Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2018

n°1-2018 - janvier-février     n°2-2018 - mars-avril     n°3-2018 - mai-juin
n°4-2018 - juillet-août     n°5-2018 - septembre-octobre     n°6-2018 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en mars 1918

Le Carême est un temps de pénitence.
Le Carême est aussi le temps des bonnes œuvres : prière, charité sous toutes les formes, fréquentation des Sacrements.
Combien de chrétiens qui, en se gênant un peu, pourraient assister le matin au saint sacrifice de la messe et obtenir des grâces de choix pour eux et leur famille !
Combien pourraient, avec un peu de bonne volonté, assister aux pieux exercices du soir, prière, lecture ou prédication suivie du Salut du Saint Sacrement, et alimenter ainsi leur piété des idées surnaturelles recueillies à l'église ?
Les pauvres sont nombreux : qui leur vient en aide en esprit de foi se ménage les grâces de Jésus ! Il faut voir Jésus dans le pauvre, lui tendre la main comme on le ferait à Jésus lui-même.
Il y a des âmes abattues par le malheur, des cœurs ulcérés par la souffrance : trouvons le moyen de verser une consolation dans ces âmes.
La pénitence, la prière, les bonnes œuvres sont une monnaie que nous offrirons abondante par saint Joseph et les saints Anges pour apaiser la divine Providence.

en avril 1918

La résurrection de Jésus-Christ doit être pour nous une pensée de joie et de fierté : notre Chef se redonne lui-même la vie et sa résurrec¬tion est le gage de la nôtre.
Livrons-nous à ces joies, puisons-y les grâces précieuses qui y sont attachées : celles d'une foi plus vive dans les enseignements de la religion, d'une admiration et d'un amour reconnaissant plus sensibles pour le Dieu qui a voulu racheter nos âmes à un prix si considérable, d'un zèle nouveau à remplir nos devoirs pour mériter cette patrie céleste dont par son sang il nous a ouvert les portes.
Saints Anges, élevez nos cœurs vers la patrie bienheureuse !

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Se retirer dans sa chambre

Demeurer dans le silence en présence du Père... C'est ce que Jésus enseigne dans le sermon sur la montagne. Une voie intime qui nous conduit à découvrir l'oraison.
De tout ce qui a jamais été écrit sur la prière, l'Évangile reste ce qu'il y a de plus sûr. Au long des pages, Jésus nous révèle combien elle est importante et efficace. Ce qu'il nous enseigne par sa parole, il nous le montre d'abord par son attitude. Il ne nous apprend pas seule¬ment à prier par des mots mais par ses propres gestes de priant. En lui, le Verbe de vie fait chair, chaque prière est une parole et chaque parole est une prière.
L'une de ses phrases majeures se trouve au cœur du sermon sur la montagne : « Toi quand tu pries… ne te donne pas en spectacle... Retire-toi dans ta chambre. Ton Père qui est là, voit ce que tu fais dans le secret. » Mais Jésus avait-il seulement une chambre, lui qui n'avait même pas un oreiller où faire poser sa tête (Lc 9, 58) ? Il avait mieux que cela. Il était partout en son Père. Partout, il vivait de cette communion. C'est pour cela qu'il a prié au seuil des moments les plus importants de son ministère, à l'écart, loin du bruit, sur la montagne, très souvent pendant la nuit, faisant de sa prière une lumière qui éclaire le monde.
« Retire-toi dans ta chambre. » C'est de cette façon que Jésus nous dit que la prière n'aime pas le bruit. Parce que Dieu est Parole, l'oraison a besoin de silence. Se mettre à l'écart montre que la prière est un choix. Celui qui prie consent à y consacrer du temps dans un lieu qui y est favorable. La véritable chambre est au-dedans de nous. Grégoire le Grand dit de saint Benoît qu'« il habitait avec lui-même ». Il n'y a aucune allusion à la moindre introspection dans ces paroles, mais l'assurance que notre « chambre » est intérieure, là où l'Esprit se donne et donne la vie. L'expérience la plus certaine de Dieu ne vient pas des livres, mais de la prière. Celui qui se retire dans sa chambre intérieure le sait bien. L'autre façon de prier - se donner en spectacle - ne vise pas le Père, mais soi-même et l'esprit du monde, confus et sans limite. Il y a donc deux façons de prier. Ou bien aux yeux des hommes, mais pas pour eux. Ou bien aux seuls yeux du Père et pour les hommes.

C'est si vrai que même quand « tout le monde le cherchait » (Mc 1, 37) Jésus s'est « retiré dans sa chambre ». C'est dire que la prière a priorité sur l'action. Aucune action ne conduit au Père si elle n'est pas fondée sur la prière. Tel est le sens des paroles de Jésus, comme d'ail¬leurs de tout son ministère et de toute mission en son nom dans l'Église.
Enseignant sur la montagne, Jésus devient le nouveau Moïse. Celui-ci avait rencontré Dieu sur le Sinaï, dans le fracas des éclairs et du tonnerre. Moïse avait donné à Israël les Tables de la loi. Du cœur de la nuée obscure, Dieu parlait à Moïse « face à face, comme un homme parle à son ami » (Ex. 33, 11). Ce qui était le privilège de Moïse est désor¬mais donné à tous en Jésus, nouveau Moïse.
L'enseignement de Jésus révèle que la prière est un cœur à cœur avec Dieu, une amitié, une relation personnelle et immédiate avec le Père. Ce « Toi quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, et prie ton Père qui est là dans le secret » devient la vocation de tout homme et de toute femme appelés par Jésus à entrer dans la communion du Fils avec le Père.

Pratique de l'oraison.

« Toi quand tu pries... Retire-toi dans ta chambre. » Recherche le silence. Ferme la porte. Sur les bruits, extérieurs, mais surtout intérieurs, qui sont souvent les plus assourdissants : tes peurs, tes doutes, tes scru¬pules. N'y crois pas. N'emporte surtout pas ton téléphone mobile avec toi.
N'aie pas peur des distractions. Elles aident à prier bien plus qu'on ne le croit généralement. Nous prions là où nous en sommes, de notre vie, de notre journée. Nous prions au cœur d'une histoire en cours, bien réelle, bien vivante. Alors, les distractions sont autant d'intentions de prière qui ne disent pas leur nom, La pire et la plus vaine de toutes serait de ne pas vouloir de distractions, comme si nous étions affranchis des contingences de notre histoire.
« Ton Père est là dans le secret. » Ce Père, que Jésus a prié dans l'Esprit Saint et dont on ne peut dire le nom sans ce même Esprit, est là. Crois seulement. (...). Prie le matin, et prie le soir. Et beaucoup entre les deux.

Ludovic Lécuru, o.s.b., Jésus, maître de prière, « Prier », hors-série n°97.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Notre-Dame du Carême

Dès le Mercredi des Cendres, nous regardons en Marie la justice plus parfaite que celle des scribes et des pharisiens, c'est-à-dire l'accord qu'elle a toujours donné à la volonté de Dieu ; sa manière de prier, d'aimer, de jeûner en parfaite fille et mère de Dieu ; la transparence de son cœur pleinement réconcilié dès sa conception par le Christ. Dimanche après dimanche, nous lui demandons de savoir contempler Jésus au départ, Jésus transfiguré, Jésus donnant l'eau vive à la femme de Samarie, Jésus guérissant l'aveugle-né, Jésus ramenant à la vie son ami Lazare. Avec elle nous nous laissons conduire sur un chemin de liberté et de vie par son Fils qui va ressusciter en traversant la passion et la mort.
Notre état de pécheur ne lui fait pas peur. Elle est « plus jeune que le péché » (G. Bernanos), puisqu'elle en a été libérée au moment même où elle commençait d'exister. Nous devons nous approcher avec elle du sacre¬ment de la Réconciliation et de la Pénitence. Elle nous accompagnera comme une mère accompagne son fils au médecin. Elle nous délivrera de la honte d'avoir à nous reconnaître pécheurs devant le prêtre. Nous lui demanderons de nous obtenir le vrai repentir et la paix du cœur qu'ap¬porte le pardon de Dieu. Si nous vivons le carême avec Marie, nous découvrirons qu'il n'est pas un temps triste. Certes il est un temps où nous faisons la vérité sur nous-mêmes et sur le monde où nous vivons. Mais elle nous aidera à le vivre avec joie. Car elle nous apprend que vivre dans la vérité est la vraie cause de la joie, parce la vérité est la source de la liberté et de la vie. Elle a été la femme libre et vivante par excellence. Elle est par là la femme du carême, parce que le carême est un chemin de liberté et de vie avec le Christ, chemin qu'elle a parcouru parfaitement elle-même et qu'elle veut nous aider à parcourir.

Sainte Marie, tu es Notre-Dame du Carême. Nous ne savons pas comment tu as vécu cette montée de Jésus ton Fils à Jérusalem où il devait mourir et ressusciter. Mais nous avons la certitude que tu l'as vécue d'une façon unique. Dans la foi, l'espérance, l'amour. Nous sommes heureux de vivre ce carême avec toi...

Mgr Raymond Bouchex, Marie au fil de l'année liturgique, Parole et Silence, 2008.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Illumination (3)

Mon Ange, comment pourrait-on vous appeler « gardien » si votre vigi¬lance ne s'exerçait surtout dans les dangers et par les sauvetages ? Est-ce que l'ange-cicerone de Tobie ne sauva pas le jeune homme du requin ?
Je veux, quant à moi, forcer encore s'il se peut le plein-emploi de votre surveillance. À celui qui erre cherchant à dévorer, opposez la lumière qui aveugle les bêtes de nuit. Voici la clé de mon bungalow : gardez-la par devers vous, je pourrais la perdre (cela m'est arrivé dans le passé). Si vous êtes en sentinelle sur mon seuil, comment l'ange ravageur entrerait-il chez moi ? A moins d'avoir des intelligences dans la place... et soyez sûr qu'il en a. Mon régime intérieur se nomme « démocratie » et je ne peux m'assurer à tout instant de chacun de mes ministres. Certains demeurent intègres ; d'autres se laissent corrompre. Alors, à quoi sert votre épée tournoyante, si la félonie tourne la garde ? Je deviens mon propre ennemi, je pactise avec ses espions, je rejoins ses souterrains sans cesse recreusés. Le domaine, foré de galeries, ressemble à une termitière que le moindre bronchement du sol va effon¬drer. Votre adversaire circule partout, appelé par le résident lui-même ou quelqu'un de son conseil.
Entrez, mais entrez donc ! Je vous en fais prière. Chassez et pourchassez, vous qui êtes de la race des fustigeurs de Dieu ! Que je sois renfrogné, passif ou résistant, passez outre ! Puisque je vous déclare que je ne serai plus dans mon bon sens, que je n'aurai plus ma liberté, que je serai envoûté. Croyez-moi, tant que je suis en possession de mon contrôle. « Tout ce que je proférerai sous la torture, disait cet évêque persécuté, n'en tenez pas compte. Écoutez l'avertissement que je vous donne dans la liberté provisoire où je me trouve ». Qu'il en soit de même pour moi, mon Ange. Remplissez, en toute circonstance, votre office et que le mieux s'ensuive !
Préservez-moi particulièrement : du démon de midi, du nœud de vipères, de la peste, du diable au corps, de la via mala, des mains sales, de l'imposteur, de toutes les nourritures terrestres, voire de la puissance et la gloire, de zéro mais non de l'infini et accordez-moi finalement les clés du royaume...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  L'ange qui laisse du temps

... Le prêtre voudrait savoir tout de suite si je vais pouvoir aider à la kermesse, ou si je vais prendre un groupe en charge pour la prépa¬ration à la confirmation. Tout va trop vite pour moi et il arrive que cette tension constante me fasse faire de mauvais choix. Je dis oui, par exemple, alors que j'aurais voulu dire non, et je m'irrite alors de m'être laissé embobiner une fois de plus.
La plupart du temps, nous nous mettons la pression nous-mêmes. Dans ces cas-là, faisons appel à l'ange qui va nous dire : « Prends le temps ! Ne te bouscule pas. Tu ne devrais pas laisser les autres te dicter ce que tu dois faire ni quand tu dois le faire, le moment où tu dois prendre une décision. Tu n'es pas là pour répondre à toutes les attentes des autres et tu ne dois pas non plus te stresser. Sois toi-même. Donne-toi du temps. C'est ta vie. Autorise-toi à être là, simplement. »
Si tu sens la pression te gagner, fais une pause et invite l'ange. Parle avec lui, écoute-le et sois attentif à son conseil : « Pourquoi te mets-tu donc sous tension ? Que veux-tu faire après ? Tu dis que tu voudrais enfin pouvoir te reposer. (...) ... Ne te laisse pas bousculer, sois totalement à ce que tu es en train de faire. » Si tu suis ce conseil de l'ange, le temps lui-même va devenir un ange, il va te mettre des ailes et t'appartenir. Tu n'auras pas besoin de rendre compte du temps qu'il te faut pour accomplir telle ou telle tâche. L'ange va t'offrir une liberté intérieure et ce moment dont il va te faire cadeau, tu vas le vivre comme un bienfait. Tu pourras t'accorder le temps de lire sans compter le nombre des pages que tu vas parcourir en une demi-heure. Et une fois terminée cette pause lecture, tu n'auras pas à te dépêcher d'aller faire les courses. Laisse-toi guider par l'ange, ta journée sera agréable et tu pourras faire une foule de choses. Et le soir venu, en signe d'approbation, l'ange te dira : « Tu as bien rempli ta journée. Suis-moi demain encore et tu verras que tu es bien plus productif que si tu te stresses toi-même ou si tu laisses les autres te mettre sous pression. »

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Le rôle des anges

Il convient de distinguer le rôle des bons anges et celui des « mauvais » dans notre vie spirituelle. Pour ce qui est de l'ange gardien, (...), Benoît XVI disait qu'il est le « ministre de la sollicitude divine pour chacune et chacun », aussi bien spirituellement que matériellement. Ainsi, si l'on peut invoquer son ange gardien pour trouver une place de parking, sa mission est avant tout de nous conduire à notre destination finale : la sainteté et la vie éternelle ! Bossuet écrivait au sujet des anges gardiens : « Des disciples du Christ, ils veulent en faire des saints. Ils initient les âmes aux mystères de Dieu, ils les éclairent de la lumière éternelle et leur apprennent la science des choses divines. L'ange prête au fidèle qui prie ses ailes pour l'élever, sa force pour le soutenir, sa ferveur pour l'animer. »
L'ange gardien tient sa place d'adoration devant la face du Père. Il prie donc pour nous et avec nous. Le philosophe Jacques Maritain invitait Jean Cocteau, qui avait quitté la pratique religieuse, à « reprendre son banc à l'église » ; et d'ajouter : « votre gardien garde la place, il écrit tous les matins votre nom sur le prie-Dieu. » L'ange gardien nous conduit et, parfois aussi, nous corrige sur ce chemin de sainteté. Péguy confiait à son ami Lotte : « J'ai un ange gardien incroyable... Trois fois, je l'ai senti m'empoigner, m'arracher à des volontés, à des actes médités, préparés, voulus. »
Sainte Françoise Romaine († 1440) était guidée constamment par les anges. Elle fit un jour l'expérience d'une remise à l'ordre... un peu vigoureuse ! Durant un repas mondain, la conversation dérapa et, prise dans le mouvement de critiques, elle commença à médire d'une personne. Aussitôt, le claquement d'une gifle, et tous les invités virent, bien imprimée sur la joue de Françoise, la marque du soufflet donné par son ange ! L'ange nous accompagne dans nos rencontres. On peut l'invoquer - (...) - afin qu'il mette sur notre route les bonnes personnes, et qu'il écarte celles qui pourraient nous éloigner du chemin de la Vie...

P. Nicolas Ruttet, « Famille chrétienne », n° 2072.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Ils ont dit

Nul du Père n'est accueilli
Qui n'est semblable à ces petits...
C'est pourquoi que nul ne méprise
À cause qu'il ne la voit pas
Cette main que Dieu a commise
Pour tenir la nôtre ici-bas.
Nulle route n'est si raide
Qu'un ange ne nous précède.
Près de l'infirme et du vieux
Se tient quelqu'un qui voit Dieu.
Malheur à qui le scandalise !
Paul Claudel

Quand une soudaine inspiration nous survient, elle peut certes être d'origine naturelle. Mais il est probable que plus souvent que nous ne pensons, elle nous est soufflée à l'oreille par notre ange gardien.
Jacques Maritain

Écoute, dit-il, et comprends. L'ange de justice est délicat, modeste, doux, calme. Quand c'est lui qui monte à ton cœur, d'emblée, il te parle de justice, de chasteté, de sainteté, de tempérance, de tout acte juste, de toute vertu noble. Quand tout cela te monte au cœur, sache que l'ange de justice est avec toi, car ce sont là les œuvres de l'ange de justice : aie confiance en lui et en ses œuvres.
Le Pasteur d'Hermas

Les anges se rassemblent près de celui qui prie Dieu pour s'unir à sa prière. Bien plus, l'ange de chacun, même de ceux qui sont petits dans l'Église, contemplant continuellement la face du Père qui est dans les cieux, prie avec nous et travaille avec nous, autant qu'il le peut dans les choses que nous demandons.
Chaque fidèle, même s'il est tout petit dans l'Église, est dit assisté d'un ange dont le Christ atteste qu'il contemple sans cesse la face du Père.
Origène

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  7 mars - Saintes Perpétue et Félicité
le martyre, un acte d'amour


Félicité et Perpétue sont souvent citées à la messe (Cf. prière eucha¬ristique n° 1 et litanie des saints à la veillée pascale) en compagnie d'autres martyrs, mais les connaît-on vraiment ? Pourtant, quel bel héritage dont nous sommes les fruits ! Nos papes, notamment depuis saint Jean-Paul II, ne cessent de nous le rappeler en canonisant encore de nombreux martyrs. Tertullien déjà, à l'époque de nos deux saintes, écrit cette phrase forte : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens. » (Apologétique 50, 13).
Le port de Carthage est à 17 km au nord-est de Tunis. L'Afrique du Nord est alors un haut fief de chrétienté, même si les chrétiens sont une minorité. Perpétue et Félicité ont demandé le baptême. L'une est noble, l'autre esclave. Perpétue a deux frères dont l'un est caté¬chumène comme elle. Elle est arrêtée, semble-t-il, à la suite d'une dénonciation, avec un groupe de jeunes catéchumènes (dont) Félicité qui est enceinte de huit mois ! Jugées par le procureur de la province qui remplace momentanément le proconsul, elles sont condamnées aux bêtes. (...). Nous sommes sous l'empereur Septime Sévère. Les soldats amènent Perpétue, chargées de chaînes, de Tebourba, à 30 km à l'ouest de Tunis, aux prisons de Byrsa, surplombant Carthage. La noble Perpétue, jeune mariée de 22 ans, a un fils qu'elle allaite encore. (...).
...(Elle) doit résister aux pressions de son père... (Elle lui dit :) « Mon père, il m'est impossible de dire autre chose si ce n'est que je suis chrétienne » Quant à Félicité, elle met au monde une fille dans sa prison, trois jours avant son martyre ! L'enfant est adoptée par une chrétienne de la ville. Le jour J, on les enveloppe d'un filet et elles sont livrées à une vache furieuse. On les achève en les égorgeant. D'après ce qui est écrit, les témoins disent que « leur visage était rayonnant, marqué non de peur, mais de joie ».
Accepter le martyre est un acte d'amour : l'amour de Dieu que l'on choisit de préférer à tout « culte des idoles », et même aux attaches familiales légitimes...

Fr. Bernard Perroy, c.b., « Feu et lumière » n°347.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  15 mars - Sainte Louise de Marillac
veuve puis fondatrice


Louise est la nièce du Chancelier Michel de Marillac et du Maréchal Louis de Marillac, arrêtés et condamnés à mort par Richelieu après la journée des Dupes du 10 novembre 1630. Fille naturelle d'un grand seigneur, elle est élevée par les religieuses dominicaines de Poissy. En 1613, elle est mariée à un simple bourgeois et devient Madame Le Gras. Son fils Michel lui donnera beaucoup de soucis.
À 34 ans, elle se retrouve veuve. C'est alors qu'elle rencontre Vincent de Paul. Subjuguée par la charité contagieuse du prêtre, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions chari¬tables. En 1633, ils fondent ensemble la Compagnie des Filles de la Charité (appelées couramment Sœurs de Saint Vincent de Paul).
Louise, supérieure de la nouvelle communauté, oriente les sœurs vers tous les exclus de son temps : elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres ; elle organise l'accueil et l'éducation des enfants trouvés ; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres ; elle envoie des sœurs auprès des galériens... Une passion l'habite : l'amour de l'homme créé à l'image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique. Comme Vincent, Louise mourra à la tâche.
Louise de Marillac est la patronne de toutes les œuvres sociales. Confions-les à sa maternelle sollicitude.
« Au nom de Dieu, mes chères sœurs, soyez bien affables et douces à vos pauvres. Vous savez que ce sont nos Maîtres, et qu'il les faut aimer tendrement et les respecter fortement. Ce n'est pas assez que ces maximes soient en notre esprit, il faut que nous les témoignions par nos soins charitables et doux. »

***** On peut demander à « l'Ange gardien » une image de sainte Louise de Marillac et une prière qu'elle a composée et qu'elle aimait réciter au cours de ses voyages, à la vue des clochers : « Ô mon cher Ange... » : L'Ange Gardien, 29 montée Saint Laurent, 69005 Lyon (France) *****

Congourdeau et Fournier, Le livre des saints, Éditions Brepols.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  19 mars - Saint Joseph
le gardien de la Sainte Famille


Dans les deux premiers chapitres de son Évangile, Matthieu nous raconte trois rêves où l'Ange du Seigneur donne à Joseph des indi¬cations précises. Joseph interpréta ces songes comme la volonté de Dieu : celui où un ange vient lui dire que Marie porte en elle le Fils de Dieu ; celui qui lui demande de fuir en Egypte pour éviter que Jésus soit massacré par le roi Hérode ; celui qui l'invite à retourner en Galilée avec la Mère et l'Enfant. Sa vie changea radicalement. Il devint le protecteur de Marie, Mère de Dieu, adopta son enfant, le Fils de Dieu et consacra le reste de son existence comme gardien et pourvoyeur de la Sainte Famille.
Au 13e siècle, saint Bonaventure, en grand docteur de l'Église, propose saint Joseph à notre dévotion parce qu'il le voit continuer, au cours des siècles, le rôle de protecteur qu'il exerçait jadis auprès de Marie et de Jésus.
Pour mieux saisir la mission de Joseph, il nous faut prendre le temps de contempler l'Enfant et sa Mère à Bethléem, dans leur fuite en Égypte et leur retour en Galilée, dans leur maison de Nazareth. Nous pouvons alors reconnaître le courage et la générosité avec lesquels veillait sur eux le Protecteur que Dieu leur avait donné.
La Sainte Famille peut se voir comme la Trinité terrestre. De même que le Père, le Fils et le Saint Esprit ne font qu'un, Jésus, Marie et Joseph sont inséparables. Jadis sur terre, aujourd'hui au ciel.
Lorsque nous prions et que nous exprimons nos besoins à Dieu, il peut arriver qu'en notre cœur nous entendions ce conseil : « Allez à Joseph ». N'hésitons pas à passer par ce grand Protecteur, surtout si nos besoins sont d'ordre matériel. C'est probablement l'Esprit Saint qui nous inspire, sachant bien que ni le Père, ni le Christ, Roi de l'univers, ne peuvent rien refuser à Joseph. (...).
Allons à Joseph. Il nous conduit au Seigneur Jésus ressuscité. Il nous conduit à Dieu le Père de toutes les miséricordes.

Bernard Lacroix, c.s.c., « L'Oratoire », vol. 98, n°4.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  23 mars - Saint Turibio de Mogrovejo
l'aventure au Pérou


Turibio Alfonso de Mogrovejo, qui naquit dans la province de Léon (Espagne) vers 1538, étudia le droit à Salamanque avant de devenir magistrat à Grenade. Bien qu'il ait été canonisé en 1726, sa mémoire est récente.
Saint Turibio fut le grand apôtre du Pérou et d'autres régions d'Amérique latine. Ce pays, conquis depuis peu par le célèbre Pizarro, au nom de la couronne d'Espagne, obtint de Philippe II son nouvel archevêque de Lima, Turibio de Mogrovejo, nommé en 1580 alors qu'il était encore laïc. Lima avait été élevée au rang de siège épiscopal en 1541 et sa juridiction s'étendait sur tous les pays situés entre Panama et le Rio de la Plata. Son diocèse, dont il prit possession en 1581, s'éten¬dait sur cinq cent vingt kilomètres le long du Pacifique ; une province ecclésiastique qui allait du Nicaragua au Paraguay et à l'Argentine. Dès le début de son ministère, saint Turibio multiplia ses efforts pour convoquer conciles et synodes, pour former le clergé et donner une plus grande élévation morale au peuple, en particulier aux Indiens. Il allait jusqu'à se rendre dans les pauvres habitations des indigènes pour les réconforter. Il mourut à Saña le 23 mars 1606, dans une commu¬nauté indienne, à la fin de son dernier voyage pastoral. C'était un Jeudi saint. Il désira qu'en ses derniers instants l'on chante les psaumes 115 (Je crois et je parlerai...) et 30 (En toi, Seigneur, j'ai mon refuge...) accompagnés de la harpe, en s'adressant au Crucifix. Ses reliques ont été transférées à Lima en 1607.
La liturgie évoque « les travaux apostoliques » de saint Turibio, et « son amour de la vérité », qui ont fait grandir l'Église (...) C'est en effet avec un grand courage que le nouvel archevêque de Lima affronta son œuvre d'évangélisation et de réforme, face aux scandales qui rendaient sa mission encore plus difficile, et face à la résistance du gouverne¬ment colonial, et même de certains ordres religieux qui s'opposaient à la fermeté de son action. A ceux qui lui objectaient la coutume, il rappelait patiemment mais fermement ce mot de Tertullien : « Jésus n'a pas dit Je suis la coutume, mais Je suis la vérité. »

Enzo Lodi, Les Saints du Calendrier romain, Mediaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  9 avril 2018 - Annonciation du Seigneur
prière à Marie


Ô Marie, temple de la Trinité, Marie porteuse de miséricorde, Marie terre fructifère, Marie océan de paix, Marie char de feu. Ô Marie, vase d'humilité, et dans ce vase se trouve et brûle la lumière de la vraie connaissance, avec laquelle tu t'élevas au-dessus de toi et tu plus au Père éternel. Alors il te ravit et te tira à lui en t'aimant d'un singulier amour. Avec cette lumière et ce feu de ta charité et avec l'huile de ton humilité tu tiras et inclinas sa divinité à venir en toi, bien qu'au¬paravant déjà, il fut tiré par le très ardent feu de son inestimable charité à venir à nous.
Tu as voulu savoir de l'ange comment était possible ce qu'il t'annonçait. Ne savais-tu donc pas que cela était possible au Dieu tout-puissant ? Certainement si, mais par ta profonde humilité, tu considérais ton indignité. As-tu été troublée de la parole de l'ange par peur ? Il ne semble pas. Alors de quoi t'étonnes-tu ? De la grande bonté de Dieu. Dans la considération de ta faiblesse et de l'ineffable grâce de Dieu, tu devins étonnée et stupéfaite.
Toi, ô Marie, tu es faite livre dans lequel est écrite aujourd'hui notre règle. La main de l'Esprit Saint a écrit en toi la Trinité. O Marie, je vois ce Verbe à toi donné et néanmoins n'être pas séparé du Verbe, de même que la parole que l'homme a dans l'esprit qui, bien qu'elle soit proférée au-dehors et communiquée à d'autres, n'est pas séparée du cœur. En ces choses se montre la dignité de l'homme pour lequel Dieu a opéré tant et tant de si grandes choses. En toi encore, ô Marie, se montrent aujourd'hui la force et la liberté de l'homme parce que le Fils de Dieu ne descendit pas dans ton sein avant que tu n'y consentis. Il attendait à la porte de ta volonté et jamais il ne serait entré si tu n'avais ouvert en disant : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. » Ô Marie, ta terre aujourd'hui a germé pour nous le Sauveur. Aujourd'hui la Déité est réunie et pétrie avec notre humanité si forte¬ment que jamais cette union ne peut être séparée ni par la mort, ni par notre ingratitude.

Sainte Catherine de Sienne, Oraison XI.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Se reposer sur Lui

Lorsque la fatigue se fait pesante, écoutons Jésus nous dire : « Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi Je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28). Il ajoute : « Prenez sur vous mon joug » (Mt 11, 29). Voilà qui est para¬doxal : nous cherchons à nous décharger de ce qui nous accable et Jésus semble nous inviter, au contraire, à porter un poids supplémentaire ! Ne nous arrive-t-il pas, effectivement, de considérer les exigences évan¬géliques comme un fardeau pesant, trop lourd pour nous ? C'est ce qui nous fait dire - ou penser, plus ou moins clairement : j'ai trop de soucis pour me préoccuper de Dieu, trop d'obligations pour prendre le temps de prier, trop de travail pour aller à la messe, trop de défauts pour devenir un saint...
Mais quel est le joug que Jésus nous propose ? « Devenez mes disciples, car Je suis doux et humble de cœur. » (Mt 11, 29). Autrement dit : mettez-vous à mon école, devenez mes amis et laissez-moi vous délivrer de tout ce qui vous écrase. Il ne nous est donc pas demandé de porter un poids supplémentaire, d'ajouter des obligations à celles qui nous épuisent déjà, au contraire : prendre le joug de Jésus, c'est accepter de nous en remettre à Lui, c'est entrer dans une relation person¬nelle avec Lui et nous laisser aimer par son Cœur doux et humble. C'est tout miser sur cet amour et ordonner toute notre vie en fonction de Lui.
En quoi cela va-t-il nous procurer le repos ? Ne nous trompons pas de perspective : Jésus n'est pas venu nous offrir des techniques de relaxation ou des recettes d'art de vivre. La prière et l'abandon à la Providence ne sont pas des moyens parmi bien d'autres pour éviter le stress et combattre le surmenage. L'Évangile ne nous donne pas des trucs : il nous invite à la conversion. Il s'agit de quitter nos appuis humains, nos projets, nos repaires, nos richesses, pour nous reposer sur Dieu seul. Le repos auquel nous convie Jésus n'est pas un « plus », c'est un choix radical : préférons-nous le poids des soucis du monde ou le joug de l'amour ?
Se reposer sur Dieu n'est pas une démission, ni une évasion. L'amour de Dieu nous renvoie toujours à l'amour de nos frères, ce qui se traduit très concrètement par l'accomplissement quotidien de notre devoir d'état et par toutes les formes d'engagements que nous pouvons être amenés à prendre dans le monde ; l'homme qui s'appuie sur Dieu est même souvent plus audacieux et plus efficace que celui qui compte sur ses propres forces ou sur les ressources de son compte en banque. Pour l'un comme pour l'autre, la fatigue existe - depuis le péché originel, l'homme travaille « à la sueur de son front » ; pour l'un comme pour l'autre, les journées n'ont que vingt-quatre heures et les fins de mois posent les mêmes problèmes, lorsque l'argent vient à manquer. Alors, où est la différence ?
Se reposer sur Dieu est une désappropriation : je m'en remets à Lui au lieu de me cramponner à mes projets, mes soucis, mes revenus, mon travail. Je renonce à mener la barque de ma vie ; j'accepte d'entrer dans les projets de Dieu, que je ne maîtrise pas ; dans ses pensées, que je ne comprends pas ; dans ses ambitions, que je connais pas. Et cela change tout : pas de l'extérieur, mais de l'intérieur. Le repos auquel Jésus me convie est d'abord le repos de mon âme, abandonnée en Lui, mais cela rejaillit sur toute ma vie en me permettant de vivre ma fatigue avec justesse, au lieu d'en être esclave : « La juste fatigue accepte les limites du corps, consent au repos réparateur. » (Pascal Ide, Le Corps à cœur, Éditions Saint-Paul).
Acceptons-nous de nous reposer ? Si nous préférons nous appuyer sur nos propres forces plutôt que de nous en remettre à Dieu, nous allons chercher à travailler le plus possible, à gagner un maximum d'argent et à mener à bien tous les projets que nous avons formés. Pas question de s'arrêter ! Le repos nous semble un luxe auquel nous n'avons pas droit. Mais ce n'est pas un luxe, c'est un devoir ! Dieu s'est reposé le septième jour, pour que nous nous reposions à notre tour. Le dimanche vient nous rappeler que la rentabilité n'est pas le tout de la vie. En acceptant de souffler, de quitter nos dossiers, notre tiroir-caisse ou notre planche à repasser, nous manifestons concrètement notre confiance en Celui qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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  Des appréciations

Je vous félicite pour la tenue de cette petite revue si intéressante. 35 - Merveilleuse petite revue. 38 - La revue que j'aime bien recevoir pour tout son contenu. 03 - J'aime lire vos articles. 59 - De grâce, continuez ! Suisse - Bien reçu les nouveaux calendriers. Quelle jolie couleur ! 69 - En ces temps où le mal souffle tous azimuts, soyez assurés que cette publication porte nos prières et nous accompagne dans l'espérance. Je suis animateur dans un groupe scout. Notre livret m'a permis d'accompagner les départs en camp et j'y puise aussi pour préparer les temps forts auprès des jeunes... et la prière du soir avec mon « petit » dernier de 12 ans. 53 - Petite revue si nourrissante. 83 - J'attends avec impatience tous les 2 mois et ensuite je fais partager. 39 - Il faut que cette revue puisse être diffusée et rayonner encore longtemps. 67 - Avec nos remerciements pour la sélection de vos textes. 44 - Un grand merci pour le bulletin qui réjouit mon cœur chaque fois que je le reçois. 69 - Merci à vous de porter cette belle revue. Elle est si belle. 56.

Je me suis aperçu que toutes ces années je n'avais pas payé les abonnements. Pour tout vous dire, je feuilletais sans trop poser les yeux jusqu'à ce fameux post-scriptum (du n° 6.2017. A.C.) qui m'a foudroyé. Alors j'ai fait comme « l'ange de la petite pause » (n° 1.2017, page 11. A.C.) et j'ai trouvé ce petit livre grand par l'amour qu'il dégage. 31 - Votre revue fait mon ravissement. 82 - Bravo pour votre belle revue qui redonne confiance. Lyon 6e - Je renouvelle avec beaucoup de plaisir mon abonnement à votre revue. 988 - Merci pour votre belle revue si riche d'enseignements. 34 - Que votre œuvre puisse être pérennisée par le soutien de vos adhérents. 24 - C'est toujours un grand plaisir pour moi de vous lire, votre revue étant toujours si intéressante. Je vous en félicite d'ailleurs. 88 - Votre revue est indispensable pour mon cheminement. 973.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2018.


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