Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2018

n°1-2018 - janvier-février     n°2-2018 - mars-avril     n°3-2018 - mai-juin
n°4-2018 - juillet-août     n°5-2018 - septembre-octobre     n°6-2018 - novembre-décembre

  C’était dans « L’Ange gardien » il y a cent ans

en janvier 1918

Nous souhaitons à tous nos chers abonnés, associés et bienfaiteurs une heureuse et sainte année.
Nos meilleures prières accompagnent nos vœux, et nous n'oublierons aucune de leurs intentions spirituelles et temporelles auprès des saints Anges. Que nos Protecteurs célestes nous obtiennent que le divin Enfant de la Crèche soit toujours avec nous, dans nos entreprises et nos travaux pour les bénir, dans nos joies pour les surnaturaliser, dans nos épreuves et nos souffrances surtout pour nous consoler et nous fortifier. Si Jésus a sa place d'honneur dans nos foyers, si ses commandements sont observés, nous goûterons dès ici-bas la paix promise aux âmes de bonne volonté tout en nous préparant le bonheur de l'éternel séjour où nous attendent près de Dieu tant d'âmes chères et regrettées.

en février 1918

Février nous amène le Carême ; il est donc opportun de prier pour le retour à un véritable esprit de pénitence.
Pénitence, disait la Sainte Vierge à Lourdes. Pénitence, c'est d'abord haine du péché, le mal par excellence. Pénitence, c'est réparation, c'est expiation, c'est mortification, douleur, souffrance. Pénitence, c'est changement, c'est la fuite des occasions, le redressement des habitudes, c'est la vigilance et la prière.
Pénitence pour nos péchés individuels et aussi pour nos péchés nationaux ; ils sont nombreux et on y persévère : prenons notre part du fardeau commun.
Prenons le Carême comme l'Église nous l'impose, comme une saison de modification réelle et pénible. Ajoutons-y sans récrimination et sans murmure les privations commandées par la situation économique du pays. Les souffrances actuelles que nous endurons n'ont point de proportion avec la gloire qui sera un jour notre partage.

Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  Mère de Dieu

La chose essentielle qui nous a été dite de Marie durant le temps de l'Avent et de Noël est qu'elle est la femme choisie par Dieu pour être mère de son Fils. Marie est Mère de Dieu : telle est l'affirmation fondamentale qui fait de Marie ce qu'elle est pour l'Église et pour nous. Tout ce qui a été dit d'elle par la suite est présent là en germe. Nous disons tout d'elle quand nous disons : « Sainte Marie, Mère de Dieu. »
« Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son fils, né d'une femme » (Ga 4, 4). (...)

Marie est la mère de Jésus. Là est sa véritable grandeur. De là vont découler l'attitude et la réflexion des chrétiens au sujet de Marie. Et d'abord son titre de Mère de Dieu. Très tôt, dans l'histoire de l'Église, Marie sera en effet appelée Mère de Dieu. Ce titre a des racines dans les Évangiles, par exemple quand Élisabeth à la Visitation déclare : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » (Lc 1, 43). Or le titre de Seigneur est celui de Dieu dans l'Ancien Testament. De même, dans le récit de la naissance de Jésus, l'enfant que Marie a mis au monde, est proclamé le Sauveur, le Christ, le Seigneur (Lc 2, 11). A partir des affirmations bibliques et de la réflexion chrétienne sur l'identité de Jésus, Marie va être de plus en plus appelée Mère de Dieu. Le Nouveau Testament en effet révèle Jésus comme le Fils, Dieu avec Dieu de toute éternité (Jn 1, 1) devenu homme « quand les temps furent accomplis » (Ga 4, 4). Tout ce que dit du Christ le Nouveau Testament sera affirmé solennellement dans les premiers conciles, spécialement ceux de Nicée (325), d'Éphèse (431) et de Chalcédoine (451). Le Christ est une seule personne, celle du Fils de Dieu, ayant pris une humanité réelle en Marie, de telle sorte qu'il est le Fils unique de Dieu devenu homme sans cesser d'être Fils de Dieu.
Dès lors Marie, qui a donné son humanité au Fils de Dieu, est vraiment la mère d'un Fils qui est Dieu. Elle n'est pas la mère de sa divinité, mais elle a engendré le Fils qui est Dieu comme homme...

Mgr Raymond Bouchex, Marie au fil de l'année liturgique, Parole et Silence, 2008.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  Illumination (2)

Les ordres des anges, une merveilleuse architecture où chaque créature trouve sa place dans un ensemble pyramidalement cohérent et exerce son activité dans l'ordre voulu ! Pas de petite besogne dans cette usine silencieuse et bourdonnante à la fois, puisque toutes sont orientées à la Grandeur qui est Dieu. Pas de vide. Pas de vacance. Chacun des êtres créés s'occupe à son niveau et à la mesure des moyens qui lui ont été commis. C'est le premier et le dernier mot de toute sainteté. La dignité de la créature est à la mesure d'une obéissance exhaustive et d'une ponctualité délibérée.
L'agrément des situations subalternes c'est qu'on ne se trompe jamais. Ou bien on suit les ordres et tout est pour le mieux ; ou bien on s'en écarte - dans le cas de la meilleure foi - en obéissant à quelque dignitaire, et on échappe à la responsabilité. Voilà qui est reposant. Et vous, mon Ange, qui ressortissez au plus modeste des ordres angéliques, vous me comprenez.
Bien évidemment, le péché, cette trahison absolue, relève d'un autre raisonnement ! Lorsqu'il m'arrive de le commettre - c'est souvent - je m'écarte des commandements en désobéissant à tout le monde et à Dieu. Seul, perdu dans les régions obscures et froides, traînant après moi mes remords, je sens alors la bassesse de ma position et l'infinité de ma nature que rien ni personne ne soutient plus au-dessus du vide. Vous-même, ô Ange, vous vous faites indifférent, lointain, plus flou que d'ordinaire ; je me sens perdu, j'ai peur, j'ai froid, je crie. Je suis au plus bas de la plus basse échelle et je vais manquer le dernier barreau.
Comme dans les cauchemars, vous intervenez avant la catastrophe finale ; mais vous m'en avez laissé savourer le frisson. J'ai les yeux fermés à toute espèce de présence éthérée ; cependant, je sais que vous êtes là. Autrement, votre rôle ne se justifierait pas. Comment pourrait-on vous appeler « gardien » si votre vigilance ne s'exerçait surtout dans les dangers et par des sauvetages ?...

Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  L'ange de l'à-propos

Il nous arrive de n'être pas toujours à ce que nous faisons, soit parce que nous sommes plongés dans nos pensées ; soit parce que nous n'arrivons pas à nous déconnecter de notre travail ; soit encore parce que nous sommes tourmentés par tout ce qu'il nous reste à faire. Nous pensons à certaines personnes au lieu de prêter attention à celle qui se trouve en face de nous. Nous nous promenons en forêt, mais nous ne voyons ni le chemin que nous suivons ni les arbres, nous n'entendons ni le chant des oiseaux ni le murmure du vent, nous sommes prisonniers de nos ruminations. Nous ne sommes pas dans l'instant, nous ne sommes pas dans le présent. C'est alors que nous avons besoin de l'ange de l'à-propos qui nous invite à être précisément dans l'instant que nous vivons. Le présent, en ce moment est le moment approprié. Si je suis totalement « là », cet instant est mien et c'est le bon. Mais si je suis « ailleurs », je suis hors du temps. Il va passer à côté de moi et je ne cesserai de courir après.
L'ange de l'à-propos m'encourage à m'arrêter pour être à l'écoute de moi-même. Qu'est-ce qui remue en moi juste à ce moment ? Quelles pensées bourdonnent dans ma tête ? Il m'invite alors à les passer en revue et à me concentrer sur tel point précis, sur cet endroit où je me trouve, sur cette minute.
Permettre à l'ange de m'arrêter sur l'instant présent est un moment précieux d'où sont absents le passé et l'avenir. Je n'ai pas à revenir sur ce qui est derrière moi ni à le ressasser. Je n'ai pas besoin non plus de me préoccuper de ce qui va advenir. Je suis exactement dans l'instant, et dans cet instant, tout est rassemblé. Je suis un avec Dieu et avec moi-même, je ne fais qu'un avec le temps, je suis serein et je suis là, tout simplement.

Anselm Grün, o.s.b., L'ange de simplicité, Salvator, 2015.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  L'ange et l'homme (3)

C'est le plus souvent l'ange, messager de Dieu et notre guide, qui joue le rôle d'interprète de la volonté de Dieu sur nous.
Mais l'ange n'a ni langue, ni mains ; c'est un pur esprit. Il doit donc transmettre de façon spirituelle l'appel divin à la conscience de l'homme. Il éclaire l'âme de ses exhortations et de ses directives qui apparaissent à celle-ci comme une connaissance obscure de la volonté de Dieu. Mais l'âme est libre de les accepter et de les suivre.
Dieu ne contraint pas l'homme, mais le conduit avec persévérance vers une fin que Lui connaît de façon précise.
Celui qui désire la direction de Dieu et la prend en considération, l'obtiendra.
« Fais attention à lui ! »
Seul celui qui est attentif à la direction d'où lui vient la voix pourra l'accueillir comme il convient. Faire attention, c'est prendre sciemment une réalité dans son champ visuel et l'y introduire. Là est l'attitude fondamentale : accepter cet ange gardien et le faire entrer dans le déroulement de nos journées, vivre avec lui.
L'enfant, lui qui est ouvert à cette réalité, le fera tout naturellement. Pour un adulte, ce n'est pas si facile de retrouver cette simplicité :
« Si vous ne redevenez comme de petits enfants, vous ne pourrez pas entrer dans le royaume des cieux ! »
Tout homme a reçu de Dieu cet esprit puissant, créé pour l'aider à parvenir au but. Pourtant, quels sont ceux qui honorent cette personnalité puissante qui se tient derrière nous, silencieuse mais agissante, qui est là pour nous montrer la volonté de Dieu ?
« Écoute sa voix ! »
Elle est douce, réservée, jamais importune ou contraignante. Dieu s'adresse à la libre volonté de sa créature mais veut aussi son libre consentement, sa collaboration. Un modèle nous est donné : l'annonce de l'ange à Marie, faite de façon aussi noble que réservée, afin qu'elle puisse dire librement oui : « Qu'il me soit fait selon ta parole ! »

Père B. Suter, « Stella Maris », n°223.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  17 janvier - Saint Antoine, abbé
Le pionnier du monachisme


Né en Égypte vers 251 dans une bonne famille chrétienne, Antoine entend un jour à l'église cette parole du Christ : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le Ciel, puis viens et suis-moi. Il se conforme exactement à ces conseils. Il avait une jeune sœur. Il la confie à des personnes qui s'occuperont d'elle et lui laisse une part de l'héritage de leurs parents, distribuant sa propre part. Libre désormais des biens de ce monde il entreprend une nouvelle existence.
Après le suis-moi, c'est le chemin non tracé où l'Esprit guide chacun comme il l'entend. Pour Antoine ce sera la vie au désert. Il va devenir le pionnier du monachisme. Ermite, père des moines, sa Vie, écrite par saint Athanase, son contemporain et ami, aura une influence extraordinaire pour la diffusion du monachisme aussi bien en Orient qu'en Occident.
Le combat d'Antoine contre les forces mauvaises, les puissances des ténèbres, a inspiré les peintres et les écrivains, mais sans qu'on ait toujours vu sa véritable dimension. Cette vie exceptionnelle représente pourtant en plus spectaculaire l'itinéraire de toute vie chrétienne. Après sa victoire dans ses luttes menées contre les esprits du mal, les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde dont parle saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens, Antoine nous apparaît comme le modèle de l'être humain purifié, régénéré et rempli de l'Esprit Saint. Il a vécu le mystère pascal, mystère de mort et de résurrection du Christ.
De nombreux disciples viennent ensuite se mettre à son école. Saint Athanase nous parle avec admiration des monastères qu'il a fondés. Inspiré par l'Esprit, Antoine, l'ignorant, instruit et guide. (...) Il n'hésite pas, dans cette période où les persécutions reprennent, à aller encourager les martyrs.
Il mourut très âgé, Selon son désir, il fut enseveli en un endroit que ses disciples ne firent pas connaître. Son culte ne cessa de s'étendre. La redécouverte actuelle des Pères du désert remet au premier plan la figure d'Antoine et son message.

Marcel Driot, Le Saint du Jour, Médiaspaul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  24 janvier - Saint François de Sales
Un témoin de l'humanisme chrétien


« Dieu est le Dieu du cœur humain » (Traité de l'Amour de Dieu, l, XV) : dans ces paroles apparemment simples, nous percevons l'empreinte de la spiritualité d'un grand maître : (...) saint François de Sales, évêque et docteur de l'Eglise. Né en 1567 dans une région frontalière de France, il était le fils du Seigneur de Boisy, antique et noble famille de Savoie. Ayant vécu à cheval entre deux siècles, le 16e et le 17e, il rassemblait en lui le meilleur des enseignements et des conquêtes culturelles du siècle qui s'achevait, réconciliant l'héritage de l'humanisme et la tension vers l'absolu propre aux courants mystiques. Sa formation fut très complète ; à Paris, il suivit ses études supérieures, se consacrant également à la théologie, et à l'Université de Padoue celles de droit, suivant le désir de son père, qu'il conclut brillamment par une maîtrise in utroque jure, droit canonique et droit civil. (...)
En vainquant les résistances de son père, François suivit l'appel du Seigneur et, le 18 décembre 1593, fut ordonné prêtre. En 1602, il devint évêque de Genève, à une époque où la ville était un bastion du calvinisme, au point que le siège épiscopal se trouvait « en exil » à Annecy. (...)
La vie de saint François de Sales a été relativement brève, mais vécue avec une grande intensité. De la figure de ce saint émane une impression de rare plénitude, démontrée dans la sérénité de sa recherche intellectuelle, mais également dans la richesse de ses sentiments, dans la « douceur » de ses enseignements qui ont eu une grande influence sur la conscience chrétienne. Du mot « humanité », il a incarné les diverses acceptions que, aujourd'hui comme hier, ce terme peut prendre : culture et courtoisie, liberté et tendresse, noblesse et solidarité. Il avait dans son aspect quelque chose de la majesté du paysage dans lequel il a vécu, conservant également sa simplicité et son naturel. Les antiques paroles et les images avec lesquelles il s'exprimait résonnent d'une manière inattendue, également à l'oreille de l'homme d'aujourd'hui, comme une langue natale et familière...

Benoît XVI, ORf, n°3.174.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  2 février - Présentation du Seigneur au Temple
Souhaiter rencontrer le Seigneur


Quarante jours après Noël, l'Église célèbre la fête de la Présentation de Jésus au Temple - davantage connue sans doute sous le titre de « Chandeleur » ou « Fête des lumières » en raison de la procession des fidèles avec les cierges.
Ce dont l'Évangile du jour (Lc 2, 22-40) fait mémoire, nous sommes invités à le vivre. A la suite du vieillard Syméon et, nous laissant éclairer par l'Esprit Saint, nous nous levons pour rencontrer le Christ : « Avançons maintenant dans la paix, à la rencontre du Seigneur », proclame le prêtre au départ de la procession. Vivre en chrétien la fête de la Présentation, c'est souhaiter cette rencontre et la mettre au cœur de notre projet de vie. C'est aussi vivre cette rencontre dans la paix et donc sans peur. Nous voici invités à un double chemin de conversion, à tout le moins de vérification :
- souhaiter la rencontre avec le Seigneur comme un sommet et un unique nécessaire,
- vivre cette rencontre dans la paix, c'est-à-dire en bannissant toute peur.
Il s'agit d'un programme spirituel assez évident, qu'il n'est cependant peut-être pas inutile de commenter.
Souhaiter rencontrer le Christ à la manière du vieillard Syméon, ce n'est pas aspirer à une rencontre d'un moment, comme si on pouvait être photographié à côté de Dieu devant la porte du paradis parce que cela nous laisserait quelques souvenirs qui nous flatteraient ou feraient comme resurgir une émotion passagère.
Aspirer à rencontrer le Christ, ce n'est pas non plus chercher à profiter de ses richesses ou de ses « relations » pour notre bénéfice personnel, ni le tarabuster jusqu'à obtenir qu'il accède à notre volonté propre, aussi légitime soit-elle.
Rencontrer le Christ, c'est, l'ayant cherché, goûter la joie de le trouver pour lui-même et non pour ce qu'il pourrait nous donner : pas d'autre récompense à attendre que la seule joie de vivre en sa présence ; telle est bien l'attitude de Syméon. Le paradis, ce n'est pas recevoir (enfin) de Dieu les moyens de bien vivre sans lui, mais être dépouillés de tout nous-mêmes pour être enfin rendus pleinement capables de vivre en Dieu seul.
Cette rencontre avec le Christ, il s'agit de la vivre dans la paix ; or, il appert que nombre de chrétiens, et peut-être plus encore nombre de ceux qui vivent au seuil de la vie chrétienne, ne sont pas spécialement paisibles à l'idée du retour du Christ ni habités de ce désir puissant et tranquille d'une rencontre. La sagesse de Syméon, elle, bannit la peur et le situe dans un désir authentique et confiant de rencontre avec ce Dieu qui d'abord l'a aimé et dont il se sait aimé. De même qu'il sait ne rien avoir à craindre de ce Seigneur.
Sûrement l'évangélisation consiste-t-elle, non pas d'abord à faire connaître l'existence de Dieu en soi, mais à faire découvrir l'existence d'un Dieu ami de l'homme et plus encore l'existence d'un Dieu qui m'aime personnellement au point de m'avoir choisi et d'avoir donné sa vie pour moi. Corrélativement, il convient donc de dénoncer et de se dégager de ses peurs qui correspondent à autant de caricatures de Dieu. Répondez ! Dieu punit-il ou Dieu sauve-t-il ? Dieu demande-t-il la mort du pécheur ou bien sa conversion, c'est-à-dire sa vie ? Notre Dieu est-il le Dieu des morts ou bien le Dieu des vivants ? Veut-il le mal ou en est-il le complice... quelque peu ? N'est-il pas plutôt celui qui nous libère définitivement, mettant son point d'honneur à opérer un tri délicat entre le bon grain et l'ivraie, pour ne pas risquer d'abîmer en rien le bon grain ?
La « chance » du vieillard Syméon, c'est de s'être laissé instruire largement par l'Esprit Saint pour se purifier petit à petit de mille idées fausses qui nous font trouver Dieu tour à tour redoutable ou ennuyeux, injuste et sévère - et le pire serait à redouter - ou bonasse - et alors à quoi bon s'en faire ? Tant que je ne suis pas devenu comme Syméon docile à l'Esprit Saint pour aller au Temple, joyeux et inspiré pour savoir reconnaître le Christ qui vient, disponible pour me donner à lui définitivement, il m'est sans doute bien nécessaire de revivre, année après année, cette fête de la Présentation et sa liturgie, pour laisser l'expérience de Syméon éclairer la mienne jusqu'au jour où avec lui, je pourrai chanter : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples. »

Mgr Patrick Le Gal, Prier au rythme de l'Église, Le Sarment/Fayard.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  23 février - Sainte Polycarpe
Un évêque dans l'arène


« C'est vrai que Polycarpe n'a pas tremblé quand on a lâché les lions sur lui ? C'est vrai qu'il n'a pas eu peur quand on a mis le feu à son bûcher ? C'est vrai que les lions n'ont pas voulu le dévorer et que les flammes ne l'ont pas brûlé ? On dit aussi que quand le confector - celui qui achève les blessés - lui a donné un coup de couteau, son sang a inondé le bûcher jusqu'à éteindre le feu ? »
Depuis la mort de Polycarpe, évêque de la ville de Smyrne, en Turquie, les chrétiens racontent tellement de choses merveilleuses sur son martyre que certains ont peine à y croire.
Si les lions ne l'ont pas dévoré, c'est parce qu'ils n'avaient plus faim ou qu'ils étaient trop fatigués ! pensent les uns... Si le feu n'a pas embrasé son corps, c'est parce qu'une bourrasque de vent a détourné les flammes...
Mais le plus merveilleux, ce n'est pas ce qu'on raconte, c'est que cet homme très âgé et très faible croyait tellement en Jésus qu'il n'a pas eu peur d'affronter la mort, qui plus est une mort violente.
Il ne lui était pourtant pas très difficile de l'éviter ! Lors de son procès, qui eut lieu dans le stade où se déroulent habituellement les courses de chars, le gouverneur de la ville, Quadratus, lui a demandé :
« Jure par la fortune de César et tu auras la vie sauve ! »
Mais Polycarpe a refusé et devant tout le peuple rassemblé, il a affirmé : « Je suis chrétien, si tu veux apprendre de moi la doctrine du christianisme, donne-moi un jour... »
Quadratus n'a pas répondu. Il a fait lâcher les lions. En tant que proconsul, il doit faire respecter la religion de l'Empire romain, celle de son chef, Antonin. L'empereur doit être vénéré comme un dieu, ce que les adeptes de Jésus-Christ refusent (...). Et devant toute la ville, Polycarpe a témoigné de sa foi.
Depuis, les chrétiens de Smyrne récitent la prière qu'il a prononcée avant de mourir...

Pierre Dhombre, Le livre des merveilles, junior, Mame.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



  Du temps donné à Dieu

« Je me demande, s'interroge une lectrice, si le temps que je donne à mon mari n'est pas enlevé à Dieu, et vice-versa. » Plus largement : est-ce que je n'enlève pas à Dieu le temps que je consacre à mes enfants, à mon travail, à mes loisirs, etc. ? Et que le temps que je consacre à la prière n'est-il pas enlevé aux autres ? Comment mesurer le temps que nous devons - ou que nous pouvons - consacrer à Dieu dans une journée, dans une semaine, dans une année ?
Dieu nous appelle à Lui donner toute notre vie. Et cette vocation est celle de tout baptisé : elle n'est pas réservée aux consacrés, religieux et religieuses. Si notre vie n'est pas entièrement donnée à Dieu, à quoi sert-elle ? C'est Dieu qui donne sens et fécondité à ce que nous vivons. Le temps qui n'est pas donné à Dieu est du temps perdu. Quel que soit notre état de vie, le temps que nous devons consacrer à Dieu, c'est... tout le temps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.
Qu'est-ce que donner tout son temps à Dieu ? Quand nous offrons un cadeau à quelqu'un, c'est pour qu'il en fasse ce qu'il veut : lorsque nous donnons notre temps à Dieu, c'est pour qu'Il en fasse ce qu'Il veut. Autrement dit, donner tout son temps à Dieu, c'est se rendre sans cesse disponible pour faire sa volonté, c'est choisir d'accomplir ce qu'Il veut et non ce que nous voulons. En conséquence, le seul temps que nous enlevons à Dieu, c'est celui où nous refusons de faire sa volonté, celui où nous décidons de vivre sans Lui, voire contre Lui.
Certains moments sont comme directement donnés à Dieu : ceux que nous consacrons à la prière. La prière est, en apparence, du temps perdu : elle ne sert à rien, au sens strict du terme ; elle est improductive. La prière, c'est du temps « brûlé » pour Dieu et pour Lui seul.
Pour cette raison, elle est essentielle : elle nous « remet dans l'axe », elle tourne notre regard vers les réalités invisibles, elle nous oriente vers Dieu. Si nous voulons donner tout notre temps à Dieu, commençons par Lui consacrer totalement un vrai moment de prière quotidienne.
Si nous donnons du temps à Dieu dans la prière, ce n'est pas pour être « quitte » avec Lui. Comme si nous disions : « Seigneur, je Te donne un bon moment de ma journée et Tu me laisses le reste. » Au contraire : la prière est comme la « rampe de lancement » de chaque journée. Il n'y a pas (ou il ne devrait pas y avoir) la moindre rupture entre les moments où nous prions et le reste de notre vie. Ce qui unifie tout - la prière, la vie familiale, le travail, les engagements divers, les loisirs - c'est le désir constant de ne vivre que pour Dieu en faisant sa volonté.
Dieu ne nous demande pas de consacrer tout notre temps à la prière. Sa volonté, c'est aussi que nous aimions concrètement notre conjoint, nos enfants, nos proches, nos amis, nos frères les hommes, en leur consacrant du temps. Sa volonté, c'est que nous retroussions nos manches pour bâtir le Royaume par notre travail, nos engagements dans la vie de la cité. Sa volonté, c'est que nous prenions les moyens d'être en bonne santé, équilibrés par une saine alternance de labeur et de repos. À chacun de discerner, en fonction de sa vocation propre, la part qu'il doit consacrer à la prière, à la vie familiale, au travail, aux engagements extérieurs ou aux loisirs. Mais redisons-le, dès lors que nous cherchons la volonté de Dieu, nous continuons à Lui donner tout notre temps, en toutes circonstances.
Nous pouvons donner tout notre temps à Dieu, même sans y penser constamment. Certaines tâches laissent notre esprit disponible, libre de penser à Dieu : éplucher des légumes, par exemple, ou tondre la pelouse. En revanche, quand nous accomplissons un travail délicat qui mobilise toute notre attention, nous pensons seulement à ce que nous sommes en train de faire. Mais cela n'a pas d'importance ! Lorsqu'une maman tricote un chandail pour un de ses enfants, elle ne se dit pas à chaque point : « Une maille à l'endroit pour Benoît… une maille à l'envers pour Benoît... » Même lorsqu'elle ne pense pas à son fils, elle travaille pour lui et, finalement, tout le chandail - donc tout le travail de sa mère - lui sera donné. Ainsi en est-il de notre vie, si nous décidons d'en « tricoter » chaque maille pour Dieu.
« La vie de foi est essentiellement harmonieuse et ordonnée. Elle peut être remplie de mouvements et d'activités divers ; elle est toujours une. Elle a Dieu pour principe et pour termes » (Dom Augustin Guillerand, Silence cartusien. Collection Foi vivante, Éditions DDB).

Christine Ponsard, La Foi en famille, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



Vous souhaitez vous (ré)abonner ?

bulletin d'abonnement ou de réabonnement

Cliquez sur l'image ci-dessus pour l'imprimer


Retour en haut



  Des appréciations

Bravo et merci pour le beau, le merveilleux poème d'Edmond Rostand « La prière des petits oiseaux ». Le talent et le génie ne sont pas donnés à tout le monde... Paris 19e - J'ai apprécié les petits poèmes de Marie Noël et celui de Péguy. Votre petit bulletin est très bien. 54 - J'aime lire et relire votre revue : c'est un enrichissement. 35 - Merci pour cette belle et bonne revue que je reçois régulièrement. 63 - Merci, encore merci, toujours merci pour votre petite revue intéressante, enrichissante, prenante, émouvante, sérieuse, joviale, sensible, utile, simple mais culturelle. Que d'adjectifs positifs ! 69 - C'est toujours avec un grand bonheur que je me réabonne à votre revue qui établit le lien avec vous tous et surtout avec ceux qui prient pour les vocations. 17 - Je suis toujours heureuse de recevoir votre revue qui nourrit ma prière et ma réflexion. Heureuse aussi de soutenir votre œuvre qui touche la vie de beaucoup de personnes, spécialement celles qui connaissent la solitude, la maladie ou l'épreuve. 31 - Votre revue nous fait du bien car elle est très positive... 03.

Je vous remercie pour le stimulant de cette revue. Lyon 7e - Oui, j'aime cette petite revue. Elle fait partie de mes bagages. J'en tire des enseignements pour des amis ou des personnes en difficulté, même la partie humour et la page des « brindilles » qui me servent souvent dans le courrier. Il y a beaucoup d'abonnés qui prient des Ave pour vous. J'ai aimé le proverbe d'Afrique orientale « Sourire trois fois par jour rend inutiles tous les médicaments. » 54 - Votre si belle petite revue et si riche spirituellement. Brésil - Votre revue est si lumineuse que je ne puis m'en passer. 37 - Je renouvelle l'abonnement à cette belle petite revue qui m'aide à garder foi, confiance, espérance, réconfort. 57 - Merci pour le souffle de vie qui passe dans cette revue. « L'ange au sourire » et la 4e de couverture avec « la parole de sagesse » sont le rappel de cette bienveillance qui nous accompagne tout au long de notre vie. 21 - Merci pour le bulletin si varié. 74 - Votre revue est vraiment intéressante, variée, avec des articles courts et qui nous ouvrent l'esprit sur le monde. 59.

Cette petite revue est parfaite. 44 - C'est toujours un plaisir de faire appel à votre belle association pour demander de célébrer des messes même si je sais que ce n'est pas toujours aisé de trouver des prêtres. 78 - Nous nous sentons tous concernés par la prière qui nous unit et nous réconforte. 59 - J'ai tant besoin de la revue de « l'Ange gardien ». Quand je la reçois c'est que du bonheur. 43 - Votre revue est très bien écrite et permet à chacun de trouver une réponse ou une lecture qui lui convient. Paris 15e - Merci mille fois pour la revue « l'Ange gardien ». Très heureuse quand je la trouve dans ma boîte à lettres. J'y puise beaucoup de belles et bonnes choses. 48 - Réabonnement à cette revue si précieuse à mon cœur. 33 - C'est toujours en amie que je considère la revue lorsque je vais la chercher dans la boîte aux lettres. 27.

Extraits de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2018.


Retour en haut



Et beaucoup, beaucoup d'autres articles et rubriques...!


Mentions légales       © L'Ange gardien 2014-2018. Tous droits réservés.