Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2014

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2014 : n°2 - mars-avril

  Comment parler de Toi ?

Savoir quelle est ta vraie dimension, ta véritable identité, Toi, Jésus le Nazaréen, est une entreprise impossible. Des siècles de prédication n'ont pas épuisé tout ce que l'on a pu comprendre de ta personne et de ton message. Tu débordes de toutes parts ce que nous avons pu raconter. Tu as peut-être envie de nous redire : "Vous scrutiez les Écritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle (...) et vous ne voulez pas venir à Moi pour avoir la vie." (Jn 5, 40). Sur mes deux mille six cents homélies du dimanche, (...), combien ont su rejoindre l'âme de mes frères humains ? Un jour où je venais d'être complimenté, je T'ai entendu me glisser à l'oreille : "Si tu savais ! Je suis tellement plus vivant, tellement plus radieux, tellement plus aimant ! Le Royaume est tellement plus beau ! Tu n'as encore rien vu !"
Depuis cinquante ans, je ne cesse de collectionner, au cours des retraites que j'anime, les images de Toi les plus variées. Je ne parle pas, bien sûr d'images au sens de l'art pictural ou cinématographique, mais des perceptions que tel ou telle peuvent avoir sur Toi et sur ta mission. Au cours de ma vie, je me suis fait, moi aussi, à ton sujet, les idées les plus diverses et, parfois, les plus contradictoires. Tu es sans aucun doute le plus mystérieux de tous les êtres que la terre ait portés. À mesure que l'existence me dévoile les merveilles et les fragilités de l'être humain, je découvre un peu plus combien Tu es "le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 14, 6.).
"Dieu est Amour." (1 Jn 4, 16). L'Absolu est une étreinte sans fin. La voilà, la très grande nouvelle que Tu es venu annoncer, Toi, Jésus, qui m'as fait prêtre. Tu m'as révélé que Dieu n'est pas "l'éternel célibataire des mondes" de Chateaubriand. Dieu révélé en Toi, Jésus Christ, est amour en Lui-même. Un amour préexistant et triomphant, cela change tout ! Nous sommes entraînés dans une cascade de relations qui prend sa source dans l'éternité.
"Comme le Père M'a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés. (...) Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme Je vous ai aimés." (Jn 15, 9.12). Te laisser entrer dans ma vie et la bousculer de fond en comble a fait jaillir en moi un enthousiasme inépuisable.

Stan Rougier, "Pour vous, qui suis-Je ?", Mame, 2013.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  L'ange apostat

Le trône que devait occuper l'âme dont j'étais l'ange gardien fut primitivement destiné à un ange. Cet ange s'en étant exclu au jour de l'épreuve, nous reportâmes sur l'âme qui recueillait son héritage l'amour que nous aurions eu pour lui.
Il eût chanté le cantique de la préservation ; elle chantera l'hymne de la délivrance. Le concert ne sera pas moins complet, il sera plus varié.
Or, l'esprit exclu de ce trône était celui qui avait persécuté l'âme avec tant d'acharnement, s'attachant à ses pas comme l'ombre au corps, et faisant, pour la perdre, des efforts inouïs.
Elle lui échappait enfin. Il la voyait pour jamais soustraite à ses tentations. Elle allait régner dans la gloire, pendant qu'il était refoulé dans l'abîme, et, entre l'abîme et la gloire, s'étend l'infranchissable chaos.
A ce dernier spectacle, le glaive de l'envie se retourna violemment dans ses blessures et l'apostat ressentit des douleurs que lui-même n'eût pas soupçonnées.
Les derniers accents du ciel qui retentirent à son oreille furent ces paroles que je lui adressai :
"Oui, ô misérable ! nous avons triomphé de ta malice et la victoire est sans retour.
Le Seigneur s'est baissé ; il a pris l'obscur grain de poussière, il l'a mis à la place de l'astre, et le grain de poussière a brillé, il a porté la lumière, il a été Lucifer (au sens étymologique de ce nom : porte-lumière).
Pour toi, astre déchu, tu n'annonceras plus le jour. Les ténèbres seront ton vêtement et ton habitation. Tu ne porteras que la nuit et ton nom sera Noctifer (porte-nuit).
Salue donc, au front de cette âme, la couronne méritée par l'humble sagesse et va recevoir, au fond des enfers, la confusion réservée à l'orgueilleuse folie."


D'après Mgr G. Chardon, Mémoires d'un ange gardien, Librairie Catholique, Clermont-Ferrand, 1873.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  Un rayon de lumière

Je te souhaite de laisser entrer en toi, dans ton obscurité intérieure, la lumière de ton ange. C'est ainsi que tu pourras devenir toi-même une lumière. Lumière et ténèbres vont de pair. Laisse la lumière pénétrer les ténèbres. Laisse la lumière divine de ton ange éclairer tous les gouffres sombres de ton âme, et tout deviendra lumière en toi. Tout devient transparent pour la lumière qui émane de la réalité du sacré.
Ton corps tout entier rayonnera alors de lumière. Tu seras comme enveloppé d'une lueur, d'une aura limpide et agréable. Quand tu seras devenu lumière, tu deviendras toi-même un ange de lumière pour d'autres. Auprès de toi, les autres se sentiront bien et leur humeur s'éclairera.

- une chaleur qui fait du bien -

Je te souhaite une chaleur intérieure qui fait du bien à ton âme et à ton cœur. Si je contemple les représentations angéliques que nous a livrées l'époque gothique, et Fra Angelico par exemple (*), je ressens cette chaleur, il fait chaud dans mon cœur. Ce sont des anges d'où émane un amour chaleureux. Il n'y a rien de morose en eux, rien de trouble, rien de froid, rien d'hostile. Ils reflètent parfaitement ce que Paracelse disait d'eux : "L'ange, c'est l'homme sans ce qui apporte la mort".
Parce que ce qui apporte la mort, ce qui détruit et rend malade n'existe pas chez l'ange, il peut dégager une chaleur à laquelle nous pouvons nous réchauffer sans nous brûler. Lorsque je regarde ces anges-là, je ne sens pas seulement le bienfait que me procure cette chaleur. Elle se dégage aussi de moi, car c'est une expérience qui rayonne et se propage, et pour cela, je suis reconnaissant.

(*) : Vous pouvez vous procurer à "l'Ange gardien" l'image d'un détail d'une Annonciation peinte par le bienheureux Fra Angelico.

Anselm Grün, o. s. b., Le petit livre des anges, Salvator, 2010.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  Dans le Nouveau Testament (2)

Les récits évangéliques mentionnent très souvent la présence des anges dans la vie de Jésus. Les anges le servent et l'adorent de l'Annonciation à l'Ascension. Jésus en parle, sa vie est sans cesse enveloppée par des manifestations angéliques, au début et à la fin de sa vie publique surtout. Manifestations angéliques, mais aussi démoniaques, lors des trois tentations au désert.
L'Annonciation d'abord, qui vient solennellement ouvrir les récits et que les artistes ont tant de fois représentée (...).
"L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans la ville de Galilée du nom de Nazareth à une vierge, fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; le nom de la Vierge était Marie." (Lc 1, 26-28)
Le message de l'Annonciation à cette jeune fille de Galilée a été confié à un ange. Non seulement il est chargé d'annoncer, mais aussi de recueillir "le consentement de Marie", ce qui montre son rôle dans le mystère de l'Incarnation. « L'épisode manifeste la volonté du Père d'associer les anges à la venue du Christ dans notre monde", souligne le père Jean Galot, s.j. Rien n'est laissé au hasard, tout est programmé, minutieusement... tout sauf le "oui" de Marie, laissé à sa liberté. Et l'on imagine la tension de Gabriel dans l'attente de la réponse qui seule permettra l'irruption du divin dans notre monde !
Dans les peintures qui représentent la naissance de Jésus, nous voyons les anges s'associer à la joie de la Nativité. Ils vont et viennent entre Ciel et terre, annoncent sa venue à grand fracas, bousculent les bergers, guident les Mages, chantent la louange de cet Enfant à pleine voix. Ils invitent la terre entière à s'associer à leur joie et à chanter avec eux cet immense Gloria qui réveille l'univers.
C'est un ange, encore, qui invite Joseph à prendre l'Enfant et sa Mère et à fuir en Egypte (Mt 2, 13-14), puis plus tard, quand le danger sera écarté, à rentrer en Palestine et à aller s'installer en Galilée.
Au début du ministère de Jésus, après l'épreuve redoutable de la tentation, et le démon écarté, ce sont les anges qui prennent le relais "et le servent" (Mt 4, 11)...

Nicole Timbal, Les Anges, messagers de lumière, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  La communion des saints (1)

Après avoir confessé que l'Église est une, sainte, catholique et apostolique, le Symbole des Apôtres nous parle de la communion des saints. De quoi s'agit-il ?
Nous pouvons dire que c'est une explication et un approfondissement de ce qui a été dit auparavant. Parler de la communion des saints, c'est souligner l'unité qui existe entre tous les membres de l'Église.
La qualification de saint convient-elle à tous les membres de l'Eglise ?
C'est le grand paradoxe de l'état de chrétien. Les chrétiens sont tous des pécheurs et si quelqu'un nous qualifiait de saints, nous serions plus qu'étonnés parce que nous sommes trop conscients de nos imperfections pour accepter ce titre. Pourtant, dans l'Église primitive, tous les chrétiens étaient appelés saints. Saint Paul utilise habituellement ce mot lorsqu'il s'adresse à ceux qui composent les communautés chrétiennes de son temps. Dans la lettre aux Éphésiens, il s'adresse "aux saints qui sont à Éphèse" (Ep 1, 1), désignant ainsi les chrétiens qui font partie de l'Eglise d'Ephèse. Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, il s'adresse à "tous les saints qui sont dans l'Achaïe" (2 Co 1,1), c'est-à-dire à tous les chrétiens qui vivent dans cette région.
Dans les Actes des Apôtres, qui narrent l'histoire de l'Eglise naissante, on appelle "saints" tous ceux qui suivent le Christ. Tous ceux qui sont membres du corps mystique du Christ constituent "le peuple saint". Tout chrétien est incorporé au Christ par le baptême et c'est à ce titre, comme membre du Christ, qu'il est saint. Il ne l'est pas par ses mérites personnels, il est saint de la sainteté du Christ. Aujourd'hui, nous limitons généralement la signification du mot saint à ceux qui sont au ciel, mais originellement, l'acception du terme était beaucoup plus large. Ainsi, en parlant de la communion des saints, le Credo vise tous les chrétiens, les vivants et les morts, ceux qui sont sur cette terre, ceux qui sont déjà dans le royaume de Dieu et ceux qui parachèvent leur purification au purgatoire. Tous ne font qu'un parce que tous sont membres d'un même corps. Ainsi, ils portent les soucis et les besoins les uns des autres.

Mgr Raymond Centène, Le catéchisme expliqué, Artège, 2012.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  5 mars 2014 - Mercredi des Cendres

Une question de mots


L'Église, qui se veut pédagogue avertie, propose des "exercices de Carême" centrés sur la prière, la méditation de la parole, la pénitence (notamment le jeûne et les "œuvres de miséricorde"). Je sais que vous trouvez ces expressions usées. Pourquoi ne pas faire une toilette du vocabulaire pour retrouver la santé du langage ?
Exercices ? Si vous préférez, dites à la place : entraînement. Miséricorde ? Dites : tolérance du cœur. En effet, la miséricorde, c'est d'abord une œuvre intérieure, bienveillance du jugement, aptitude à être sensible à la fragilité de l'autre. Moyennant quoi, "en actes et en vérité", on devient capable de partage et de solidarité. Deux mots pour traduire ce que l'on mettait dans ce terme éculé d'aumônes.
"Dépouillez le vieil homme !" répète saint Paul. Je dirais bien : "Quittez l'ancien régime ! Faites de la diététique spirituelle. Sortez de vos remords et regrets pour respirer au grand air des beaux jours qui viennent !" Le Carême, c'est une hygiène de vie chrétienne qui ne va pas sans sacrifices ni renoncement.
Sacrifice ! Rendre sacré ce qui pourrait être insignifiant. Renoncement : dire un "non" sans concessions aux forces de mort qui nous menacent de toutes les manières, pour être en mesure de dire un "oui" magnanime à la vie. C'est pour ce combat que le Carême nous mobilise : parvenir au but, Pâques ! Voilà le sens qui justifie notre lutte : faire mourir en nous ce qui nous empêche d'accueillir l'abondance de cette vie dont Jésus a déclaré : "Si tu savais le don de Dieu !" Oui, si tu te rendais compte, tu ne gâcherais pas tes possibilités d'un mieux vivre, d'un plus-être, en te laissant "avoir" par les forces de mort qui t'assaillent de manière insidieuse. Elles se camouflent derrière le masque du mal sous tous les traits possibles : découragement, laisser-aller, dépression, autodestruction par les drogues que l'on ingurgite, non pas faites de cocaïne et d'héroïne, mais des polluants de l'existence qui font mal, qui constituent le mal du siècle : la démission de soi qui est le contraire du renoncement. Ne pas accepter de faire mourir ce qui nous détruit (...), c'est suicidaire...

Pierre Talec, Les fêtes de Dieu, Centurion, 1991.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


  18 avril 2014 - Vendredi saint

La mort de Jésus


"Le Christ est mort pour nos péché, selon les Écritures" (1 Co 15, 3). Par ces mots si chargés de sens, saint Paul transmet fidèlement ce qu'il dit avoir lui-même reçu de la première communauté apostolique. Une telle confession de foi n'est possible que dans la lumière de l'Amour trinitaire. Car, l'offrande pascale du Christ dans sa chair est portée au Père par l'Esprit Saint. C'est pourquoi le prêtre, avant la communion au Corps et au Sang du Christ, prononce ces paroles significatives : "Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu Vivant, selon la volonté du Père et avec la puissance du Saint-Esprit, tu as donné, par ta mort, la vie au monde...".
Dans ses Confessions, saint Augustin reconnaît avoir trouvé bien des vérités dans les livres "platoniciens" mais, que le Fils "s'est personnellement anéanti en prenant la forme du serviteur (...) et qu'il s'est humilié, se faisant obéissant jusqu'à la mort de la Croix (...) ces livres ne le contiennent pas". C'est dans la lumière de l'Amour divin que l'Église contemple la relation de Jésus trahi, livré, vendu puis mort crucifié, pour les pécheurs que nous sommes. C'est sur le bois de la Croix que Jésus, qui "a fait de son plein gré ce qu'il a reconnu plaire au Père et profiter aux hommes" (Saint Anselme, Méditation sur la Rédemption humaine), nous révèle sa souveraine majesté. Prenons donc bien garde de ne pas considérer sa mort violente comme s'il s'agissait d'un accident tragique, d'un malheur imprévu ou de l'effet du hasard, d'un concours de circonstances. Le Nouveau Testament présente au contraire cet évènement comme l'accomplissement parfait des Écritures, en particulier du quatrième chant du Serviteur Souffrant : "Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes" (Is 53, 5). Reconnaissons en lui, à l'instar de saint Jean Baptiste, "l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde" (Jn 1, 29). Sa mort, qui appartient au dessein divin, est celle du Rédempteur de l'homme : "S'il a fait l'expérience de la mort, c'est, par grâce de Dieu, pour le salut de tous" (He 2, 9b).
Selon l'épître aux Hébreux, c'est "dans l'esprit éternel" (He 9, 14) que Jésus s'est offert à Dieu sur la Croix pour le salut du monde...

P. Étienne Richer, c.d.b., "Feu et Lumière", n° 303.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", mars-avril 2014.


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