Association - Confrérie des saints Anges gardiens

Canoniquement érigée et affiliée à l'Archiconfrérie romaine des Saints-Anges

Extraits de la revue "L'Ange gardien"

Revue L'Ange Gardien 2014

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2014 : n°1 - janvier-février

  Réponses sans détour

Est-ce que Jésus était un homme heureux ?

Heureux ! selon l'évangile de Matthieu (5, 3-12), c'est le premier mot que Jésus adressa aux foules. Si tu lis attentivement ce texte, tu y reconnaîtras sans doute le portrait de Jésus lui-même. Mais, attention ! Il faudra sans doute changer un peu la définition que tu te fais du bonheur. La publicité nous fait croire que c'est en possédant telle nouveauté ou en voyageant dans tel pays que nous trouverons le bonheur. Pour Jésus, ce n'est pas ça. Même ceux qui pleurent, il n'hésite pas à les proclamer heureux ! Ils seront consolés, dit-il. Et à ceux qui ont le cœur libre - il les appelle les "pauvres de cœur" -, il leur dit que le royaume de Dieu est à eux, dès maintenant. Certains semblent heureux, mais ils ne connaissent en fait que des plaisirs faciles qui, avec l'âge, s'évanouiront. D'autres semblent mener une existence difficile mais ils peuvent déjà cueillir au plus profond d'eux-mêmes une joie et une paix véritables. Dans le texte des "Béatitudes" (c'est ainsi que l'on appelle ces proclamations de bonheur par Jésus), certains verbes sont au présent et d'autres au futur. C'est que le bonheur est un chemin, un horizon vers lequel on marche mais qui réjouit déjà nos yeux.
Être heureux, ce n'est pas mener une vie "cool", mais être là où on doit être, là où Jésus nous dit d'aller. Jésus appelait cela la "volonté de mon Père" et il a trouvé le bonheur pour toujours. Il nous invite à essayer.

Est-ce que Jésus a été triste ?

Oui, il a même pleuré, par exemple devant le tombeau de Lazare, son ami. Les gens, le voyant verser des larmes, se sont dit : "Voyez comme il l'aimait..." (Jn 11, 36). Il y a aussi ce jour où Jésus, regardant Jérusalem, se mit à pleurer. Cette ville refusait d'accueillir son message (Lc 19, 41-44). J'aurais tant voulu, dit-il, rassembler ses enfants comme une poule rassemble ses poussins, mais elle n'a pas voulu (Lc 13, 34-35). Jésus sentait bien que son message était important pour son peuple, mais Jérusalem, le lieu où Dieu avait demandé que l'on bâtisse le Temple, le rejetait. C'est là qu'il sera condamné à mort et mis en croix. Et, après sa mort, en l'an 70, les Romains, qui occupaient déjà la ville, détruiront le Temple.
La veille de sa mort, au jardin des Oliviers, Jésus dira à ses amis : "Mon âme est triste à en mourir." (Mc 14, 34). C'est que Jésus n'a pas vécu sa Passion comme une pièce écrite à l'avance, dont il connaissait déjà la fin. Avoir donné le meilleur de soi-même et être trahi, renié, rejeté, mis à mort... Le mot tristesse n'est pas trop fort. Mais cela n'a pas empêché Jésus de faire confiance jusqu'au bout à Celui qu'il appelait son Père et à qui, sur la croix, il remettra sa vie.
La tristesse n'a pas le dernier mot dans la vie de Jésus : la joie de Pâques illuminera son visage et ceux de ses disciples.

Jésus avait-il des amis ?

Il en avait même beaucoup ! Certains étaient très proches de lui, ce sont les douze apôtres. On connaît leurs noms d'après l'Évangile, car ils ont été appelés chacun personnellement. La veille de mourir, Jésus leur dit : "Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître." (Jn 15, 15).
Certains suivaient Jésus d'un peu plus loin, ce sont les disciples. On parle de 72 dans l'Évangile. Ils ont aussi été envoyés par lui en mission. Puis il y a tout un cercle de gens sur qui Jésus pouvait compter, chez qui il pouvait aller, se reposer... Jésus était considéré par tous ses amis comme un maître qu'il était agréable d'écouter, car il parlait si bien de Dieu. Un jour, Jésus s'arrêta chez Marthe et Marie (Lc 10, 3-42). La première s'activait à la cuisine pour lui préparer un bon repas tandis que la seconde, Marie, était assise à ses pieds et l'écoutait. Il y eut un mouvement de jalousie de la part de Marthe : "Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider." Et Jésus répondit avec humour : "Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée !"
Jésus prenait l'amitié au sérieux : "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis", disait-il (Jn 15, 13). Oui, il a tout donné pour ses amis, même sa propre vie.

Charles Delhez s.j., Jésus, qui est-il ? ... et 62 autres questions, Mame/fidélité, 2007.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2014.


  Le triomphe

À la sortie des flammes, moi, son ange gardien, je reçus l'âme purifiée et lui montrai le ciel.
Les bienheureux accoururent à notre rencontre.
Un seul ange porterait en sa main tous les mondes réunis. Pour porter une âme, le Seigneur en envoya des milliers. Il voulait l'honorer et l'exalter dans son assomption.
Chacun était jaloux de toucher le noble fardeau.
Beaucoup d'âmes qui devaient leur salut aux prières ou aux exemples du nouveau triomphateur lui rendaient grâce et jetaient à ses pieds leurs couronnes.
L'une d'elles fit éclater en magnifiques transports les témoignages de sa gratitude, celle qui lui avait dû le bonheur d'une première communion. Elle avait appris, en entrant au ciel, que, sans ce bienfait, elle eût vécu dans le péché et se fût perdue.
Mais quels sont ces bras qui étreignent le vieillard, ces accents qui le pénètrent, ces cœurs pressés sur son cœur ?
Il n'a point eu de peine à les reconnaître :
"Salut, ô mon petit enfant ! salut ô mon martyr ! - Gloire à vous, père bien-aimé ! père du martyr et du petit enfant !"
Quel bonheur au sein de Dieu pour les membres d'une même famille !
Et quelle consolation pour moi d'introduire enfin dans l'éternel repos et parmi ceux qu'elle aimait, une âme que j'avais si longtemps guidée à travers les dangers et les tribulations de la vie ! Après avoir souvent fait mes délices de ses larmes, combien il m'était doux de partager ses joies !

D'après Mgr G. Chardon, Mémoires d'un ange gardien, Librairie Catholique, Clermont-Ferrand, 1873.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2014.


  Se relever pour vivre

Nous parlons avec un ami et soudain, nos yeux se dessillent et nous voyons que tout ce que nous avons vécu jusque-là prend son sens, que Dieu nous a conduits sur un bon chemin. Ou alors, nous écoutons un sermon et notre situation du moment s'éclaire tout à coup. Nous rentrons chez nous : nous sommes quelqu'un d'autre ; nous comprenons notre vie et pouvons l'accepter telle qu'elle est. Nous assistons à un enterrement et, comme les femmes après la mort du Christ, c'est dans l'affliction que nous approchons de la tombe. Et là, au cours du discours prononcé en hommage au défunt, ou dans la prière, nous entrevoyons une explication qui situe l'événement dans une autre lumière. Nous n'avons pas réussi ce que nous avions entrepris et nous nous plaignons auprès d'une amie de l'écroulement de nos projets de vie. Mais voilà qu'après en avoir parlé, nous sentons que nous sommes portés et nous nous rendons compte que même l'échec a un sens. Nous percevons très souvent les personnes qui nous proposent une interprétation de notre destin comme des anges de la résurrection, de la renaissance, qui nous font don d'une nouvelle confiance, nous aident à ne pas nous résigner et à nous relever pour entamer une nouvelle vie.

- devenir une lumière pour d'autres -

Je souhaite que te rende visite l'ange de la lumière. La lumière, c'est la vie, la santé, le bonheur, la beauté rayonnante. La lumière chasse les ténèbres qui peuvent engendrer la peur, et met de l'ordre dans le chaos que nous associons à l'obscurité. Les personnes qui nous aiment deviennent pour nous des lumières.
Puisse l'ange de la lumière éclairer ton regard, afin que tu perçoives toute la beauté qui t'entoure et que le monde met à ta disposition. Puisse sa lumière soulager ton âme et rejaillir pour que tu deviennes à ton tour une lumière pour d'autres.

Anselm Grün, o. s. b., Le petit livre des anges, Salvator, 2010.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2014.


  Dans le Nouveau Testament (1)

... Dans l'Ancien Testament, les anges sont là pour assister les prophètes, préparer le Peuple hébreu à la venue du Messie et exécuter les œuvres du Seigneur.
Dans le Nouveau Testament, leur action est différente. Moins ponctuelle, elle se complexifie : ils ne sont plus ces puissances mystérieuses, redoutables parfois, qui faisaient trembler les prophètes. Ils se font plus fraternels, s'habillent de douceur et de tendresse dans leurs interventions. Ils sont intimement liés à l'histoire du Salut. Ils se font les gardiens du Peuple de Dieu pour l'aider à avancer sur le chemin du Royaume. Ils se font serviteurs et "témoins de l'œuvre du Christ". Ils accompagnent, consolent, enseignent, après la solennelle mission d'annoncer à Marie qu'elle serait la Mère du Messie. Ils sont au service des plus petits et du Messie.
Le Christ vit entouré par les anges : toute sa vie terrestre a été accompagnée par les anges. Depuis les anges chantant à sa naissance : "Gloire à Dieu au plus haut des Cieux. Paix aux hommes qu'il aime !" jusqu'à l'ange de Gethsémanie, qui vient le réconforter dans son agonie.
Ils sont toujours à l'œuvre, infatigables, aide puissante et mystérieuse, dans la vie de Jésus, mais aussi dans l'Église naissante, qu'ils accompagnent, au lendemain de la Pentecôte, et encore aujourd'hui "jusqu'à ce que toutes choses soient ramenées sous un seul chef le Christ, les êtres célestes comme les terrestres" (Ep 1, 9-10).
Peut-être que, dans les textes du Nouveau Testament, nous cernons mieux que dans ceux de l'Ancien, où leur action était plus ponctuelle, la nature, la fonction des anges et leur nombre incalculable. Jésus lui-même précise, au Jardin des Oliviers, en s'adressant à l'un de ses compagnons qui avait tiré le glaive pour le défendre :
"Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d'anges ?" (Mt 26, 53-54).
(...) Dans le Nouveau Testament, la présence angélique apparaît "clairement subordonnée au Christ" (P. Faure, Les Anges, Cerf).

Nicole Timbal, Les Anges, messagers de lumière, Éditions des Béatitudes.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2014.


  Magnificat ! (2)

... Dans le cantique de Marie on ne trouve aucune trace de la violence du cantique d'Anne, qui ricane contre ses ennemis, et dont le Dieu fait mourir et vivre. Le Dieu que chante Marie est certes le Puissant, qui renverse le cours de l'histoire et bouleverse les rapports humains ; mais il n'est pas le Dieu des revanches, il est le Dieu des délivrances, Dieu mon Sauveur, en un mot (en hébreu) Yeshouah : Jésus.
Je dis que Marie chante. En hébreu, les psaumes (tehillim) désignent des prières de louange, proclamées à haute voix : chantez, jouez, criez de joie, proclamez, ces impératifs reviennent sans cesse dans le psautier. En grec, la version des Septante (texte établi à Alexandrie au 2e siècle avant Jésus-Christ pour les juifs de la diaspora) utilise le mot psalmos qui désigne une prière chantée, accompagnée de musique (en particulier par une petite harpe qu'on appelle le psalterion). Notre culture occidentale est devenue très livresque et cérébrale, et notre prière s'en ressent. Nous prions "dans notre tête" ou à la rigueur nous murmurons tout bas. Heureusement, le chant liturgique, la polyphonie sacrée et les cantiques populaires ont maintenu une expression vocale et musicale de la prière, au moins dans la prière communautaire. Mais il faut avouer que c'est seulement avec le renouveau charismatique que les communautés chrétiennes se sont réapproprié une prière pleine de liberté et de joie, unissant des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l'Esprit, comme saint Paul le suggère (Ep 5, 19 ; Col 3, 16).
Ainsi, à l'école de Marie, nous apprenons à unir ce que nous aurions tendance à séparer ou à opposer. Je note avec intérêt qu'elle nous entraîne à la fois sur les chemins de l'intériorité, dans une prière profonde, silencieuse, j'ai envie de dire immobile, et sur les chemins d'une extériorité pleine d'exultation, d'une prière chantante et même dansante. (...)
L'Église a adopté le Magnificat et en a fait sa prière quotidienne, à l'office liturgique des Vêpres. Ainsi, chaque soir, (...) nous sommes invités à partager l'émerveillement de Notre-Dame, et à contempler avec elle les grandes choses que Dieu accomplit, pour nous comme pour elle, aujourd'hui comme hier...

Alain Bandelier, La prière avec Marie, Salvator.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2014.


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