christ que nous sommes unis les uns aux autres. C'est parce que nous sommes membres du Corps du Christ que nous sommes membres les uns des autres. Ce n'est pas d'abord une fraternité horizontale, comme celle qui pourrait résulter de l'appartenance volontaire à une association ou à une société. Nous ne sommes pas frères parce que nous nous sommes choisis mutuellement, nous sommes frères parce que le Christ nous a choisis et incorporés à lui par le baptême.

Qu'est qui nous est commun ?
Avant tout, la vie de Dieu qui nous a été donnée dans le baptême. Comme toutes les branches et les feuilles d'un arbre sont nourries par la même sève, comme tous les membres d'un corps sont irrigués par le même sang, tous les membres de l'Église sont habités par le même Esprit de Dieu, sont vivifiés par la même vie de Dieu, par Dieu lui-même.

Comment cela se traduit-il ?
Cela se traduit d'abord par la communion dans la même foi. La foi n'est pas l'adhésion subjective à des convictions personnelles qui seraient plus ou moins partagées à des degrés divers par un certain nombre de personnes ; c'est la foi de l'Église. Elle nous précède, c'est le précieux dépôt reçu des apôtres. Tous ceux qui adhèrent à ce dépôt sont les fils de l'Église.
Cela se traduit aussi par la communion aux mêmes sacrements, au baptême tout d'abord, qui est la porte par laquelle nous entrons dans l'Église. Mais au-delà du baptême, tous les sacrements sont des liens qui nous unissent à Jésus-Christ et qui donc fortifient nos liens avec les autres.
Cela se traduit aussi par la communion des charismes. La constitution Lumen Gentium enseigne que l'Esprit Saint distribue aussi parmi les fidèles des grâces spéciales, appelées charismes, qui leur sont données pour l'édification de l'Église (Cf. LG 12). "A chacun, la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun." (1 Co 12, 7).
Enfin, la communion des saints est une communion dans la charité. "Nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même." (Rm 14, 17). "Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l'honneur ? Tous les membres se réjouissent avec lui. Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part." (1 Co 12, 26-27).
Ainsi, le moindre de nos actes fait dans la charité profite à tous, comme tout péché nuit à la communion. Cela fonde entre tous les membres de l'Église une solidarité, une charité extrême.

Cette solidarité s'étend-elle aux vivants et aux morts ?
Tous ceux qui sont au Christ communient au même Esprit et constituent une seule Église. Au n°49, la constitution Lumen Gentium nous parle de trois états de l'Église : "En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges, et que la mort détruite, tout lui soit soumis, les uns, parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage, d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore. D'autres enfin dans la gloire contemplent dans la pleine lumière, tel qu'il est, le Dieu un en trois personnes."
Parce qu'ils sont intimement unis au Christ, les saints, c'est-à-dire ceux qui contemplent déjà la face de Dieu dans la gloire, contribuent à établir plus fermement la sainteté de l'Église. Ils se souviennent de nous, ils intercèdent pour nous auprès de Dieu, ils offrent "les mérites qu'ils ont acquis sur cette terre par l'unique médiateur entre Dieu et les hommes qui est le Christ" (LG 49) et il nous est donné de bénéficier de ces mérites. C'est ainsi qu'en mourant, saint Dominique pouvait dire à ses frères : "Ne pleurez, pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie." (Catéchisme de l'Église Catholique 956...). [...]
Dans sa profession de foi solennelle, le pape Paul VI ajoutait encore ceci : "Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église. Et nous croyons que dans cette communion, l'amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l'écoute de nos prières." (CEC 962)

Mgr Raymond Centène, Le catéchisme expliqué, Artège, 2012.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mai-juin 2014.


et beaucoup d'autres articles... !


Mentions légales       © L'Ange gardien 2014-2017. Tous droits réservés.